Un roman moderne sur la modernité. Un roman artistique sur l’art. Une parabole morale, étrange et amusante. Effrayante, aussi.

Parler de Lorsque j’étais une œuvre d’art ? Laissons l’auteur expliciter à travers les premières phrases du livre : J’ai toujours raté mes suicides. J’ai toujours tout raté pour être exact : ma vie comme mes suicides. Ce qui est cruel, dans mon cas, c’est que je m’en rends compte. Nous sommes des milliers sur Terre à manquer de force, d’esprit, de beauté ou de chance, or ce qui fait ma malheureusement singularité, c’est que j’en suis conscient. Tous les dons m’auront été épargnés sauf la lucidité.
Une entrée en matière fracassante et vertigineuse ! Le personnage se trouve sur une falaise. Son nom ? On l’ignore, le roman étant écrit à la première personne. Son âge ? Vingt ans, subis. Sous ses pieds le vide. Et derrière lui un homme bizarre. Agé sans l’être, artiste dont le génie n’est que manque de scrupules, aux dents serties de pierres précieuses, qui lui propose un marché : attendre vingt-quatre heures avant de mourir.
Notre héros, complètement paumé il faut l’avouer mais extrêmement sympathique, accepte. Trois mille six cents secondes plus tard il renaît alors. Il devient une œuvre d’art, façonné par celui qu’il nomme son Bienfaiteur et un médecin douteux. Mais contrairement à ce qu’ils désiraient, Adam Bis, tel est son nouveau nom, n’est pas en marbre. Il vit, pense, aime…
Devenir une œuvre d’art. Aussi célèbre que La Joconde, aussi gracile que le David. Le style d’Eric-Emmanuel Schmitt prend alors tout son sens : maître de l’implicite et de la suggestion, l’on ne devine jamais complètement à quoi ressemble Adam Bis (une adaptation cinématographique serait fascinante, bien qu’elle dénaturerait cependant notre vision de ce personnage, après tout comment imaginer ce qui vient tout juste de naître, d’exister et qui ne ressemble à rien de connu ?). Mais l’humanité ne s’oublie pas, peut-être est là la morale du livre…
Un conte à l’allure contemporaine éclatante. Frankenstein pourrait presque avoir du souci à se faire… Paru en 2003, disponible en Livre de Poche, ce livre choque et dérange… un véritable chef d’œuvre qui raconte précisément l’histoire d’un chef-d’œuvre raté. C’est original en diable, cruel comme la modernité et éloquent comme une parabole (Roger Bichelberger).








Le 31/10/2005 à 23h48
J'ai lu qu'un bouquin de schmitt, j'avais bien aimé.J'essairais de le lire celui là ( déjà le titre me plait )
Le 01/11/2005 à 20h28
Je l'ai lu cet été et je vous le conseilleQuelqu'un peut me dire si L'evangile selon Pilat(t) est bien ? merci
Le 17/02/2006 à 19h48
Personnellement j'ai bien aimé l'évangile selon pilate, c'est assez... Original en faitPar contre, l'édition dans laquelle je l'ai lu comportait aussi La nuit des Oliviers, qui m'avait paru moins interessant...
Le 04/03/2006 à 14h41
j'ai bien aimé ce livre moi, j'ai trouvé ça trés original comme théme, et aussi cette façon de dire que les hommes n'acceptent que ce qui est soit trop beau soit trop laid, j'ai bien aimé...Le 26/07/2008 à 14h50
Je déteste. C'est des pires livres que j'ai jamais lu. J'en ai déjà dit tout le mal que j'en pensais dans le forum "Livres que vous avez détestés"...Mais hop je ne résiste pas à l'envie de répendre mon venin sur ce livre. Gniark gniark...
Petit copié-collé (juste un peu modifié parce que j'ai la flemme).
C'est gnangnan, niais, plein de bons sentiments (on peut aimer mais perso je trouve juste ça ridicule) et de lieux communs. Et la philosophie de comptoir, j'ai un peu du mal... Pleins d'invraisemblances (au XXI siècle, les tests ADN ça existe pour prouver l'identité d'une personne...)et de coups de théatre qu'on voit arriver à des km...
C'est dommage parce que l'idée de départ est bonne mais ce qu'il en a fait...
J'ai rarement ,meme jamais ,un avis aussi tranché mais là vraiment je ne peux pas. Premier et dernier livre d'E-E Schmitt que je lis.
Le 29/07/2008 à 16h46
Je l'ai lu il y a un moment déjà et je me souviens avoir passé un bon moment de lecture. Le thème du livre est assez classique mais bien traité, très accessible je trouve. Il m'a fait penser à La ferme des animaux d'Orwell, dans le traitement de la question morale (si quelqu'un m'a compris : bravoEt comme l'a dit Alecto dans sa revue, la non description de "l'oeuvre d'art" est une des grandes réussites de E.E. Schmitt, je me souviens encore de l'Adam bis que mon cerveau avait fabriqué.