L’Instant Putassier #5 – Les râleurs

Morue lyophilisée et sex tape de Sim, rien n’est finalement aussi perturbant que de côtoyer régulièrement un râleur. Le râleur, appelé également personne se plaignant de manière régulière et sournoise, est une espèce en très bonne voie de survie – râler n’étant pas incompatible avec le fait de se reproduire.   Nous sommes tous un […]

L’Instant Putassier #5 – Les râleurs

Morue lyophilisée et sex tape de Sim, rien n’est finalement aussi perturbant que de côtoyer régulièrement un râleur. Le râleur, appelé également personne se plaignant de manière régulière et sournoise, est une espèce en très bonne voie de survie – râler n’étant pas incompatible avec le fait de se reproduire.  

Nous sommes tous un peu râleur, sinon viedemerde.fr n’existerait pas, de la même façon que nous sommes tous un peu zoophiles (qui a dit non pas moi au fond ? merci de ne pas intervenir si c’est pour balancer des contre-vérités). Depuis que Charlemagne a été sacré empereur, râler est un sport national français. Après ça il y a eu Zidane qui s’est reconverti en champion du coup de boule sur torse italien, et Julie Lescaut qui s’est dit que ce serait une bonne idée de faire une pub pour le jambon, et c’est comme ça qu’on a su que nous aurions toujours une bonne raison de rouspéter. 

Néanmoins ce n’est pas parce que vous aimez le sexe que vous êtes nymphomane, et de la même façon ce n’est pas parce que vous râlez avant 9h du matin que vous êtes un râleur professionnel. Le râleur professionnel, à force d’entraînements intensifs, s’est découvert une faculté incroyable : il peut émettre des grognements à tout moment ! C’est fabuleux ! Désormais plus besoin d’être optimiste, laissons ça aux insouciants, et aimons la vie en la détestant ! 

Ainsi, la grande prouesse du râleur va être de débusquer chaque micro-défaut de sa vie pour le transformer en fardeau. Pour vous aider à comprendre sa psychologie, un petit google agenda : 


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Malgré les apparences et ce qu’il voudrait nous faire croire, vous pouvez donc constater que la journée-type d’un râleur ne se distingue en rien à celle d’un non-râleur. La différence fondamentale réside dans la perspective et la notion du mot « poisse ». Le râleur professionnel a souvent les mêmes problèmes que Monsieur et Madame Coin-coin, excepté que son seuil de tolérance est beaucoup moins élevé. 

Le râleur voudrait en effet vivre dans le monde de Oui-oui, un monde sans taxes ni loi de murphy, où des êtres nus à la plastique parfaite viendraient le rafraîchir à base de feuille de palmier agitée à leur côté et de cocktails aphrodisiaques. Sauf que Oui-oui au pays des dépravés n’existe pas, et qu’à cause de ce pourri d’Enid Blyton on doit maintenant se coltiner les râleurs professionnels. 

Compter sur le râleur pour se lasser de lui-même, c’est comme se retirer un pansement tout doucement : définitivement stupide. Le râleur professionnel vous épuisera vous et les 7 générations à venir avant qu’il ne daigne ne plus trépigner et ronchonner, sa plainte interminable vous rongera le foie et la moelle avant que vous n’ayez une bonne raison de pleurnicher à votre tour, ses protestations auront raison de vous si vous pensez qu’il suffit de lui faire un gâteau pour que sa joie revienne. Une fois le râlement lâché, la mauvaise humeur vous contaminera telle la peste noire. 

Que faire donc, lorsqu’un râleur râle ? 

  • L’ignorer. Faites abstraction et pensez à quelque chose de plaisant, comme admettons, Wentworth Miller courant dans des prés en fleurs (risque : que le râleur professionnel râle que vous vous en foutez)
  • Attirer l’attention du râleur sur autre chose, de beaucoup plus trivial (« hey regarde je me suis mis du vernis rose sur mes doigts de pied »)
  • Lui donner une bonne raison de râler, par exemple en lui collant une baffe ou en vomissant sur son canapé neuf (cela nécessite une organisation préalable, soyons donc prêts)

Attention : même sans raison particulière de râler, n’oubliez pas que vous avez affaire à un râleur qui pratique depuis des années, peut-être même depuis le liquide amniotique. Ne pas avoir de raison est déjà une raison, et le râleur pro a toujours un petit prétexte générique de derrière les fagots à vous sortir. Concrètement nous avons un top 3 qui est : 

  • « je suis fatigué »
  • « j’ai trop de travail »
  • « j’ai mal à la tête »

La fatalité s’acharne décidemment sur notre râleur professionnel, mais ne compatissez pas trop vite à son sort : sans tous ces bobos quotidiens, le râleur serait perdu, sans repères, car râler lui fait plus de bien que si tout allait bien, cela le soulage et lui donne une consistance. 

(notons ainsi à titre d’exemple ma grand-mère qui trouvait la force de se plaindre des souffrances physiques qu’elle endurait, du coccyx aux bulbes de ses cheveux en passant par ses aisselles, mais refusait de se soigner)  

La prochaine fois, nous verrons une autre attitude masochiste : cette mauvaise habitude que nous avons tous à dire « waouh j’ai fait un rêve trooooop bizarre » (oh vraiment ? DINGUE !) avant de le raconter.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • KillaBunny
    KillaBunny, Le 9 septembre 2008 à 12h15

    Tiens, tiens, c'est fou comme ça me rappelle quelqu'un *ahem moi,*

    Je suis la râleuse #1 & d'ailleurs c'est ce qui fait tout mon charme?

    Nan?disons plutôt que je suis passionnée, je ne râle quand même pas pour tout. Quand quelque chose me tient à coeur, disons que je l'ouvre quand même pas mal?

    Et puis, je crois que c'est une spécificité française, nan?

    Un auteur avait même déclaré que le râler était le signe que l'on vivait toujours dans une démocratie (un truc dans le genre?)

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