Les joies de la colocation

Comme d’autres avant toi, tu lis peut-être cet écran à quelques centimètres à peine d’un(e) colocataire. Celui ou celle que tu as choisi pour ne pas voguer seule sur la galère du logement. Que tu aies déjà tenté l’expérience ou pas, embarquons donc ensemble pour voyage au pays merveilleux de la colocation… Des raisons de […]

Comme d’autres avant toi, tu lis peut-être cet écran à quelques centimètres à peine d’un(e) colocataire. Celui ou celle que tu as choisi pour ne pas voguer seule sur la galère du logement. Que tu aies déjà tenté l’expérience ou pas, embarquons donc ensemble pour voyage au pays merveilleux de la colocation…

Des raisons de la colocation – financièrement vôtre

Il y a quelques années, partager un appartement avec de parfaits inconnus aurait fait frissonner la plupart des français. « Comment ? Voir mon intimité se frotter à celles des autres ? Plutôt vendre ma grand-mère ! ». Et puis crise économique et flambée de l’immobilier sont passées par là, amenant les sceptiques à revoir leur position sur la colocation.

Diantre, mais c’est bien sûr : pourquoi vivre seul étriqué dans un 8m2, à jongler avec la plaque chauffante posée sur le four juché sur le frigo coincé entre la porte et le lavabo, installé contre l’armoire à moitié encastrée dans la fenêtre donnant sur le mur d’en face (respire : la virgule arrive), quand pour le même prix, voire moins, on peut obtenir un logement plus spacieux et plus confortable ? Pourquoi, faute de place, être obligé de tasser ses visiteurs quand ils sont trop nombreux (plus de 2), alors qu’on pourrait les recevoir dans un lieu digne de ce nom ?

Pour beaucoup (en particulier quand le budget est serré), la solution s’impose : co-louer est un bon moyen d’avoir plus pour moins. Fini le loyer exorbitant qui oblige à carburer au sandwich au pain : la part de budget économisée va pouvoir être réinvestie ailleurs… Par exemple dans le financement de ces soirées communes essentielles à la cohésion de la tribu :

– Pour la soirée de samedi, je me charge des biscuits apéro
– Moi je vais faire des quiches
– Tu vas faire ta quiche ?
– Hum. Ce serait drôle si tu me la faisais pas à chaque fois.
– Et toi Ben, t’apportes quoi ?
– Des saucisses.
– Oh non ! Pas tes trucs premier prix goût plastique, là ?
– Ben quoi ? J’aime bien, moi.
– Heureusement, parce qu’y a jamais que toi qui en bouffe.
– Si vous faisiez moins de soirées, j’aurais plus de blé, donc du meilleur manger.
– Cause toujours, radin !
– Tirants !

Argent, trop cher.

Des raisons de la colocation – amicalement vôtre

Il est parfois difficile de faire face à la solitude moderne. En particulier quand on vient de quitter le foyer familial et son tumulte, pour se retrouver en solo dans un studio. Tout le monde n’est pas ivre de joie à l’idée de ne plus avoir à négocier la télécommande, partager la salle de bain ou laver une tonne d’assiettes.

Alors on se cherche une famille de substitution, certes parfois plus usante que l’originale, mais présente pour nous accompagner dans les petites joies et les grandes peines de l’existence.

– Ah, t’es encore là ?
– Voui. Pas moyen de dormir. Et toi qu’est-ce que tu fais debout ?
– Pareil.
– Toujours tes doutes existentiels ?
– Non. Plutôt ma molaire.
– Encore ? Ca fait quoi… un mois ?
– Oui. Je sais pas quel dentiste aller voir. J’ai trop peur, hin hin.
– Bof. Moi j’ai tellement fréquenté les cabinets que…
– Gnihi.
– Quoi ? C’est parce que j’ai dit cabinet ?
– Voui.
– Pire qu’un gosse, toi.

La colocation, facteur d’ouverture culturelle

La colocation, ce n’est pas simplement partager le canapé avec d’autres paires de fesses. C’est aussi partager leurs habitudes, leur éducation, leur rythme de vie… Bref, c’est l’occasion de s’ouvrir aux autres pour s’enrichir de leurs particularités. Un phénomène d’absorption qui va parfois jusqu’au mimétisme. De nombreux ex-colocataires te le diront : la colocation, c’est comme la vie de couple – au fil du temps, ça déteint.

– Moi, j’adore la colocation. Depuis que je pratique, j’ai découvert plein de trucs différents.
– Genre ?
– Ben par exemple, c’est Mina qui m’a convertie au thé …
– Huhum.
– John, au macramé…
– Huhum.
– Bertille, au feng-shui…
– Huhum. Et moi ?
– Pour l’instant, tu m’as juste filée une gastro.

Quelle félicité que de tout partager…

Du colocataire au calvaire

Pour que l’expérience soit plus stimulante que traumatisante, il faut toutefois suivre quelques règles. Combien sont-ils à se lancer dans l’aventure pétris d’un idéal libertaire séduisant, mais aussi dangereux que les bactéries qui squattent leur frigo ? Comme ils sont touchants, ces bleus de la colocation persuadés que pour s’entendre en communauté, il suffit de s’aimer ? Tout faux, mon frère : même dans Friends, les colocataires s’écharpent pour des tâches sur les coussins et des histoires de fric. Alors dans le monde réel…

Pour éviter les dérapages, certains poussent d’ailleurs le vice jusqu’à mettre en place des systèmes d’organisation dignes d’un plan de bataille napoléonien :

– J’ai fait un petit bilan, Ronan
– Oui, Thierry ?
– Voilà le total de ce que tu me dois pour le mois.
– Euh… 14 pages de calcul ? C’est quoi ça ?
– C’est un rapport statistique prenant en compte différents paramètres tels que l’usure provoquée par ta légère surcharge pondérale sur le canapé neuf, ton utilisation quotidienne de dentifrice, la fréquence de tes allers-retours aux toilettes pour une analyse pondérée de ta consommation d’eau, le surplus de liquide vaisselle que je suis forcé d’utiliser pour nettoyer les croûtes formées à la surface de ton assiette,…
– Arrête-arrête. Je m’en tape. Dis-moi juste combien je te dois.
– Pourtant j’ai mis au point un magnifique système de calcul…
– Peut-être. Mais tes calculs me tapent sur le système.

La comptabilité est la meilleure amie de l’incompatibilité

Heureusement, la plupart du temps, la porte de la maison du bonheur est facile à ouvrir : il suffit souvent de composer avec les habitudes de chacun, de fixer quelques limites (pas de tuba après 22h, pas de string dans l’évier etc. etc.) et de répartir les rôles avec un minimum de clarté (la serpillière, c’est comme le camembert : ça se partage) pour que tout glisse comme sur un mollet fraîchement épilé. Et c’est la larme à l’œil que des années plus tard, les vétérans repenseront à leurs années colocation…

– Tu te souviens quand t’as essayé de me noyer dans la cuvette ?
– Ha ha, oui !
– Coquinou !
– Tu l’avais bien cherché, faut dire. Mettre une mygale dans mes Nike, quand même…
– Quel bon souvenir… Elles puaient tellement tes grôles, j’en pouvais plus.
– Remarque, vu ton niveau d’hygiène de l’époque…
– … Ouais, ça faisait pas une grande différence ! Ha ha !
– Hi hi.
– Ah, on étaient bons, quand même.
– Je regrette cette époque.
– Et moi donc.

Le temps embellit tout…

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Maninou1cre
    Maninou1cre, Le 23 septembre 2009 à 23h18

    je vais peut etre me lancer dans la colloc dans une maison de 240 m² on sera 5 ou 6 ca depend si quelqu'un veut la dependance a coté de la maison il y a une salle de bain a chaque étage c'est a dire que grand max on partage la salle de bain a 2 et les toilettes pareils !! en clair on sera 2 par étage ce qui nous a séduit le jardin la terrasse et le fait de ne payer que 200 ? sans charges maximum par personnes elle est situé quasiment en centre ville et avec deux garages le reve pour nous quoi meme un appart coute bien plus cher...moi je dis je verrai bien si ca se fait

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