Travailler chez madmoiZelle, ce que j’en retiens humainement

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Travailler dans un environnement 100% féminin ? Aki y est rentrée avec des a priori mais qui ont été balayés rapidement. Pour ses derniers jours, elle vous relate les leçons apprises lors de son séjour au sein de ce super projet qu'est « mademoiselle ». Ah non, « madmoiZelle ».

Travailler chez madmoiZelle, ce que j’en retiens humainement

Hey, vous. Comme vous le savez (ou non), je quitte madmoiZelle dans quelques jours. J’en profite pour vous livrer ici les fruits d’une petite introspection vis-à-vis de mon expérience ici.

Je n’ai pas beaucoup écrit d’articles personnels car je suis plutôt du genre à garder les choses pour moi. Sans doute pour cela, je préfère parler de films ou de séries pour partager les histoires des autres, plutôt que d’écrire quotidiennement sur du feel-good ou du développement personnel.

Mais je me suis dit que pour cet épisode final, il était temps de sortir de ma zone de confort.

Du coup, je voulais tout simplement parler des a priori que j’avais à l’idée de bosser pour madmoiZelle au début, et qui se sont avérés bien infondés et tant mieux.

À lire aussi : madmoiZelle je t’aime mais je te quitte — Lettre d’adieux de Margaux Palace

Mon embauche chez madmoiZelle

Pour la petite histoire, de base, je ne suis pas une lectrice assidue de madmoiZelle. À vrai dire, je n’étais pas une lectrice tout court.

Je devais être tombée sur un article à propos de Parks and Recreation de Sophie Riche (SPP à l’époque), et une vidéo sur la coupe menstruelle (de la même formidable personne, écrite avec Marion). Deux articles en trois ans, autant vous dire que ça faisait une bonne moyenne.

Jusque-là, j’ignorais tout de la ligne édito de mad, de l’existence de Fabien•ne Fabrice Florent et de tout le reste. Arrive fin 2015.

Notre premier échange avec le patron s’est fait sur Twitter, absolument, où le mec m’envoie un message pour demander si je peux l’ajouter pour qu’on puisse se parler en privé. Ça donne cet échange (véridique) :

À cette époque, j’occupais un poste de juriste dans une grosse entreprise étrangère, dans un environnement majoritairement masculin (et plus âgé que moi) où la hiérarchie professionnelle était sacro-sainte. Et recevoir un message comme ça du boss de l’entreprise : j’étais pas à l’aise, mon Dieu.

En parallèle, durant mes (nombreuses) heures perdues, j’écrivais des critiques pour un blog ciné/séries (SmallThings roule toujours) sans grande prétention mais par passion. C’est d’ailleurs par ce biais que Fabrice m’avait découverte.

Donc après avoir appelé le patron et qu’il m’a demandé si j’étais intéressé•e pour bosser dans sa boîte, tu te renseignes un peu avant de passer un entretien. Quand même, le minimum.

À lire aussi : Comment préparer un entretien d’embauche à distance ?

Mes a priori sur madmoiZelle

La proposition était un peu sortie de nulle part. Comme beaucoup de personnes ne connaissant pas madmoiZelle, je me suis dit en entendant le nom du magazine « oh, encore un site girly qui se croit cool en écrivant mademoiselle avec des fautes ».

Peu de gens connaissaient autour de moi, et les quelques personnes qui avaient un avis sur la question ne m’ont pas vraiment rassurée. Ce que j’en retenais, c’est que c’était un site d’informations plutôt généraliste, qui parlait avec un ton décomplexé et qui s’adressait aux adolescentes.

Spoiler alerte : j’avais déjà 25 ans et je me pensais trop vieille pour le job.

Intervient alors l’entretien dans les locaux parisiens, avec monsieur Fabrice Florent (et Clémence qui bossait à côté sur le canapé — elle n’était pas encore rédac cheffe à l’époque). J’y étais allée assez intriguée, je l’avoue, en plein hiver avec un rhume qui couvait (et je me souviens pas de grand-chose).

On a dû se dire des banalités où je lui avouais que j’avais zéro expérience dans le cinéma, car j’avais fait des études de droit. Que j’étais prête à plaquer mon job et que je voyais cette offre comme un signe du destin, car je voulais changer de secteur mais sans savoir comment et dans quoi.

Je craignais de ne bosser qu’avec des filles (à 90% plus jeunes que moi en plus) et de détonner avec le ton du webzine car je ne suis pas dotée du talent de l’humour.

Ce premier entretien a débouché sur un deuxième avec Fab et Mymy (je pense qu’elle était là pour jauger si ça allait coller au niveau de la personnalité). Celui-ci je m’en souviens plus nettement. Virginie m’avait ouvert la porte et je m’étais dit « tiens, elle a l’air sympa. » (spoiler alert : oui, c’était bien le cas).

À la fin de l’entretien, après avoir vérifié que j’étais toujours intéressée, Fab m’a clairement proposé le job. En bonne victime du syndrome de l’imposteur avec lequel je faisais connaissance à ce moment-là même, je lui ai répété que je n’avais bien fait aucune étude dans le domaine journalistique ou autre.

Apparemment, j’avais réussi à démontrer que j’étais passionnée par le sujet (une anecdote sur le tournage de Pacific Rim l’a convaincu, m’a-t-il dit après coup) — et comme il avait déjà embauché nombre d’autres rédactrices sans expérience ni études dans le domaine, qui j’étais pour refuser ?

À lire aussi : Je dévalorise mon propre travail en permanence… mais je me soigne !

Les leçons apprises de mon passage chez madmoiZelle

Êtes-vous parmi ces cyniques qui peuvent hausser les sourcils en entendant le mot bienveillance ? Clairement, j’en faisais partie. Mais après avoir côtoyé des gens littéralement bienveillants, je me rends compte que ce n’est pas qu’un concept. Ça peut être un état d’esprit.

Voir le bon côté des choses et ne pas apporter de jugement, ça peut rassurer sur de nombreux sujets. Rien que dire des compliments et encourager les autres, ça veut peut-être rien dire pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup. Et ça rend l’atmosphère ambiante bien plus respirable où tu n’as pas peur de faire des erreurs (et d’en tirer des leçons).

Et l’environnement féminin ? En tant que fille qui n’aime pas les filles, je partais d’un « mon Dieu, que des filles ! Ça va se crêper le chignon et je suis bien trop vieille pour ces conneries ». Du moins, je le croyais avant d’arriver chez madmoiZelle.

Surprise, c’est un mythe qui s’est effondré puisque que ça s’est très bien passé.

C’était parfois la cour de récré, mais clairement sans crêpage de chignon.

Mes collègues m’ont éveillée au féminisme, un sujet que je considérais plus inhérent à notre époque (en gros heureusement qu’on se pose des questions sur l’égalité des sexes au XXIe) qu’une véritable cause.

Mais l’ambiance est tellement stimulante que peu importe l’âge, et peu importe l’aspect « que des filles », une place est faite pour toi.

Je réalise aujourd’hui également que si j’avais su à quel point madmoiZelle comptait pour ses lectrices, et à quel point le magazine pouvait avoir « de l’impact », j’aurais eu trop peur d’accepter le boulot à l’époque.

Tous les mots d’amour qu’on reçoit, c’est la preuve que les rédactrices sont lues, et même si c’est que par une seule personne parfois, de savoir que c’est possible d’apporter un petit quelque chose à quelqu’un en partageant un article, ça rend tout humble.

Heureusement pour moi, je ne savais rien de ça.

Parlons aussi d’empathie. Je crois pouvoir dire en toute objectivité que je n’ai jamais été entourée d’autant de gens hypersensibles. Les premières semaines, c’était pour moi très lassant : certains comportements me fatiguaient presque, par manque d’empathie de ma part.

Peut-être que c’était de l’égoïsme, ou juste de l’incompréhension, mais de mon point de vue, ce n’était pas en éprouvant qu’on pouvait régler une situation, mais en agissant. Après, j’ai juste compris que c’était le processus de réaction de certain•es, et ça marche aussi.

Puis il faut le dire, ces personnes-là sont douées pour trouver le mot de réconfort et de motivation qu’il faut pour te remettre les idées en place.

Mes potes diront que j’ai changé, mais je ne trouve pas particulièrement, j’ai juste rencontré des gens différents. (NDFab qui relit : c’est faux, Aki, t’as pas mal changé — la preuve, tu écris cet article :) / NDAki qui veut répondre : j’ai « évolué », voilà !)

À lire aussi : Mes amis, mon copain sont très différents de moi, et ça m’a ouvert l’esprit !

Je ne dis pas que tout est parfait (comme on dit, « nul n’est parfait »), mais en tout cas, j’ai plus appris avec cette petite équipe venue de tous les horizons (et des gens rencontrés grâce au boulot), qu’avec des surdiplômés dont le rêve était de se payer une Rolex.

Pourquoi madmoiZelle ne me quittera pas de si tôt

J’ai donc découvert très tard madmoiZelle et si je déserte les effectifs du moment, je crois que le site ne me quittera pas tout de suite.

Si ce n’est déjà avec les gens que j’y ai rencontrés. Cet article aurait aussi pu s’intituler « Comment j’ai réussi à me faire des potes plus que des collègues alors que j’y croyais pas ». Elles se reconnaîtront. Ou pas.

Ben oui, j’étais partie pour mettre une grande frontière entre la vie privée et la vie pro. Ratage complet, mais pour le meilleur.

Puis cette parenthèse m’aura au moins fixé sur une chose : je ne suis pas prête à retourner dans le droit de si tôt (à comprendre jamais). C’est pas pour moi.

Eh oui, je continuerai à lire le site (du moins plus de deux fois tous les trois ans).

Allez, see y’all !

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Commentaires
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  • Fab
    Fab, Le 26 août 2017 à 22h05

    Kaus Australis
    «Univers 100% féminin» :yawn:

    [​IMG]

    Effectivement bien féminin le premier rang, j'ai presque pas vu les femmes à l'arrière plan.
    Haha on avait pas de selfie stick pour avoir un peu de recul avec la cam :cretin: Celle-ci, réalisée par une tierce personne, est bien plus cool ! https://instagram.com/p/BVFOrbynt14/

    Ceci dit : un grand merci Aki, tu resteras historiquement la première redac ciné séries de l'histoire de mad, et t'as bien fait exploser la rubrique ! \o/

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