Lone Ranger : critique et interview d’Armie Hammer

Lone Ranger sort en salles aujourd'hui ! Pauline C. vous livre ses impressions ; elle a également interviewé Armie Hammer, l'acteur qui joue le fameux Lone Ranger.

Lone Ranger : critique et interview d’Armie Hammer

Lone Ranger, l’après-Pirates des Caraïbes de Gore Verbinsky et Johnny Depp

Plaines désertiques, canyons arides, soleil acide, bandits cupides, justicier héroïques. Le décors est planté. Tellement que j’en sortirais presque mon harmonica pour vous entendre chanter I’m a poor lonesome cowboy. Sauf qu’on serait pas loin du HS, là, mes cactus.

Alors certes, il habite dans le Far West à l’époque des saloons, des diligences, des embuscades et des premiers trains. Certes, il a un cheval plutôt pas con et un veston plutôt pas bidon. Mais les ressemblances avec le bouvier qui tire plus vite que son ombre s’arrêtent ici.

D’abord, il ne tire pas. Enfin quand il peut l’éviter, c’est contre ses principes et sa vision de la Justice. Ensuite, ce Batman du Far West est un Ranger, un vrai, il a une étoile pour le prouver. Même qu’en plus de ça, histoire de bien marquer le coup, c’est précisé dans son blaze : le Lone Ranger.

Ce dont on se rend compte rapidement, c’est qu’il est pas si alone que ça, le Ranger. Il est accompagné, un peu contre son gré, d’un indien un peu barré répondant au doux nom de Tonto (je suis pas hispanophone, mais paraît qu’c’est pas top comme patronyme). Après que le hasard les a liés de façon plutôt précipitée, leur entente ne va pas de soi. Ils sont parfois en désaccord mais ils ont un ennemi commun. Et comme on dit : l’ennemi de ton ennemi…

Le rival rassembleur est Butch Cavendish dont les principales caractéristiques sont la cicatrice qui barre son visage et ses habitudes alimentaires (probablement non approuvées par le ministère de la Santé). Il est aussi sans foi, ni loi, ni trousse de toilette. C’est à cause de lui que le Lone Ranger est rentré dans la clandestinité et Tonto lui reproche d’être un Wendigo tueur de Comanche. Un bon vrai méchant bien campé par William Fichtner (si, si : c’est l’un des acteurs dont on connaît le visage mais pas le nom).

Inconnu au bataillon en France, Lone Ranger est particulièrement célèbre outre-Atlantique. Là-bas, son masque, son chapeau, sa monture, son insigne et Tonto ont été l’objet de nombreuses adaptations, sur tous les supports. Le justicier apparaît en premier lieu dans un feuilleton radiophonique en 1933. Il est ensuite décliné en roman, comics, série télévisée, films…

En tentant une adaptation de plus, Gore Verbinski s’attaque donc à un monument de la culture américaine. Ce premier épisode (connaissant les studios Disney, il risque fortement d’y avoir une suite si le succès commercial est au rendez-vous… ce qui n’est pas encore le cas, au vu du faible nombre d’entrées) revient sur la genèse du héros. Comment John Reid est-il devenu le Lone Ranger ? Qui est ce justicier masqué et idéaliste ? Comment a-t-il rencontré Tonto ? Johnny Depp va-t-il encore courir de façon chaloupée en agitant les bras ?

Pas mal de spectacle, des gags surprenants, des combats particulièrement travaillés, une réalisation agréable… On sent la patte Bruckheimer – Verbinksi dans l’alternance action/humour, ce qui plaira aux nostalgiques de Pirates des Caraïbes. Johnny Depp ne surprend pas dans le rôle de Tonto, mais il faut avouer que ce Comanche inspiré et un peu fou lui convient bien. Armie Hammer étonne un peu plus après ses rôles plutôt graves dans The Social Network et J. Edgar. Il interprète avec beaucoup de classe et une certaine auto-dérision le rôle d’un personnage entier incapable d’envisager la demi-mesure. Derrière tout ça, les arrangements musicaux d’Hans Zimmer rythment l’aventure et l’habillent d’un voile épique.

Au final, Lone Ranger est un film d’été léger, avec de l’action et de l’humour, à l’image des premiers Pirates des Caraïbes.

Interview d’Armie Hammer : le Lone Ranger, les karaokés et les cactus

Armie Hammer : son nom vous dit peut-être rien mais il y a de grandes chances pour que son visage vous dise quelque chose. Cet acteur américain de bientôt 27 ans a joué les jumeaux dans The Social Network, le prince dans l’un des deux Blanche-Neige sortis tout récemment et le chéri de Leonardo DiCaprio, alias J.Edgar dans le film éponyme.

Je l’ai rencontré à l’occasion de la sortie de Lone Ranger. Nous avons parlé du film, de cascades, d’acteurs célèbres et, forcément, je n’ai pas pu m’empêcher de rebondir sur les détails les plus marquants.

Alors, oui, j’ai traduit comme si on se tutoyait et qu’on était potes, tout ça… Mais, d’abord, il faut dire qu’il est super sympa. Ensuite, j’ai l’impression qu’on est proches depuis qu’il m’a dit que j’avais un mini accent britannique.

Histoire de se mettre dans l’ambiance.

Pour ce rôle, tu t’es entraîné pendant trois mois dans un camp de cow-boys et tu as réalisé la plupart de tes cascades. Quelle a été la scène la plus éprouvante ?

Physiquement ou mentalement ?

Les deux !

Physiquement, c’est probablement celle où je saute depuis un balcon sur un cheval en mouvement. C’était probablement la scène la plus dure et on a dû la faire 27 fois. C’est la chose la plus douloureuse que j’ai fait de ma vie. Mentalement, le plus gros défi a probablement été de rester debout sur la « Spirit Platform ». C’était super haut !

La Spirit Platform en question.

À la fin du film, il y a une bataille épique qui se déroule à bord de deux trains. Sans aucun spoiler, tu peux nous expliquer le tournage ?

Cette séquence finale dure à peu près 25 minutes mais elle semble bie, plus courte parce que c’est l’un des fragments de films les plus enthousiasmant que j’ai jamais vu. C’est presque impossible de croire que ce qui est réalisé est possible.

Et pour rendre tout ça possible, nous avons tourné dans cinq États américains, pendant deux mois et demi, sur les routes du Colorado, les déserts du Nouveau Mexique, la Californie, des réserves en Arizona et dans l’Utah… C’était génial. Cela a demandé beaucoup de travail pour concrétiser cette dernière séquence.

Beaucoup d’écrans verts ont été utilisés ?

On a dû tourner le film en 162-165 jours. Je dirais que des écrans verts ont été utilisés seulement pendant 6 jours.

Tu as vu le film en entier ? Quelle partie as-tu préféré ?

Toutes les parties où je ne jouais pas ! C’est seulement là que je pouvais l’apprécier. C’est pas que je ne veux pas me voir à l’écran, c’est juste que je ne peux pas regarder l’histoire parce que je me rappelle trop du moment où je l’ai filmé.

Je me souviens de chaque lieu, je me souviens d’avoir été là-bas et je pense « Ah ! Ça c’était le jour où il a fait le plus chaud ! » ou « Oh, c’est là que je suis tombé sur un cactus en essayant d’aller aux toilettes », ou « Oh c’est le jour où aucun des trains ne marchait »…

Tu es réellement tombé sur un cactus ?

Ouais…

Ça a dû être douloureux…

Oh oui. J’avais des épines de cactus, comme des aiguilles, dans la jambe. Je crois que j’ai enlevé la dernière un mois et demi après ma chute. Donc pendant un mois et demi j’avais un cactus dans le cul…

Non, je n’ai pas altéré la traduction.

Tu as d’autres anecdotes comme ça ?

Je pourrais en raconter pendant des jours ! On a fait beaucoup de soirées karaoké, des gros feux de camps, tout le monde campait la nuit… On changeait toujours d’endroit, on tournait le jour et on faisait la fête la nuit…

Des soirées karaoké ? Génial ! Vous chantiez quoi ?

De tout. Vraiment de tout. On avait un groupe de mecs originaires de l’Ohio dans l’équipe. Et les mecs de l’Ohio adorent les karaokés. Du coup, partout où on allait, on se disait… « Okay, donc, il n’y a pas Internet, il n’y a pas d’électricité… mais on a le karaoké » !

Vous aussi vous auriez rigolé comme des dindes si vous aviez été là.

Dans ce film, Johnny Depp retrouve Gore Verbinski de Pirates des Caraïbes et Helena Bonham Carter avec qui il a joué des millions de fois. Qu’est-ce que ça fait de rejoindre une équipe qui se connaît déjà ?

C’était incroyable parce qu’ils étaient super ouverts ! Je n’ai jamais eu le sentiment d’être exclu, ni de trucs du genre « Hey, t’es le nouveau, tu ne parles pas tant qu’on te parle pas ! » C’était plutôt « Oh ! Hé ! Salut ! Tiens prends une chaise, assieds-toi, raconte, comment ça va ? ». Ça donne la sensation qu’on est une grande famille maintenant.

Est-ce que tu as eu l’impression qu’entre eux il y avait des comportements instinctifs ?

Oui, ils ont définitivement besoin de moins de mots pour se comprendre entre eux. Ils se connaissent depuis tellement longtemps ! Ils peuvent se regarder et juste dire « Fuzzy ! » (flou, imprécis). Et moi je me dis « Qu’est-ce que ça veut bien dire ? » et à côté, Johnny répond « GREAAAAT ! ». C’est juste qu’ils savent très bien communiquer les uns avec les autres.

Imaginez un peu la conversation.

Tu as aussi joué avec Leonardo DiCaprio – au passage je suis super jalouse de toi ; quelle est la différence entre jouer avec Leonardo DiCaprio et jouer avec Johnny Depp ?

Elle est énorme ! Je ne pense pas pouvoir l’expliquer. Ce serait comme essayer d’expliquer la différence entre deux couleurs ou entre deux odeurs. C’est même difficile de trouver des mots pour la comparaison.

C’est plus facile de travailler avec l’un ou l’autre ?

En fait… c’est plus facile de travailler avec certaines personnes qu’avec d’autres, peut-être parce que leur façon de faire est plus proche de la tienne.

On retrouvera prochainement Armie Hammer dans The Man form U.N.C.LE., l’adaptation d’une série américaine des années 60. Le film sera réalisé par Guy Ritchie (Snatch, Sherlock Holmes).

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Voici le dernier commentaire en date :

  • GayaLArdéchoise
    GayaLArdéchoise, Le 16 août 2013 à 20h43

    CHEEEERS ! Lis des livres en anglais
    :cheer: :cheer: :cheer: :cheer: :cheer: :cheer: :cheer:
    C'est ce que je  fais ! :d Et j'adore ça ^^ D'ailleurs je rentre en LLCE anglais en septembre ! (mais on part un peu en hors-sujet là :P)

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