Lettre à mon hypersensibilité, ce cadeau qui me fait voir la vie autrement

Aline a découvert qu'elle était hypersensible et a refusé de l'accepter pendant longtemps. Elle a écrit une lettre à ce trait de caractère difficile à gérer.

Lettre à mon hypersensibilité, ce cadeau qui me fait voir la vie autrement
Hypersensible, j'écris ton nom

Le 13 janvier c’est la journée nationale de l’hypersensibilité.

Alors si toi aussi, tu deviens une cascade de larmes dès que tu croises un chiot dans la rue, ou que tu es capable de pleurer pendant 10 minutes devant une publicité, c’est ta journée ! L’occasion de se rappeler que tes émotions sont valables, qu’elles existent et que tu n’es pas seule.  Amour sur toi ! ♥

Chère sensibilité,

Depuis que tu partages ma vie, je t’ai souvent fait du mal. Je t’ai ignorée, cachée, bridée, incomprise et surtout, je t’ai beaucoup détestée.

J’ai plus d’une fois souhaité ta disparition.

L’hypersensibilité, c’est parfois compliqué

Tu me fais pleurer beaucoup, et dans certaines situations je souffre davantage que les personnes de mon entourage.

J’ai été qualifiée de chochotte, hystérique, pleurnicharde, immature, bizarre à cause de toi… Comment alors t’apprécier ? Comment accepter ce trait de ma personnalité ?

Je t’ai souvent demandé : « Pourquoi ne peux-tu pas te contrôler ? Pourquoi ne nous évites-tu pas les débordements ? ».

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Être hypersensible au quotidien

J’ai compris que, quoi que je ressente, c’est toujours dans de grandes proportions.

Il a été longtemps difficile pour moi de contrôler ces torrents d’émotions qui me submergent et dont je ne peux me débarrasser qu’en pleurant un bon coup.

Ce qui n’est pas toujours possible quand je suis en société ou dans une situation qui demande du sang-froid ! La gestion de mes sentiments s’avère compliquée…

Cela m’empêche de prendre du recul parfois et je ne peux envisager les choses de manière rationnelle, ce qui me coûte en énergie. Face à certains évènements, tu me rends passive.

Et ces évènements, tu les connais bien : que ce soit en période d’examen, face à l’inconnu ou parfois dès qu’il s’agit d’aller boire un verre avec des amis, je suis capable d’être aussi anxieuse que si je devais faire un saut à l’élastique du haut de l’Himalaya.

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Je supporte très difficilement cette anxiété et tu me rends si sensible au stress…

J’en ai été plusieurs fois malade, j’étais incapable de manger ni de dormir et je faisais des crises d’angoisse à répétition. Tu m’as poussée à abandonner certains projets, aussi.

Avec toi, j’ai le cœur éraflé à coup sûr. C’est douloureux, certes, mais je sais désormais que je te dois une quantité de belles choses.

À mon hypersensibilité, je t’apprivoise enfin

Certes, il y a eu beaucoup de hauts et de bas, mais je dirais que toutes les deux, nous sommes arrivées à une certaine stabilité depuis environ 5 mois.

Bien sûr, tout s’est fait progressivement, et j’ai encore beaucoup à apprendre !

J’ai commencé par lire des articles et des livres sur toi, sur l’hypersensibilité. Ça m’a ouvert les yeux.

Je t’ai reconnue dans certaines caractéristiques, je me suis vue dans certains témoignages. Je n’étais cependant pas tout à fait sûre de moi.

J’ai ensuite passé beaucoup de temps à me demander si cela me correspondait vraiment, si je n’étais pas en train de me tromper.

Puis à force de me renseigner, j’ai fini par en avoir le coeur net. J’ai réussi à comprendre qu’après tout il n’y avait rien de grave de vivre avec toi et que c’était normal.

J’ai pris conscience que si je voulais en faire une force, il fallait que je t’accepte et surtout que je prenne confiance en moi !

Ce que tu m’apportes

Aujourd’hui, je peux enfin te remercier du fond de mon âme pour ce que tu es : un cadeau.

Tu me fais entrer en résonance avec ce qui m’entoure, tu es une force qui me bouleverse, parfois me déroute.

Tu te métamorphoses aussi bien en angoisse viscérale qu’en bonheur insensé qui me broie le cœur.

J’apprends peu à peu à accepter tes multiples aspects, à ne plus t’entraver par des raisonnements destructeurs.

Je tiens à ce que tu continues de me faire vivre chaque évènement avec cette folle intensité qui me rappelle que je suis vivante. Car chaque chose vaut le coup d’être vécue, tentée, dépassée.

C’est à travers toi que je contemple le monde, à travers toi que j’en découvre les énergies profondes qui me façonnent. Alors merci de faire vibrer mes entrailles un peu trop fort.

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Merci à toi, chère sensibilité

Merci de me faire ressentir toute la beauté du monde à la vue d’une feuille colorée par l’automne ou du soleil à travers les branches.

Merci de me donner cet amour pour le ciel qui me fait lever les yeux pour en admirer les mille et unes nuances. Grâce à toi, je m’émerveille de l’existence de multiples détails, et cela rend ma vie plus douce.

Merci de me faire pleurer dès qu’une musique, une image, une phrase ou une personne me touchent et déclenchent intimement en moi des remous difficiles à transcrire en mots.

Je ne veux plus jamais avoir à te dissimuler, aussi explosive que tu peux être.

Tu m’ouvres à une infinie tendresse, une profonde empathie et une créativité qui ne demande qu’à s’épanouir. Rien que pour cela, je te serai éternellement reconnaissante. Je ne t’échangerai pour rien au monde.

Tu resteras pour toujours ma compagne de vie que j’accueille dans chaque parcelle de mon corps. Et je tâcherais de prendre soin de toi.

Merci pour ta chaleureuse présence. Merci de me rendre finalement si humaine.

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JulietteGee

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Commentaires

CaptaineSwan

@Nastja que l'on me crie dessus m'énerve profondément (et j'ai un esprit très boudeur du coup je braque très facilement haha) mais ça ne me fait pas pleurer. En revanche, je ne sais pas pour vous mais pour moi, quand je me dispute avec qqn et que les mots deviennent plus forts que ma pensée, je me mets a pleurer car je regrette instantanément et ca me fout une baffe incroyable et tellement forte que je ne peux pas m'empêcher de pleurer...

@Hervée Hum pareil ici pour la déprime et la dépression ma famille y est sujette. En revanche, ma sœur qui a fait une très grosse dépression n'est pas hypersensible. Mais il y a peut être une part de génétique ladedasnl, je pense que tu as raison !
Concernant l'hypersensibilité c'est plus que probable. Enfin, je sais juste qu'être surdouée implique d'être hypersensible (yaaaaaaay) et qu'être surdouée c'est génétique, alors si ça se trouve au même titre que la douane, les gènes peuvent aussi transmettre l'hypersensibilité (?)
Je sais pas, ce n'est pas encore un sujet très développé, c'est dommage !
 

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