« Lou ! Journal infime », une petite merveille d’adaptation

« Lou ! » est une excellente BD jeunesse, adaptée au cinéma par son auteur, Julien Neel. Mymy et Cy. ont vu le film, et ont été conquises ! Voici leur critique semi-dessinée !

« Lou ! Journal infime », une petite merveille d’adaptation

Publié initialement le 10 septembre 2014
— Texte de Mymy et dessins par Cy. ! Critique garantie sans spoilers.

Lou était (et reste) une de mes BD favorites, parfaite pour cette période charnière où j’étais trop âgée pour Tom-Tom et Nana, mais encore un peu jeune pour Mutafukaz. C’est une oeuvre qui parle avec justesse de la pré-adolescence, du collège, des amitiés, des amourettes, mais aussi du chemin délicat vers l’âge adulte, de ce moment où on commence à comprendre que les grandes personnes ne sont pas infaillibles — eh non, pas même nos parents…

Et ce n’est pas Cy. qui va me contredire !

Du coup, une fois installées sur nos sièges écarlates, attendant que commence l’adaptation ciné de Lou !, on trépignait d’enthousiasme… mais avec une pointe d’appréhension. Et si c’était raté ? Et si c’était lissé, aseptisé ? Et si l’âme de l’oeuvre s’était perdue ?

Point d’inquiétude, mesdemoiZelles : Lou ! le film est une petite merveille. Promis.

Une vraie adaptation, qui respecte la BD sans jamais la dénaturer

Au début, je n’étais pas très très chaude pour un film « normal » (pas de l’animation, quoi) basé sur Lou ! — j’avais du mal à voir comment rendre à l’écran les couleurs de la BD, son univers à la fois mignon-cocon et rétro-futuriste…

Savoir que Julien Neel était aux commandes m’avait déjà rassurée, la bande-annonce avait fini de me convaincre, et le film ne m’a pas déçue : Lou ! Journal infime est une petite merveille, une vraie transposition quasi-magique des décors et des couleurs de la BD sur grand écran.

À l’exception des plans larges sur la ville, qui ont parfois nécessité des fonds verts, quasiment tous les décors ont été réalisés à la main, et ça se voit. Point d’image de synthèse dans le fourbi remplissant l’appartement de Lou et sa mère, point de 3D dans la rue pavée, mais du bon vieux décor « à l’ancienne » qui, sublimé par la photographie, donne direct envie de plonger sur ce gros canapé mou ou de bronzer sur le toit de l’inoubliable immeuble carré.

Si j’étais sceptique face au choix des acteurs, notamment pour la mère (Ludivine Sagnier) et Richard (Kyan Khojandi, donc), j’ai vite révisé ma copie. Une fois ses « cheveux » bien implantés, Kyan fait un très bon « nouveau voisin » tout en maladresse touchante et débordant de sympathie, et Ludivine Sagnier rentre parfaitement dans le rôle de la daronne feignasse et geek !

Les acteurs enfants sont aussi au top, évitant l’écueil de la mignonnitude énervante à l’américaine, et si j’ai eu un petit peu de mal au tout début avec la voix-off de Lou qui est assez présente, on s’y fait très vite. Même les personnages secondaires, comme les employés de la pizzeria Chez Gino ou les copines de classe de Lou et Mina, sont parfaits !

Enfin, mention spéciale au chat, le meilleur acteur-chat de la galaxie, tout en reloutise crétine et adorable. Je t’aime, chat sans nom.

Fans de la BD, ouvrez l’oeil au cinéma : de nombreux clins d’oeil et autres easter eggs sont cachés un peu partout, pour une immersion encore plus totale dans l’univers dessiné de Lou !

Un bijou de bonne humeur et d’ondes positives

Lou ! Journal infime est en premier lieu un film vraiment drôle. Situations cocasses, dialogues absurdes et blagues subtiles émaillent toute l’intrigue et on riait pour de vrai, aux éclats, et pas que devant les fantastiques mouvements de cheveux de Kyan Khojandi.

Mais c’est aussi un bel équilibre entre des sujets sérieux et d’autres plus légers… tout comme la BD ! Une bonne partie du film plonge dans une certaine noirceur après un démarrage plein d’enthousiasme et de joie de vivre, et ça prend vraiment aux tripes. La chape de plomb qui recouvre les personnages s’invite aussi dans la salle, alors autant vous dire qu’on ne se marrait plus trop…

Le rythme du film est soigné et l’intrigue se développe pile-poil comme il faut, sans nous laisser le temps de nous ennuyer, mais sans non plus se précipiter de rebondissement en rebondissement. On prend le temps de découvrir les personnages et leurs situations respectives pour mieux s’intéresser à ce qui leur arrive.


Contrairement à ce qu’on pourrait croire, Lou ! Journal infime n’est pas un long-métrage réservé aux ados et aux fans de la BD : tout le monde peut s’y retrouver. Les thèmes de la famille, de la quête d’identité, de l’amour contrarié, des amitiés qui vacillent, du passage à l’âge adulte… touchent tout un chacun.

Lou n’est pas qu’une collégienne, ou qu’une pré-adolescente : c’est avant tout une personne complexe, avec des failles et des qualités, des espoirs et des peurs, voulant faire le bonheur de ses proches tout en cherchant son équilibre personnel. Et cette problématique-là ne disparaît pas avec la puberté !

Bien sûr, il y a des surprises, des caméos inattendus, des guests stars impromptues… mais eh, on ne va pas tout vous révéler non plus !

En résumé, il faut aller voir Lou ! Journal infime, parce que c’est un des meilleurs films de tous les temps (et un excellent film français, ce qui est toujours cool). Du coup, avec Cy., on a décidé de dédier un autel à Julien Neel, qui le mérite amplement !

Lou ! Journal infime sortira en salles le 8 octobre 2014 !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Lucibelle
    Lucibelle, Le 27 octobre 2016 à 12h08

    J'étais terrorisée avant d'aller voir ce film au cinéma. J'ai commencé Lou quand on avait toute les deux 11 ans, et j'ai grandi avec elle, et bien souvent mes proches se sont demandé si un Julien Neel ne trainait pas en planque près de notre appart pour nous espionner et écrire la BD. Il faut dire que j'ai les cheveux blonds, que j'adore faire ou modifier mes fringues, que je peins, que je vis avec ma mère geek et ma chartreuse, et que chez nous c'était un joyeux bazar coloré.
    Bref, c'était effrayant de savoir comment le film allait être fait, et oui je suis d'accord, c'est un des meilleurs films (et adaptation) jamais fait. Les décors sont incroyables surtout, tellement remplis de détails qu'on pourrait mettre pause à n'importe quel moment pour les étudier de près et trouver le canard en plastique jaune, des dessins à la craie des aventures de Lou comme dans "son" journal (dans les couvertures des livres). Sans parler de l'adaptation SPOIL de la malle de la honte.

    Une pure merveille d'acteurs aussi, qui jouent des rôles surprenants parfois aux vues de leurs carrières, comme la grand-mère qui est extraordinaire dans ce rôle ! Et oui, Kyan est parfait en Richard alors que je me demandais comment, mais COMMENT il pourrait jouer ce personnage !
    Tout l'humour décalé de Lou est là, avec un pizzaiolo napolitain asiatique nommé Gino et son Luigi, les délires de Mina et Lou avec leurs barbies-feux de l'amour et des tas de trucs drôles comme le fait de voir l'homme raisin partout dans le film.

    Et finalement, je lève haut, très haut le pouce à l'actrice de Marie-Emilie qui est une actrice de génie, une interprète incroyable pour ce rôle hors du commun.
    Et au roi Loth. Parce que Ipsum Sempre ex Vanitus Ergonomis. Ca vaut rien dire mais bon.

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