Une lycéenne égyptienne lutte pour faire reconnaître la corruption autour de ses copies du bac

Mariam Malak, 19 ans, a obtenu un zéro dans toutes les matières au bac, parce que ses copies auraient été échangées avec celles de l'enfant d'un haut responsable égyptien. Elle se bat pour faire reconnaître ses droits.

Elle s’appelle Mariam Malak, elle a 19 ans, elle vient d’un petit village en Égypte, et elle obtenu la note de zéro à toutes les matières du baccalauréat. Mais cette lycéenne n’est pas une élève paresseuse : elle a simplement été victime de la corruption dans son pays, comme elle tente de le faire entendre depuis que les résultats sont tombés, à la mi-juillet.

Sa note est surprenante, et pour cause : Mariam Malak est une excellente élève. Aux examens des deux précédentes années de lycée, sa note globale était de plus de 97/100. Elle a expliqué à la BBC :

« Quand on m’a montré mes prétendues copies, je n’en ai pas cru mes yeux. Il n’y avait que quelques lignes alors que je n’avais pas arrêté d’écrire durant l’épreuve ! »

Elle s’est donc lancée dans un long combat pour faire reconnaître cette injustice. Elle a d’abord porté plainte auprès du ministère de l’Éducation, qui a rejeté sa demande. Elle a donc déposé une autre plainte devant le parquet, et des experts en graphologie ont comparé son écriture avec celles de copies récupérées. Mais ils les ont jugées identiques.

Les internautes qui ont suivi l’affaire émettent des doutes, comme l’explique RFI :

« Ceux-ci soulignent que les feuilles de réponse de Mariam Malak, qui étaient blanches, avaient été échangées et que la seule écriture existante était celle de la couverture des documents, où la jeune fille avait bien inscrit son nom et ses coordonnées. »

Les avocats de Mariam Malak pensent que ses copies auraient en fait été échangées avec celles du fils d’un haut fonctionnaire du pays. Comme l’explique l’AFP, cette option représente malheureusement :

« Une thèse crédible dans un pays où les examens sont marqués par des scandales au sein d’un système d’éducation où la corruption favorise la progéniture de grandes familles moyennant des bakchichs [des pots-de-vins, NDLR]. »

Alors Mariam Malak poursuit son combat dans les médias, notamment avec le hashtag #je_crois_Mariam_Malak sur les réseaux sociaux. Mais aussi sur les plateaux de télévision : alors qu’elle avait été hospitalisée après la parution du rapport des experts, elle a continué à raconter son histoire dans tous les médias.

Celle-ci a fait du tapage, et la pression de médias et de l’Internet a payé, au point que le Premier ministre égyptien, Ibrahim Mahlab, a reçu Mariam Malak début septembre. Il a aussi publiquement déclaré qu’il la soutenait dans sa plainte. Le dossier a été rouvert, et un autre comité d’experts doit analyser l’écriture de la lycéenne.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Freehug
    Freehug, Le 13 septembre 2015 à 23h24

    Lamentable... En plus je ne vois pas l'intérêt : si le bac est un examen, pourquoi ne pas juste le donner au fils à maman-papa au lieu d'échanger ses copies avec celles d'une bonne élève, pénalisée pour rien ? Quitte à être corrompu, éviter de faire du mal aux autres serait une circonstance atténuante.

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