Les Bonnes Manières, un conte féministe en salle cette semaine !

Les Bonnes Manières est une fable brésilienne qui a marqué le festival de Gérardmer. C'est un portrait de femmes courageuses. Un conte sur la monstruosité. Celle qui n'est pas toujours là où on l'attend. Découvre cette pépite fantastique en ce moment au cinéma.

Les Bonnes Manières, un conte féministe en salle cette semaine !

 En partenariat avec Jour2fête (notre Manifeste)

Ne te laisse pas avoir par sa bande-annonce. Les Bonnes Manières n’a presque RIEN d’un film d’horreur, même si c’est un film de monstres.

Il n’a rien d’un film que tu as déjà vu, d’ailleurs. Et le monstre n’est pas celui que tu crois. 

Les Bonnes Manières ouvre la voie à un cinéma nouveau, qui, avec peu de moyens, ose le mélange des genres.

Voilà 4 bonnes raisons de céder à l’appel d’un film qui deviendra phénomène.

Voir Les Bonnes Manières au cinéma, pour son récit lumineux

Clara (Isabél Zuaa) est une femme modeste.

Elle n’a presque aucun sou en poches et porte sur son visage les marques d’un passé tortueux.

Un jour, elle se présente à un job de nounou, dans un très chic appartement de São Paulo. En attendant que naisse l’enfant, elle devra s’occuper de la future maman, cuisiner et faire le ménage.

Ana (Marjorie Estiano), quant à elle, est une jeune femme riche et belle, qui ne garde du père de son enfant qu’un souvenir abîmé. Le père, elle ne l’a connu que brièvement, au devant d’une voiture, quelques minutes avant la pleine lune.

Il s’est enfui avant qu’elle n’ait eu le temps de lui demander quoi que ce soit.

Elle élèvera donc son enfant seule.

Mais les choses ne se passeront pas comme prévues…

Ana fait des crises de somnambulisme, quelques soirs par mois. Des crises qui la poussent à des errances solitaires dans la nuit. Des nuits imbibées de lumière diffuse.

Clara s’en rend compte très vite. Puis, la grossesse dégénère.

Je ne peux pas t’en dire plus, tu m’accuserais de spoiler. Bien que l’énigme se lève très tôt dans le film pour ne s’intéresser qu’à la relation entre l’enfant et sa mère.

Parce que Les Bonnes Manières ne présente presque que des femmes

Les Bonnes Manières fait le portrait de femmes courageuses. Clara est seule. Ana l’est aussi. Toutes les deux à leur manière, elles doivent affronter l’âpreté de la vie, dans un coin du monde qui les a oubliées.

Tout au long du film, la présence des hommes n’est qu’anecdotique. Le seul individu de sexe masculin qui tient une place considérable dans l’intrigue n’est qu’un jeune garçon. Un garçon délicat nommé Joel, le fils d’Ana, qui rend leur vie lumineuse et morbide à la fois.

Mais finalement, lui n’est qu’un argument pour parler du courage des femmes. C’est ELLES qui sont au coeur du volcan. Elles qui risquent tout. Elles qui tremblent, pleurent, craignent, improvisent, triomphent et perdent.

Juliana Rojas et Marco Dutra ont façonné un film d’une modernité puissante, qui en seulement deux heures aborde beaucoup des thématiques et des enjeux qui parfois ponctuent la vie des femmes.

Des femmes ici filmées à la manière d’Almodovar. Voilà, c’est ça ! Les Bonnes Manières, c’est un peu de l’esthétique d’Almodovar, sur un récit à la Jacques Tourneur

Parce que Les Bonnes Manières touche du doigt plusieurs réalités

Le bébé sublime et monstrueux de Juliana Rojas et Marco Dutra est une métaphore sociale.

Rien n’est à prendre au premier degré dans Les Bonnes Manières. Quelque part entre La Belle et la Bête, Le Bossu de Notre Dame et Les Misérables, le film pointe du doigt les tares de nos sociétés.

Celles qui hurlent directement à la monstruosité sans savoir, sans connaitre. Celles qui exilent les autres, ceux qui sont différents.

Parce que c’est cette question, précisément, que pose Les Bonnes Manières : qu’est ce que ça signifie, être différent sur un globe régi par des diktats en tous genres ?

Je le répète : Les Bonnes Manières est un film extrêmement métaphorique, où rien n’est à prendre au pied de la lettre.

C’est un objet à mille lectures, qu’il faut prendre le temps de considérer, de comprendre et de digérer.

Un film sur la maternité, sur la lutte des classes, sur les violences sexuelles, sur l’homosexualité et sur la différence.

Bref, Les Bonnes Manières, c’est un film novateur qui n’hésite pas une seule seconde et ose la modernité !

Parce que Les Bonnes Manières mélange les genres

Locarno, Gérardmer, 3 Continents, Rio, Biarritz, L’Étrange : nombreux sont les festivals a avoir été éblouis par l’audace de Juliana Rojas et Marco Dutra, qui n’en sont pas à leur coup d’éclat.

Les deux réalisateurs avaient déjà livré en 2012 le très beau Trabalhar Cansa, qui avait concouru à Un Certain Regard, compétition annexe du festival de Cannes.

Cette année, ils se jouent des repères habituels du cinéma, jonglant entre images de synthèses, récit intimiste, chansons incarnées, et deux-trois codes de l’horreur. Ils s’essayent à un cinéma d’un genre nouveau.

Alors, je ne vais pas te mentir. Les Bonnes Manières est un film étrange.

Mais c’est là tout son but : ne ressembler à aucun autre. Le mélange entre 3D et prises de vue réelles déconcerte. Les décors ont l’air faux, mais c’est pour mieux nous perdre quelque part entre rêve et réalité.

Pendant plus de deux heures, tu vas être bringuebalée d’émotion en émotion. Tu vas froncer les sourcils parfois, et souvent ouvrir les yeux très grands.

Les Bonnes Manières est un objet hybride, finalement, qui tisse entre ses mailles un peu de tout ce qui fait le merveilleux. Et qui le rend merveilleux.

Pour finir, j’ai envie de te donner un conseil : ne te laisse pas décourager par ses longueurs. Elles amènent une langueur indispensable au produit entier.

Et ne t’attends pas à des effets spéciaux à la Marvel. Tout simplement parce que ce film ne dispose pas du même budget, et qu’il n’a pas la même visée. Ici, on se fiche des explosions, des hélicoptères, des Lens Flares et autres pirouettes techniques.

Il y a autre chose qui frémit, dans Les Bonnes Manières. Une audace. Un souffle créatif.  Un cri strident, sous la pleine lune. Un conte fantastique sur l’amour maternel.

Et je vais conclure sur les paroles d’un film musical que tu as vu mille fois :

« L’homme est il un monstre ou le monstre un homme ? »

Les Bonnes Manières en cinémadZ

Ce conte fantastique a été diffusé en avant-première cinémadZ, le jeudi 8 mars. Voilà ce qu’en ont pensé les téléspectateurs :

L’Interview d’Isabél Zuaa et Marco Dutra

J’ai eu l’immense honneur de rencontrer le réalisateur Marco Dutra ainsi que son actrice principale Isabél Zuaa. Un moment privilégié que je suis ravie de partager avec toi. 

Les Bonnes Manières est sorti mercredi 21 mars au cinéma. Ne le rate pas !

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Commentaires
  • Pinceau_
    Pinceau_, Le 8 mars 2018 à 9h42

    @Polaire

    Spoiler: à propos de ton spoiler

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