Les écrivains Prix Nobel : Johannes V. Jensen

La chute du roi ne raconte pas spécifiquement l’histoire de la chute d’un roi, mais cet arrière-plan historique est bien présent, quoique peu développé pour qui ne connaît pas l’histoire des pays scandinaves. Il s’agit, comme on l’apprend sur la quatrième de couverture, du roi Christian II, ayant régné au Danemark au début du XVIème siècle. C’est […]

Les écrivains Prix Nobel : Johannes V. Jensen

La chute du roi ne raconte pas spécifiquement l’histoire de la chute d’un roi, mais cet arrière-plan historique est bien présent, quoique peu développé pour qui ne connaît pas l’histoire des pays scandinaves. Il s’agit, comme on l’apprend sur la quatrième de couverture, du roi Christian II, ayant régné au Danemark au début du XVIème siècle. C’est sous son règne que tente de se faire la reconquête de la Suède, où il apparaît finalement comme un tyran après avoir exécuté nobles et autres citoyens.

Différents épisodes de cette guerre sanglante apparaissent dans le roman de Johannes V. Jensen, mais c’est plus sur le personnage de Mikkel Thøgersen que sur son roi que se concentre le roman. Ce personnage est un mercenaire qui perd peu à peu ses attaches à son pays natal et est littéralement poussé, au fil des pages, vers sa propre chute, qui s’accomplit jusque dans l’exil partagé avec son roi et dans la mort.

Mais le roman ne se concentre pas uniquement sur ce personnage. Beaucoup d’autres figures, masculines notamment, le traversent, cela dit sans constituer la principale source de l’intrigue qu’est le personnage de Mikkel, mais comme diverses ramifications, importantes. Il y a donc ces hommes, rivaux, ennemis ou acolytes d’un instant ; ainsi que des femmes, filles ou maîtresses, que sans cesse ces hommes se partagent et qui sont pour la plupart à l’origine de leurs plus grands tourments.

La chute du roi, publié dans les années 1940, est un roman d’une densité incroyable. Il est séparé en trois parties ("Mourir au printemps", "Le grand été" et "L’hiver") et en nombreux chapitres assez courts, et c’est plus la densité du récit et de l’écriture de Jensen que sa longueur qui en fait un roman d’une grande richesse. Surtout, l’écrivain décline au fil des pages son art d’inventer des images poétiques d’une beauté parfois époustouflante et très originale. Ce sont peut-être elles qui rendent le texte parfois bien difficile à suivre, mais lire et relire certains passages ouvre le texte à une beauté saisissante.

Indéniablement, à la lecture de La chute du roi, on comprend que le jury du prix Nobel ait justifié en 1944 le fait que le prix soit accordé à Johannes V. Jensen de la façon suivante : "for the rare strength and fertility of his poetic imagination with which is combined an intellectual curiosity of wide scope and a bold, freshly creative style".

La chute du roi, traduction française aux éditions Actes Sud, 1990

(Pour plus d’informations sur Jensen, voir la page du site NobelPrize.org qui lui est consacrée, en anglais)

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