« Ma belle gosse », un portrait contemplatif de l’adolescence

« Ma belle gosse », qui sort au cinéma aujourd'hui, le 11 septembre 2013, traite avec justesse (et une certaine audace stylistique) de l'adolescence, sujet complexe s'il en est.

« Ma belle gosse », un portrait contemplatif de l’adolescence

Maden a 17 ans. Elle passe des vacances avec son père et ses cousins à l’Île de Ré. Discrète, elle passe son temps seule et s’éloigne de ses cadets. Ceux-ci vont découvrir qu’elle échange des lettres mystérieuses avec quelqu’un de plus mystérieux encore…

Ma belle gosse raconte avec beaucoup de naturel et de spontanéité le quotidien d’une famille et les préoccupations d’une adolescente.

Attention, la bande-annonce révèle des éléments cruciaux du film.

Autour de Lou Aziosmanoff, qui interprète de façon inégale mais encourageante le rôle de Maden, les acteurs, petits comme grands, parviennent à créer un véritable cocon. D’ailleurs, dans la réalité, les jumelles du film sont les sœurs de l’actrice principale !

La réalisatrice, Shalimar Preuss, a également tenu à ce que ses acteurs partagent de vrais moments de vie. Entre eux, la complicité, contrairement à certains dialogues, ne semble pas feinte.

Muette et invisible, la caméra de Shalimar Preuss s’immisce, sans gêne, dans les moments d’intimités familiales et parvient à donner un témoignage intéressant de la relation père-fille à un moment crucial de la jeunesse.

Maden est ado et elle aime fixer les vagues d’un regard vague. Oui.

Cadrages serrés intimistes, plans-séquences prolongés, la réalisatrice prend (peut-être un peu trop) son temps pour montrer cette tranche de vie ensoleillée. Elle la filme à la manière d’un documentaire, en retrait mais au bon endroit, ne lâchant pas Maden d’une semelle.

Un parti pris contemplatif accentué par le traitement du son qui crée une atmosphère très réaliste, jamais entrecoupée par la moindre musique. Si cela permet de montrer de façon nette les interactions entre les personnages, cela découragera certainement les amateurs d’action et de sensations fortes. De plus, l’absence de bande-originale nuit à la fluidité du film : le montage semble haché, saccadé parfois.

Au final, Ma belle gosse est un tableau à l’esthétique joliment travaillée qui traite de façon intéressante la question de l’adolescence. En revanche, il n’est pas sûr, et c’est dommage, que la forme convienne à tout le monde.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Pauline C.
    Pauline C., Le 11 septembre 2013 à 23h41

    shinypony;4353027
    On l'entend souvent lire des lettres ou pas ?
    Non. D'ailleurs, dans la bande annonce on n'entend pas sa voix à elle mais celles de sa cousine et de son frère.

    joyce-3;4353070
    La bande annonce ne me donne pas du tout envie...
    Dans ce cas, ne va pas voir le film car niveau mise en scène et traitement de l'image, c'est assez similaire au film en lui-même.

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