Les hommes en général me plaisent beaucoup (V. Ovaldé)

Que la lectrice prenne garde ! Il ne s’agit pas ici d’un rejeton du Chick Lit, ces romans par et pour les filles (Le diable s’habille en Prada, etc.) : bien que le titre puisse y faire penser, les éditions Actes Sud sont assez peu friandes du genre « midinettes ». Au contraire, Véronique Ovaldé, […]

Que la lectrice prenne garde ! Il ne s’agit pas ici d’un rejeton du Chick Lit, ces romans par et pour les filles (Le diable s’habille en Prada, etc.) : bien que le titre puisse y faire penser, les éditions Actes Sud sont assez peu friandes du genre « midinettes ». Au contraire, Véronique Ovaldé, écrivain à suivre, écarte les facilités, soigne le style, compose une structure efficace avec un talent qu’on a (que j’ai) hâte de voir fructifier.

Lili vit dans une jolie banlieue pavillonnaire avec Samuel, un homme doux et naïf. Elle tente d’oublier d’où elle sort, de se faire à sa vie rassurante quand, d’un coup, elle se prend un souvenir en chair et en os en pleine figure. Il est revenu. Il l’a retrouvée. Le voilà dans son zoo à elle, dans sa vie tranquille, dans son joli jardin. Ca l’angoisse et ça l’excite, elle le redoute et elle le désire. Lili s’en veut, parce qu’elle sent que s’il est là, c’est pour la reprendre, pour l’emporter dans une existence dangereuse, irraisonnée qu’elle ne saura pas refuser. Comment la reconnaissance qu’elle a pour Samuel pourrait lutter contre le désir qu’elle ressent pour lui ?

Chapitre après chapitre, Lili dévoile son histoire : on suit parallèlement la Lili du passé et celle de maintenant. Lili, c’est un truand pour amant, un garçonnet muet pour frère, un néo-nazi pour père, l’enfermement pour enfance et plusieurs années de prison, un passé traumatisant camouflé, tu, étouffé dans une vie pépère avec Samuel qui l’a tirée de là.

Le premier chapitre, magnifique de sensibilité, évaporé, mi-enfantin laisse déjà apparaître des fêlures. On aimerait que l’histoire soit dans le même ton, un conte ou un récit à demi irréel mais les failles s’approfondissent et l’auteur nous emmène doucement vers l’obscurité, le glauque. Toujours dans ce même style poétique ou presque, dont on ne sait pas bien s’il atténue ou s’il renforce le propos. En tout cas, c’est beau.

Les hommes en général me plaisent beaucoup, de Véronique Ovaldé, aux éditions Actes Sud (collection Babel)

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Ancien membre
    Ancien membre, Le 7 janvier 2006 à 12h39

    Mui, et l'article donne vraiment envie de le lire. Enfin, pour ma part.

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