Qui sont les inconnu(e)s qui vous ont marquées ? — La question Reddit

Est-ce que tu as un-e inconnu-e avec qui tu as eu un moment particulier et à qui tu repenses parfois ? C'est la question Reddit de la semaine !

Qui sont les inconnu(e)s qui vous ont marquées ? — La question Reddit

— Publié le 18 avril 2014

Lors de mon premier voyage sans mes parents et alors que je n’étais pas tout à fait adulte, j’ai trouvé le moyen de me perdre dans un quartier que je ne connaissais pas du tout, en pleine nuit, dans un pays étranger. Avec mes acolytes pas tellement rassurés, on retournait notre carte dans tous les sens, mais impossible de retrouver notre chemin : c’était mort, on allait dormir dans la rue et se faire bouffer par des tigres avant l’aube (dans la banlieue de Londres) (j’étais quelqu’un de très mesuré).

Les rues étaient vides et on commençait à se résigner quand un jeune homme a surgi de nulle part et nous a spontanément proposé son aide. C’était un barman australien qui rentrait du boulot, et était à Londres depuis peu. Il nous a dit qu’il aurait aimé que quelqu’un fasse ça pour lui quand il a débarqué en Angleterre, et que c’était donc la moindre des choses de nous ramener à notre auberge.

Il a marché quasiment une heure avec nous, dans le sens inverse du chemin pour rentrer chez lui, pour nous mener à bon port et nous souhaiter une bonne nuit. Je ne l’ai bien évidemment jamais revu ; il fait partie de ces inconnus dont on se souvient, bien qu’on n’ait passé que peu de temps avec eux.

On a tous une petite histoire du genre… Un Redditor friand de ces anecdotes a lancé le thread Y a t-il un inconnu que vous avez croisé une seule fois dans votre vie, que vous ne reverrez jamais, mais à qui vous pensez parfois ?, et les anecdotes qui y sont compilées sont drôles, émouvantes, tristes ou promptes à vous redonner foi en l’humanité.

Il y avait une fille que j’ai rencontré à l’aéroport, et on a passé 8 heures à parler ensemble pendant une escale. On s’est retrouvés sur le même vol pour Atlanta et elle s’est endormie sur mon épaule. On s’est dit au revoir le lendemain matin et je ne l’ai jamais revue. Je pense encore à elle parfois.

– J’avais environ 7 ans, j’étais à la fête foraine et il y avait une autre fille de mon âge là-bas. On a fait le manège des tasses ensemble parce que nos parents étaient trop peureux.
Elle a été genre, ma meilleure amie pour les quelques heures qu’on nous a laissés passer ensemble.

– Quand j’avais peut-être 5 ans j’ai rencontré un garçon au terrain de jeux. On a joué un moment et puis je lui ai demandé d’être mon petit copain. Il a dit oui. Je ne l’ai jamais revu depuis, mais techniquement ça fait 16 ans qu’on est ensemble.

Un type que j’ai rencontré en cure de désintoxication il y a quelques années en Pennsylvanie. Il ne voulait pas me parler et il était clair qu’il était là pour arrêter la drogue, pas pour se faire des amis. Le jour où je suis parti, on s’est croisés et il m’a serré dans ses bras pour me dire au revoir. J’espère qu’il va bien.

Quand j’étais à la fac j’ai eu une très mauvaise pneumonie. Après quelques semaines alitée, j’avais une IRM prévue pour savoir si les antibiotiques avaient fonctionné. Donc j’étais assise dans la salle d’attente de radiologie, j’étais habillée sobrement mais je portais d’énormes boucles d’oreilles arc-en-ciel très kitsch.

Une femme plus âgée dans la salle d’attente m’a dit qu’elle adorait mes boucles d’oreilles, et je lui ai répondu que je les portais pour garder le moral. Elle s’est exclamée que les couleurs vives lui faisaient le même effet, et que c’était super de me voir si positive.

Quand mon nom fut appelé pour le rendez-vous, elle m’a dit « bonne chance ». Je l’ai remerciée, mais c’est seulement plus tard que je me suis rendu compte que le centre d’IRM dans lequel j’étais était à la base un centre de traitement du cancer. Depuis ce moment, j’aurais aimé faire demi-tour et lui montrer davantage gentillesse et chaleur, parce qu’elle devait en avoir besoin bien plus que moi.

J’étais de sortie avec mon fils il y a quelques années, peu après la fête des pères. Il était très content du t-shirt « Papa n°1 » qu’il m’avait offert et avait insisté pour que je le porte. On a croisé un type, sans enfant avec lui, qui portait exactement le même t-shirt « Papa n°1 », nos regards se sont croisés et je m’attendais à ce qu’on hoche la tête et continue nos chemins. Nope.

Il s’est arrêté, m’a fixé très sérieusement et a dit « Nous devons nous battre façon kung-fu ! » en bougeant les lèvres à retardement comme dans les mauvais doublages, et s’est mis en position de karaté bizarre. Je me suis dit « pourquoi pas » et j’ai joué le jeu. Le type est tombé assez vite. Il a mimé la douleur alors qu’il se relevait, s’est incliné devant moi et a dit à mon fils « Ressens un grand honneur. Ton père est vraiment le n°1 ».

Mon garçon a tout gobé et ça reste un superbe souvenir pour nous deux. Aucune idée de qui ce type était, mais j’adorerais lui payer une bière.

Qu’on les côtoie quelques secondes, quelques minutes ou quelques heures, les inconnu-e-s peuvent parfois nous marquer bien plus longtemps ; de quoi ouvrir les yeux et oser parler à son prochain un peu plus facilement ! Même si ça ne dure pas, on en gardera des souvenirs qui pourraient s’avérer intenses.

Et toi, qui est l’inconnu-e qui t’a marquée ? Raconte-nous ton histoire dans les commentaires !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Mneme
    Mneme, Le 5 décembre 2016 à 21h09

    En lisant vos histoires, ça m'a rappelé plein de moments que j'ai vécu et que j'avais quelque peu oublié. En y repensant, ça me fait sourire, alors merci ! Il y en a toutefois un qui m'est resté comme étant un instant très fort dans ma vie.

    Je passais le weekend en France pour l'anniversaire de ma meilleure amie, des jours rendus difficiles par le suicide d'une amie juste avant mon départ. Le jour de mon retour, je suis arrivée à l'aéroport avec 6h d'avance. C'était soit ça, soit je déambulais dans la ville sans but. Toujours est-il que je commençais à en avoir marre et que j'étais heureuse de voir l'heure de mon vol arriver, sauf qu'il avait été retardé. J'étais dans un tel état de fatigue physique et psychologique que je ne savais pas comment j'allais supporter ces quelques heures imprévues qui me séparaient du réconfort de mes proches. J'étais au téléphone avec mon copain de l'époque et après avoir raccroché, j'ai remarqué une fille assise à côté de moi qui finissait elle aussi un coup de fil. On s'est regardé en soupirant et comme on était dans la même galère, on a commencé à papoter. Honnêtement, je ne me souviens plus de quoi, sûrement des banalités genre : "qu'est-ce que tu fais dans la vie ? tu habites dans quelle ville ?", etc... Au bout d'un moment je me suis levée pour aller fumer une clope et elle est allée se renseigner pour trouver une solution aux soucis que lui causaient le retard de l'avion (plus de train à l'arrivée pour sa ville, est-ce qu'on lui payait un taxi, un hôtel ?). Quand je suis revenue dans le terminal je l'ai vu partir avec une employée de la compagnie aérienne. Je l'ai cherché du regard dans la file d'attente pour embarquer et dans l'avion, mais elle n'était plus là.
    J'ai une reconnaissance tellement grande pour cette fille qui m'a changé les idées à un moment où j'en avais le plus besoin, c'était comme un ange tombé du ciel ! Et la chose qui m'a marqué à jamais c'est que, alors qu'on discutait depuis un moment, on a réalisé qu'on n'avaient même pas demandé à l'autre comment elle s'appelait, ce qui paraissait étrange. Je lui ai dit mon prénom et quand elle m'a dit le sien, j'ai cru que ma mâchoire allait tomber : c'était celui de mon amie qui venait de mourir. Rien que d'y repenser, ça me donne encore des frissons. Cette coïncidence m'a mis du baume au cœur.

    Je repense souvent à ce moment et ça m'en a rappelé un autre qui s'est passé dans des circonstances malheureusement similaires. C'était un dimanche et je venais d'apprendre que ma grand-mère était décédée. Je m'étais engagée à aider mon ancienne prof de danse pour son gala et mon père m'y a donc déposé encore toute chamboulée. Je devais rester au balcon et faire en sorte que les enfants n'aillent pas se poser près de la balustrade pour des raisons de sécurité. J'avais une chaise réservée histoire de ne pas passer ma journée debout. Bref, arrive la fin du gala et toutes les classes de danse sont réunies sur scène et là je vois une dame, je dirais la soixantaine, qui est assise devant la balustrade. Je m'approche d'elle pour lui dire qu'elle ne peut pas rester là et je lui propose de s'asseoir sur ma chaise pour la fin du spectacle. A la fin elle est venue vers moi, a pris mes mains dans les siennes et m'a remerciée avec les larmes aux yeux de lui avoir permis de voir sa petite-fille danser et qu'elle allait rentrer chez elle des étoiles plein les yeux et avec plein de souvenirs. J'étais à deux doigts de pleurer, mais de reconnaissance car voir l'amour de cette grand-mère pour sa petite-fille alors que je venais de perdre la mienne, ça me faisait étrangement du bien.

    J'ai heureusement eu aussi des rencontres dans des circonstances bien plus joyeuses, mais ce sont sûrement ces deux-là qui m'ont le plus aidé.

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