5 losers de la télé que j’aimerais consoler – Jack & the TV

Les losers peuplent les séries télé depuis toujours. Attachants, agaçants, parfois méprisables, mais indispensables... Jack Parker vous liste ses 5 préférés.

5 losers de la télé que j’aimerais consoler – Jack & the TV

Faisant partie des gens qui souffrent d’une empathie exacerbée envers toutes sortes de personnages fictifs, j’avoue porter une affection toute particulière aux gentils losers du petit écran. Peut-être parce qu’ils me rappellent une partie de moi, peut-être parce que je suis hypersensible, je ne sais pas…

Voici donc un petit hommage à cinq de mes losers fictifs préférés (sans ordre particulier, j’oserais jamais leur imposer l’humiliation d’un classement). Et si vous ne les connaissez pas encore, voyez cet article comme une ordonnance pour une dose de chaque, à prendre le plus vite possible.

1. Bill Dauterive – Les Rois du Texas (King of the Hill) 1997-2010

La série : Les Rois du Texas, King of the Hill en VO, créée par Mike Judge (créateur de Beavis and Butt-head) et Greg Daniels. L’histoire de la famille Hill, vivant à Arlen, une petite ville fictive du Texas. Hank, chef de famille, est un homme aux valeurs morales inébranlables, un peu old-school et qui ne supporte pas les débordements. Pas de bol, sa femme Peggy n’en fait qu’à sa tête et son fils Bobby est obsédé par l’humour potache, les people et la glandouille. Heureusement, il lui reste ses trois meilleurs amis d’enfance et voisins – Bill le loser célibataire, Dale le conspirationniste et Boomhauer le womanizer – qui passent leur temps à se foutre dans la merde et à appeler Hank au secours.

Le loser : Bill Dauterive (né William Fontaine de la Tour Dauterive)

Depuis que sa femme Lenore l’a quitté, Bill ne fait que creuser son trou et enchaîne tuile sur tuile. Il souffre constamment de son célibat, et n’aspire qu’à une chose : trouver l’amour. Il donnerait tout pour sentir à nouveau la chaleur d’un autre être humain contre sa peau. Profondément déprimé, il reste quand même extrêmement tourné vers les autres et ferait tout pour ses amis. Il est toujours prêt à les suivre dans leurs aventures les plus folles et à endosser le pire rôle de l’histoire. Il voue une admiration sans bornes à Hank et donnerait n’importe quoi pour changer de vie avec lui – et récupérer sa femme Peggy au passage, pour laquelle il a un léger faible depuis toujours.

Le plus triste dans l’histoire, c’est que dans sa jeunesse, c’était un joueur de football américain redoutable, grand, musclé, et doté d’une longue crinière. Alors forcément, quand on passe de ça à « vieux célibataire bedonnant au crâne dégarni et au t-shirt taché de graisse », ça fait mal au cul. Mais ça ne l’a pas rendu aigri pour autant, il a un coeur gros comme le Texas, malgré tous les coups que la vie s’acharne à lui balancer dans la gueule.

Pathétique, creepy, un peu pervers et totalement maléable – mais terriblement attachant, pétri de bonnes intentions et désespérément seul.

Extrait :

Hank retrouve Bill en train d’étendre le linge en robe à fleurs et chaussures à talons – et lorsqu’il lui demande de se changer, Bill lui demande « Pourquoi tu m’appelles Bill ? Je m’appelle Lenore, idiot ! Je suis revenue parce que j’aime teeeeellement Bill et il m’a beauuuucoup manqué ! ». Aïe.

http://www.youtube.com/watch?v=VeeS3fZ5pHg

2. Bill Haverchuck – Freaks and Geeks, 1999-2000

La série : Freaks and Geeks, créée par Paul Feig et produite par Judd Apatow. La série tourne autour de Lindsay (Linda Cardellini) et de son frère Sam (John Francis Daley), tous deux lycéens, l’une tentant de s’incruster dans la bande des Freaks (James Franco, Jason Segel, Busy Philips et Seth Rogen) et l’autre tentant de survivre avec sa bande de Geeks (Samm Levine, Martin Starr).

La série a été annulée au bout de 12 épisodes alors qu’il y en avait 18 de tournés, et je ne comprends toujours pas pourquoi même après l’avoir vue 800 fois.

Le loser : Bill Haverchuck, le rois des nerds

Bill Haverchuck fait partie du trio de nerds ultimes du lycée – avec Sam et Neal, ils forment un bouclier anti-hype au top de l’efficacité. Sam est le plus tempéré des trois et s’adapte plus facilement au monde extérieur, Neal est persuadé d’être un génie de l’humour et Bill… ah, Bill… Il me rappelle un camarade handicapé mental dans ma classe de CE2, il s’appelait Michael, ne portait que des joggings en coton vert tout tachés et se tripotait la nouille sous son pupitre à longueur de journée. Bill n’est pas très porté sur la question, mais il vit sur sa propre planète, il est complètement déconnecté du reste du monde et ne vit que pour ses amis et ses émissions de télé préférées – s’il n’est pas ravi de faire partie des geeks, il ne le vit pas aussi mal que ses deux meilleurs amis et ne cherche pas particulièrement à faire des efforts pour s’intégrer. Les filles, il s’en fout, le sport, ça le gave, les fêtes aussi, bref, il a d’autres priorités.

Sa façon de parler et de se déplacer dans l’espace ont quelque chose d’affreusement touchant. Même quand il ne fait rien, son regard hagard et sa bouche constamment ouverte lui donnent un air de petit oiseau tombé du nid et on a juste envie de lui faire un énorme câlin – mais je suis pas convaincue que ça lui ferait très plaisir. Encore aujourd’hui, il suffit que je tombe sur une pauvre photo de Bill pour sentir mon coeur se serrer. Ce que je ressens pour lui s’apparente à ce que je peux ressentir à chaque fois que je revois Stand By Me.

Extrait :

Cet extrait me fout une horrible boule dans la gorge à chaque fois que je retombe dessus, et je finis toujours par rire avec la même intensité que Bill, tout en pleurant parce que je suis rien qu’une sale mauviette. Il ne se passe rien de particulier dans la scène, mais le contexte dans lequel elle s’inscrit lui donne une puissance qu’on ne soupçonnerait pas, vu comme ça.

Extrait bonus :

Bill qui danse. Amour éternel.

Et depuis que je me suis refait la série en entier, Bill me hante encore plus qu’avant, alors attendez-vous à voir débarquer un article rien que pour sa gueule un de ces quatre.

3. Butters Stotch – South Park, 1997 – ?

La série : South Park, créée par Mark Stone et Trey Parker, est une série animée que vous connaissez sans aucun doute toutes, même si vous ne l’avez jamais regardée. On y suit les aventures de Cartman, Stan, Kyle et Kenny, quatre écoliers qui vivent des aventures complètement tarées depuis plus de 15 ans. Vulgaire, grossière, crade, scandaleuse et constamment controversée, cette série nous a ouvert les portes d’un monde merveilleux, peuplé de personnages hauts en couleurs et de dialogues profanes.

Le loser : Leopold “Butters” Stotch, la naïveté incarnée

Fils de Stephen et Linda Stotch, qui passent leur temps à le punir pour des choses qu’il n’a pas faites, ou qu’il a faites sous l’influence de ses petits camarades. Ses parents ne l’écoutent jamais, ne le prennent pas au sérieux, ne s’intéressent à lui que lorsqu’il s’agit de l’engueuler et exercent ainsi une pression constante et invisible sur ce pauvre petit garçon qui ne demande qu’à bien faire.

Grand admirateur de Cartman, qui est son opposé parfait, il le suit toujours dans ses plans machiavéliques et, comme Bill Dauterive de King of the Hill, endosse toujours le rôle du dindon de la farce. Kyle et Stan sont également responsables de pas mal de ses mésaventures – mais il persiste à les suivre, parce qu’il n’est que bonté et générosité, et qu’il n’aime pas décevoir son entourage. Lorsque Kenny finit par mourir « définitivement » dans la saison 6 (avant de revenir dans le dernier épisode), Butters prend sa place dans la bande et doit subir les coups de pression de ses petits camarades qui se plaisent à lui rappeler que « Kenny l’aurait fait, lui… ». Ils vont même jusqu’à l’appeler Kenny, détruisant ainsi le peu d’identité qu’il restait à Butters. S’il finit toujours par se sortir des pires situations dans lesquelles on le pousse, c’est toujours sans honneurs, sans reconnaissance et sans gratitude – et avec une bonne punition de la part de ses parents.

Influençable jusqu’à la moelle, il se fait marcher dessus par tout le monde, est obligé de supporter des parents cons comme des bites, et personne ne l’écoute jamais – et pourtant, il garde le coeur sur la main, une générosité sans limite et une naïveté à toute épreuve.

Extrait :

Pour tenter d’arnaquer Maury Povich, présentateur d’une émission de télé voyeuriste qui se fait de la thune sur les malheurs des autres, et tenter de remporter le cadeau offert à tous les participants, Cartman et sa bande choisissent d’envoyer Butters. Pour ça, il faut lui inventer une difformité – ils décident alors d’affubler Butters d’une couillo-mentonite. Pour faire court : c’est quand t’as une paire de couilles qui te pend du menton. Ouaip.

Extrait bonus :

La chanson qui me revient le plus souvent en tête, en rotation avec I Believe I Can Fly.

4. Murray Hewitt – Flight of the Conchords, 2007-2009

La série : Flight of the Conchords, créée par James Bobin, Jemaine Clement et Bret McKenzie, suit les aventures de Flight of the Conchords à New York, un groupe composé de deux personnes, Jemaine et Bret, des musiciens néo-zélandais. À l’origine, les FOTC sont un duo comique, qui sévit depuis 1998 et qui se spécialise dans les chansons humoristiques (mais en très bien hein, pas en Festival Roblès). Si la série reprend bien le nom du groupe et de ses deux membres, elle n’est pas à prendre comme une véritable fenêtre sur la vie et la personnalité de Bret et Jemaine.

Le loser : Murray Hewitt, manager de rien du tout

Pour les aider à percer aux États-Unis, Bret et Jemaine ont un allié de choc : leur manager, Murray Hewitt. Murray est un modeste employé du Consulat de Nouvelle Zélande, sans famille, sans amis, et sans vraiment de boulot (la série se moque allègrement du statut de la Nouvelle-Zélande, qui est aux États-Unis ce que la Belgique est à la France au niveau des moqueries – et encore, on est gentils). Problème : les Flight of the Conchords n’ont qu’une fan, Mel (incarnée par l’extraordinaire Kristen Schaal, dont on peut entendre la douce voix dans Bob’s Burgers et Gravity Falls), jamais de dates de concert, pas un rond et pas de succès, globalement.

Et c’est pas avec Murray comme manager que les choses vont s’arranger. S’il fait preuve d’une bonne volonté en acier trempé, et si son implication dans l’avenir du groupe ne fait aucun doute, ça ne suffit pas à rendre ses tentatives fructueuses. Comme tout bon loser, il est beaucoup trop naïf pour se rendre compte que ça ne fonctionne pas (et que ça ne fonctionnera sûrement jamais), il a une vision complètement fantasmée et infantile des choses et ne rêve que d’une chose : être cool. Sauf qu’il ne sait pas ce qui est cool, et qu’il ne connait rien à l’industrie musicale. Mais heureusement, Bret et Jemaine ne sont pas beaucoup plus éclairés que lui, alors même si l’absence de succès a tendance à les agacer, ils comptent toujours sur Murray pour les sortir de la mouise.

Extrait :

Quoi de mieux qu’un petit best-of pour bien présenter le personnage ? Parmi les scènes classiques qui reviennent plus ou moins à chaque épisode, on retrouve la fameuse réponse de Murray à la question « Est-ce qu’on a des concerts de prévus ? ». À savoir : « Alors oui, j’ai une réponse pour ça : non. » Clair, concis, et petit pétage de rotules au passage – impeccable.

Parmi les running gags, on retrouve aussi cette obsession qu’a Murray avec le fait de faire l’appel à chaque début de réunion. « – Bret ? – Présent. – Jemaine ? – Présent. – Murray ? Présent. »

Attention, accent néo-zélandais sans sous-titres, cliquez à vos risques et périls.

5. Tobias Fünke – Arrested Development, 2003-2006 (et bientôt de retour !)

La série : Arrested Development, créée par Mitchell Hurwitz, nous raconte les déboires de la famille Bluth après l’arrestation du chef de famille (et de l’entreprise familiale), George Sr., suite à une sombre histoire d’abus de biens sociaux. Michael Bluth, son fils, se retrouve alors seul à gérer tout le business, en plus de sa famille qui n’a pas l’intention de lui faciliter la vie.

Le loser : Tobias Fünke, le mollusque fait homme

Tobias est le mari de Lindsay, la soeur égoïste/panier percé de Michael. Ancien psychiatre, on lui a retiré son droit d’exercer après qu’il a tenté de pratiquer un massage cardiaque sur un homme qui allait en réalité très bien. Profondément affecté par ce vilain revirement de situation, il décide cependant de reprendre sa vie en main et de devenir… acteur. Du jour au lendemain, il est non seulement persuadé d’y parvenir, mais également d’avoir du talent – alors qu’en réalité, il est encore plus mauvais que Nabila dans Hollywood Girls.

http://www.youtube.com/watch?v=USUOpBGnFkA

Personne ne le respecte, pas même sa femme, et encore moins sa fille, Maeby. Roi de la boulette, il n’est pas capable de dire un mot sans sortir une connerie plus grosse que lui ou de mettre un pied dehors sans se ridiculiser. Il n’a aucun recul sur lui-même, et est affublé des pires tares de la Terre. Pour vous donner un exemple, Tobias est un never-nude. Ça signifie qu’il ne peut jamais être nu, pas même quand il se douche – alors il porte toujours un short en jean sous ses vêtements, qu’il n’ôte sous aucun prétexte. Je vous laisse imaginer l’état de la vie sexuelle du couple Tobias/Lindsay (indice : ils n’en ont pas).

Il évolue dans un univers… différent du nôtre. Ce qu’il dit n’a absolument pas le même sens dans sa tête que dans celles des autres, et ça donne lieu à des situations pour le moins cocasses qui creusent sa tombe d’épisode en épisode. Mais finalement, plus on apprend à le connaître, plus on se sent désolé pour lui, plus on a envie de le consoler et de mettre un taquet derrière la tête de tous ceux qui l’entourent et qui refusent de l’écouter. Mais en même temps, il peut être tellement RELOU que ça ne dure jamais bien longtemps.

Extrait :

Lui aussi, il lui faut minimum un best-of, sinon c’est du gâchis. Un de mes Fünkismes préférés : quand Tobias explique à un vendeur qu’il est « buy-curious » (en gros, qu’il se contente de regarder pour l’instant et qu’il ne sait pas encore si il a vraiment l’intention de faire un achat). Sauf qu’en anglais, le terme bi-curious est utilisé pour les gens (homosexuels ou hétéro) qui ne se considèrent pas comme bisexuels mais qui sont curieux de tenter l’expérience avec une personne du même sexe/du sexe opposé.

Et des comme ça, Tobias en fait 78 par épisode.

Voilà, maintenant j’ai envie de faire des câlins à la Terre entière. Et notez bien que si vous ne connaissez pas encore une ou plusieurs des séries proposées, vous avez plutôt intérêt à vous rattraper, vous ne le regretterez pas, promis.

Et vous, quels sont vos losers préférés du petit écran ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Kwack
    Kwack, Le 23 juillet 2013 à 20h21

    Jamais regardé Freaks & Geeks mais j'apprécie grandement qu'on entende une chanson de The Who sur la première vidéo ^^

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