L’Instant Putassier #24 – La Procrastination

Nom d’un slip moisi pour des raisons obscures et/ou tendancieuses que nous ne révèlerons pas ici faute de temps, est-ce que cela ne vous est jamais arrivé de regarder la télé le matin alors que vous étiez en vacances, et que vos parents partaient bosser (mouahahah vous disiez-vous dans votre for intérieur), et que le […]

L’Instant Putassier #24 – La Procrastination

Nom d’un slip moisi pour des raisons obscures et/ou tendancieuses que nous ne révèlerons pas ici faute de temps, est-ce que cela ne vous est jamais arrivé de regarder la télé le matin alors que vous étiez en vacances, et que vos parents partaient bosser (mouahahah vous disiez-vous dans votre for intérieur), et que le soir, en plein épisode de série télé essentielle à votre développement personnel, vos parents rentraient et concluaient que vous aviez passé la journée devant la télé ? Frustration intense et rage adolescente ! Personnellement j’en avais le nerf optique qui battait la chamade. Rien que pour ce genre de choses, la procrastination est une petite vengeance sur la vie.

Procrastination : terme relatif à la psychologie désignant la tendance systématique à remettre ce qu’on doit faire au lendemain. Comportement souvent constaté chez l’étudiant.

La procrastination est un mélange de flemme (« je m’y mettrai plus tard, pour le moment il faut absolument que je m’enlève les cuticules »), de rebellz attitude (« comment ça je dois ranger ma chambre MAINTENANT ? Fuck l’autorité, je le ferai DEMAIN »), et de peur (« je m’occuperai de ce problème plus tard ») souvent issue d’un besoin d’être perfectible : dès que le procrastinateur sent qu’il pourrait échouer ou du moins ne pas parfaitement réussir, il préfère ne rien faire. Il est à noter également que la procrastination est un phénomène fréquent chez ceux qui ne peuvent travailler que dans le stress et les bouffées de chaleur provoquées par l’adrénaline. C’est pour cette raison qu’on observe un taux de procrastinateurs plutôt impressionnant dans le milieu scolaire, et que ce sont généralement les meilleurs élèves à agir ainsi.

BIEN ! Maintenant que nous avons vu les causes, il est temps de vous donner mon avis subjectif sur la question : la procrastination est une réaction saine et parfois nécessaire dans ce monde bien trop souvent régi par les control freaks. Parfois, cela fait du bien de se dire que tout ne va pas s’écrouler si on repousse un peu ce qu’on a à faire. La procrastination naît toujours de l’obligation d’accomplir une tâche pénible et fort peu amusante (sinon, vous auriez forcément mis un peu plus de coeur à l’ouvrage) : faire le ménage, remplir des documents administratifs, préparer un exposé, s’épiler etc. Ne pas avoir envie de s’y mettre est un réflexe purement humain. Déculpabilisons donc de ne rien foutre, comme si le temps nous poussait en plus à l’activité !

Attention toutefois à la procrastination chronique : à force de constamment repousser en pensant qu’on trouvera la motivation plus tard, on peut s’enliser dans la mouise. « Plus j’en fais, plus j’ai envie d’en faire » est un principe universel qui s’applique à de nombreux domaines. A contrario, moins vous en faites, moins vous aurez envie d’en faire, et là le cercle vicieux peut se mettre en place :

N’est-ce pas le schéma le plus effrayant de toute l’histoire du bad trip ? Vous essayez de vous y mettre, en vain, pourtant vous savez que vous vous sentirez mieux une fois que vous l’aurez fait, mais inconsciemment vous espérez que suffisamment d’eau coule sous les ponts pour que cela ne serve plus à rien de le faire (quand cela reste possible, ce qui n’est pas le cas pour les impôts, ai-je besoin de le préciser ?). C’est ce qui arrive quand vous ne répondez pas tout de suite au mail d’une copine (passés 3 semaines, vous vous dites que ça serait un peu ridicule de lui écrire maintenant) ou que vous ne rappelez pas un pote qui vous a laissé un message pour savoir si vous allez à cette soirée organisée samedi (on est lundi, et vous craignez qu’en le rappelant il ne vous engueule comme du poisson pourri).

Pour éviter de ne ressentir une culpabilité chronique allant de pair avec la maladie invétérée, une seule solution : se donner un bon coup de pied à l’arrière-train. Dans la majorité des cas, on procrastine parce qu’il nous manque une impulsion, voire une carotte au bout. Forcez-vous, puisez en fin fond de vos tripes la dernière once de volonté qu’il vous reste, mais FAITES LE : à trop retarder l’échéance, après il est trop tard. Une fois qu’on s’y met, c’est souvent plus facile et moins long qu’il n’y paraissait (6 longues années d’études pour en arriver à ce constat, vous comprendrez ma relation d’amour-haine envers la procrastination).

La prochaine fois, nous verrons comment certaines phrases toutes faites (« j’ai vécu une aventure fabuleuse » ; « dehors c’est que du bonheur ») devraient faire l’objet d’un livre intitulé « Parler le Candidat de Télé-Réalité » (je vous donne un concept, là).

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Azurite
    Azurite, Le 9 août 2010 à 21h41

    J'aime tout remettre au dernier moment, surtout pour les devoirs : j'arrive à bien m'y mettre que quand le stresse est énorme à cause du peu de temps qu'il reste. Mais c'est mal, je vais me soigner.

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