Les 5 livres préférés de… Zoé !

« Les 5 livres préférés de… », c’est une rubrique qui vous présente cinq ouvrages phares d’une madmoiZelle : qu’ils aient changé sa vie, marqué son enfance ou l’aient sauvée d’un trajet ennuyeux, voici les bouquins qu’elle ne pourra jamais oublier !

Les 5 livres préférés de… Zoé !

La Cité des Livres qui Rêvent, de Walter Moers

C’est de très loin le roman le plus imaginatif que j’ai jamais lu, le plus décalé, mais aussi celui qui m’a fait le plus rêver quand j’étais ado. Le ton du livre est planté avec les premières phrases : « Un roman de Zamonie par Hildegunst Taillemythes. Traduit du zamonien et illustré par Walter Moers ». Jusqu’au bout, on nous fera croire à la véracité du récit. Soit.

Il s’agit de la quête initiatique d’Hildegunst Taillemythes, un jeune dragon apprenti écrivain qui, suite à l’héritage d’un mystérieux manuscrit, se rend à Bouquinbourg, la fabuleuse et tout aussi dangereuse cité-librairie. Et pourtant je vous le promets, on y croit. On y croit parce que ce monde fantastique est décrit merveilleusement bien, jusqu’au moindre détail, et surtout parce que le roman est illustré : l’auteur est un dessinateur de comics, et les illustrations sont une vraie merveille. Lire La Cité des Livres qui Rêvent, c’est presque comme jouer à un livre dont vous êtes le héros : certaines pages ont de véritables répercussions sur la façon dont va se dérouler la suite du récit.

C’est un fabuleux rêve dont on ne voudrait jamais se réveiller, avec une tonne d’inventions géniales qu’on aimerait un jour posséder et d’aventures palpitantes qu’on aimerait vivre. Et puis, pour les passionné-e-s de littérature, c’est une véritable ode à l’écriture et au pouvoir suggestif du roman. Lire devient une expérience aussi physique que spirituelle.

À l’est d’Eden, de John Steinbeck

Ce livre fait réfléchir. Comme la plupart des oeuvres de Steinbeck, il offre tout autant un point de vue sur la société américaine qu’une réflexion plus générale sur la nature humaine. C’est une très oeuvre très vaste, qui se déroule sur plusieurs générations. On suit deux grandes familles fermières dans une vallée de Californie, les Hamiltons et les Trask, à travers leurs vies et surtout les drames familiaux qui les déchirent. Le titre fait référence à un verset biblique : Caïn, après avoir tué son frère Abel, est condamné à l’exil « à l’est d’Eden ». La partie la plus connue de l’histoire est celle adaptée au cinéma par Kazan avec James Dean, relatant la lutte conflictuelle entre les deux frères Aaron et Caleb, mais ce n’est qu’une facette de l’histoire.

Le thème principal du roman se reflète à chaque génération : il s’agit de la nature de l’homme et de sa capacité à choisir entre le mal et le bien. Hérite-t-on des péchés de ses parents ? Peut-on véritablement espérer la rédemption après avoir commis l’impardonnable ? L’homme a-t-il véritablement le choix de se comporter comme il l’entend ?

Ce roman est particulièrement fort car il offre des pistes de réflexions très profondes, tout en laissant le lecteur tirer sa propre morale des différents évènements. Steinbeck n’effectue aucun jugement sur ses personnages, mais plutôt esquisse leurs motifs, leurs sentiments, ce qui fait que chacun de nous peut éprouver envers eux tour à tour compassion et répulsion.

Le club des Incorrigibles Optimistes, de Jean-Michel Guenassia

Voilà un roman qui ravira les madZ rêvant de changer le monde ! L’action se déroule dans les années 1960 en France, principalement dans l’arrière-salle d’un petit bistrot parisien où se retrouvent lycéens, grands penseurs et exilés communistes, entre guerre froide, guerre d’Algérie et apparition du rock’n’roll. Leur point commun ? Ils espèrent tous un futur meilleur, contre vents et marées, ce sont « d’incorrigibles optimistes ».

On traverse avec Michel Marini, jeune ado de 12-13 ans, ces périodes intenses que sont l’adolescence et les années 60. C’est un roman plein d’émotions bouillonnantes, de joies, de peines, grandes et petites, et c’est un roman sur la vie aussi, puisqu’il présente d’autres personnages beaucoup plus vieux mais tout aussi espiègles que le jeune héros. Le petit plus, c’est le côté historique. C’est assez passionnant de voir cette période « de l’intérieur », les répercussions qu’ont eu tous ces bouleversements à l’échelle d’une famille par exemple, pas à l’échelle d’une génération. C’est un roman que j’ai conseillé aussi bien à mes parents qu’à mes amis, et il a plu à toutes les classes d’âges différentes. La preuve que chacun peut s’y retrouver !

La Brigade de l’Oeil, de Guillaume Guéraud

Ce roman de science-fiction fait froid dans le dos, et âmes sensibles s’abstenir, même si je l’ai lu plus jeune, il s’agit d’un livre assez dur. L’action se déroule dans un futur qui paraît bien proche maintenant : en 2017, une loi a été promulguée qui interdit toute diffusion d’image. Aucune image, de la télévision aux cartes Pokémon, en passant par la photographie ou le dessin, n’est autorisée. Et ceux qui posent leurs yeux sur de tels objets ont leurs rétines brûlées. On en sait très peu sur les raisons de l’apparition d’une telle loi sur les territoires de Rush Island, un pays gouverné par une impératrice impitoyable, mais on comprend vite à quel point ce choix est stratégique. En effet, sans accès au passé autre que par les mots, sans accès au reste du monde autre que par l’imagination, la manipulation des foules est un jeu d’enfant. Un jeune adolescent, Kao, trafiquant d’images (et donc résistant), entend parler d’un stock de bobines de films et tente alors d’organiser une projection publique.

C’est un roman qui laisse peu d’espoir, très sombre, mais très beau, qui montre le pouvoir de la culture comme vecteur de liberté, et souligne l’importance du devoir de mémoire de l’humanité vis-à-vis de son passé.

Alabama Song, de Gilles Leroy

Un roman dans l’air du temps puisqu’il traite de Fitzgerald, pas seulement de Scott, mais de son épouse Zelda. C’est une autobiographie fictive de Zelda Fitzgerald, de son adolescence à sa déchéance et son internement dans un hôpital psychiatrique. C’est une oeuvre très intéressante historiquement, puisque l’auteur a fait des recherches très documentées sur le couple mythique. Le livre dresse une description acide de la relation amoureuse entre Scott et Zelda, brisant l’image romanesque que l’on se fait souvent d’eux, et brossant un portrait pas très tendre de l’époux génial qui écrasait totalement l’artiste en Zelda, lui volant ses idées et ne supportant pas qu’elle puisse être plus douée que lui.

C’est un roman passionnant pour ceux et celles qui souhaitent en apprendre un peu plus sur ces personnages, et sur l’époque des Années Folles, mais aussi sur la condition féminine en ces années-là, à travers le combat pour la reconnaissance de Zelda et le mépris des hommes sur son travail et ses émotions.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Zamonie
    Zamonie, Le 4 novembre 2014 à 14h26

    La Cité des livres qui rêvent... Il ne me quitte plus tant je l'adore *_* Y'a qu'à voir mon pseudo:hesite:

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