Les écrivains Prix Nobel : Knut Hamsun

La faim est le roman le plus connu de Knut Hamsun. Ecrit en 1890, c’est l’un des premiers romans du Norvégien né en 1859. Il met en scène les errances d’un personnage anonyme – narration à la première personne – dans la capitale norvégienne. Ce personnage est à part, à mi-chemin entre force et folie, […]

Les écrivains Prix Nobel : Knut Hamsun

La faim est le roman le plus connu de Knut Hamsun. Ecrit en 1890, c’est l’un des premiers romans du Norvégien né en 1859. Il met en scène les errances d’un personnage anonyme – narration à la première personne – dans la capitale norvégienne. Ce personnage est à part, à mi-chemin entre force et folie, sans cesse à la recherche d’un peu d’argent pour manger. Un roman répétitif mais aussi prenant que rédigé de façon à brouiller tout lien entre lecteur et narrateur. Un développement sur l’article consacré à ce roman.

Quatre ans plus tard, voilà Pan, roman dans la même veine que le précédent : il est de nouveau question d’un personnage masculin, cette fois-ci non dans ses déboires avec la faim mais avec l’amour. Et ce roman est assez bon lui aussi, riche en alternances entre les différentes formes du discours et les différents temps de la narration. Hamsun décrit les sentiments du personnage avec une légèreté savoureuse – autrement dit, pas de baratin sous prétexte qu’il y a amour – et offre même le plaisir d’un changement de focalisation dans la dernière partie du roman. S’il n’y a assurément pas de quoi s’exalter ni rencontrer tout le talent de l’écrivain – Pan disparaît derrière d’autres romans plus réussis – on peut tout de même le saluer pour le plaisir qu’on y trouve.

Esclaves de l’amour est un recueil de nouvelles qui, contrairement à ce que peut faire croire le titre, ne mettent pas toutes en question un quelconque rapport à l’amour. Bien entendu, c’est le cas de certaines, notamment les premières du recueil, mais y foisonnent aussi des récits plus originaux, parfois à deux doigts du fantastique puisque leur univers – car ce que décrit Knut Hamsun est à proprement parler un univers tant tout y est observé selon le point de vue de personnages des plus particuliers – est emprunt d’une subjectivité – celle des personnages – souvent surprenante ; ce qui ajoute au ton de l’écrivain, toujours distant et froid. A déplorer cependant, la chute souvent abrupte donc trop artificielle, sur laquelle on passe il est vrai les yeux fermés face au reste des nouvelles.

Au pays des contes est un récit de voyage qui date de 1903, voyage en Caucasie dont le sous-titre est "choses vécues et choses rêvées en Caucasie". Si cela laisse clairement une part à la fiction, Knut Hamsun qu’on peut peut-être identifier avec le narrateur – puisque c’est là le journal d’un voyage – se borne certainement trop aux faits, qu’ils soient fictionnels ou non. Pour qui ne connaît pas la région, l’entreprise devient assez vite fastidieuse à lire. Quelques passages mis à part, cela dit : justement ceux dans lesquels il se laisse aller à dépasser les faits, à rêver ou disserter un peu, sur tout et n’importe quoi : sur les écrivains russes comme sur le raisin. On peut déplorer aussi l’apparition sournoise de temps à autres de remarques à tendance antisémite, qu’on observe avec suspicion dès qu’on sait que l’écrivain vieillissant a été plus que proche d’Hitler et sympathisant du régime nazi.

L’éveil de la glèbe, aussi appelé en français Les fruits de la terre selon les traductions, date de 1917 et est le roman qui lui a valu trois ans plus tard le prix Nobel puisqu’il est considéré comme "his monumental work" et la motivation de ce prix. Comme l’un ou l’autre de ses titres l’indique, ce roman narre l’histoire d’un paysan, Isak, qui s’installe sur un terrain désertique, le fait fructifier, et développe aussi bien son lopin et terre et sa propriété que la région – puisque d’autres colons lui font suite – et sa famille, celle-ci se développant avec l’arrivée d’une femme qui deviendra la sienne, Inger. Ils sont eux-mêmes l’image de l’ambiguïté du progrès qui les entoure. Prospérer de cette façon, n’est-ce que positif, pour tout le monde ? A son habitude Knut Hamsun donne mouvement à son texte en faisant surgir le présent au milieu du passé ; et dans ce roman en particulier, en alternant la focalisation entre multiples personnages de l’action.

Pour plus d’infos sur Knut Hamsun, se reporter à Knut Hamsun en ligne, site assez complet et intéressant sur l’écrivain (entre autres : bibliographie, citations d’Hamsun lui-même et d’autres écrivains à son sujet).
A voir aussi, la page du site NobelPrize.org qui lui est consacrée – en anglais.

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