Les anti héroïnes au cinéma

Un antihéros, comme son nom l’indique, c’est un personnage qui est l’antithèse de ce qu’on a coutume de considérer comme un héros. Entendre par là celui qui réunit toutes les qualités positives qu’on attribue traditionnellement à un personnage, que ce soit sur un plan moral, spirituel, physique, relationnel… L’antihéros, donc, va contre ce schéma-là. C’est […]

Les anti héroïnes au cinéma

Un antihéros, comme son nom l’indique, c’est un personnage qui est l’antithèse de ce qu’on a coutume de considérer comme un héros. Entendre par là celui qui réunit toutes les qualités positives qu’on attribue traditionnellement à un personnage, que ce soit sur un plan moral, spirituel, physique, relationnel… L’antihéros, donc, va contre ce schéma-là. C’est un personnage qui, sur ces mêmes plans, concentre des qualités négatives, décalées, hors du commun ; ou pas de qualité du tout. Mais comme son nom l’indique aussi, un antihéros a souvent quelque chose du héros, à sa façon, pour le spectateur en tout cas : parce qu’il est touchant, original, anticonformiste.

La plupart des antihéros marquants de l’histoire du cinéma sont des hommes. Ca ne fait pas de doute : il suffit de faire un petit tour sur Internet, et on trouve dans la plupart des cas des listes uniquement composées de personnages masculins. C’est vrai qu’il y en a qu’on n’oublie pas, comme Travis Bickle, Michael Corleone ou encore Alex, parmi d’autres (Taxi Driver, Le Parrain, Orange Mécanique). La seule femme qu’on trouve de temps en temps dans ces listes, c’est la protagoniste des Kill Bill de Tarantino.

Il suffit pourtant de regarder de près quelques films dressant des portraits de femme ou de personnages d’idiots pour voir que les femmes aussi peuvent avoir ce statut d’anti… héroïnes. Il y a dans le cinéma de quoi faire une typologie assez complète de ce genre de personnages, même s’ils ne semblent pas toujours avoir la stature des antihéros cités plus haut.

Comme les top dix qu’on trouve sur le net pour les personnages masculins, voici un petit aperçu, bien sûr non exhaustif, de ce que peut donner l’anti héroïne au cinéma. Il y a de tout, de la femme sans qualité à cent lieues des codes physiques ou de situation qu’on voit habituellement à l’amante criminelle, en pensant par la véritable monster

© TFM Distribution

11 : Barbara (Sexykiller de Miguel Marti, 2008) – Macarena Gomez
Sexykiller est une comédie délirante comme savent si bien les faire les Espagnols. Un peu trop délirante peut-être, mais elle a le mérite d’amuser grâce au personnage de Barbara, fashion victim survoltée et tueuse en série de longue date. Sur un remix techno de « Barbie Girl », la jeune femme assassine les uns après les autres tous les hommes qu’elle trouve sur son campus, qu’ils lui barrent la route… ou non.

10 : Dawn (Waitress de Adrienne Shelly, 2007) – Adrienne Shelly
Dans Waitress Dawn n’est pas la protagoniste, c’est un personnage effacé derrière celle qui est, à proprement parler, l’héroïne. Mais comme on sait que c’est la réalisatrice qui interprète ce rôle, on y prête d’autant plus attention ; et pas pour rien : Dawn est le personnage le plus savoureux du film. Sans doute pour éviter la complaisance qu’il y a parfois à se mettre en scène, la subtile Adrienne Shelly a eu la bonne idée de faire de son personnage une anti héroïne par excellence : banale, maladroite, sans qualité… mais c’est elle qui fait rire et marque tendrement les esprits.

09 : Nathalie (L’appât de Bertrand Tavernier, 1995) – Marie Gilain
L’appât c’est Nathalie, une idiote qui avec ses copains décide de séduire des hommes qu’ils pourront ensuite voler. Mais précisément Nathalie est idiote, c’est une pauvre fille, une fille sans qualité, un peu là par hasard, sans avoir jamais l’air d’être traversée par l’ombre d’une idée. De ce drame policier à la française, c’est bien Nathalie qu’on retient, et Marie Gilain dans ce qui est probablement son meilleur rôle.

08 : Alice (Les amants criminels de François Ozon, 1999) – Natacha Régnier
Alice est une jeune lycéenne dont s’est emmouraché Luc, jeune garçon un peu benêt. Pour qu’il lui prouve son amour, Alice va le pousser à assassiner un de leur copain, prétextant qu’il la violée. Le meurtre accompli, les deux jeunes s’enfuient ils ne savent trop où, avant d’être capturés dans un bois par une sorte d’ermite qui semble décidé à les torturer. Avec la misogynie qu’on lui connaît, Ozon s’amuse à liguer Luc avec son bourreau, faisant du personnage d’Alice la salope par excellence. C’est bien comme ça qu’elle finit par gagner notre affection…

 

07 : Lourdes (Le crime Farpait de Alex de la Iglesia, 2005) – Monica Cervera
Moche et machiavélique : telle est Lourdes, protagoniste de la dernière comédie d’Alex de la Iglesia, Espagnol célèbre pour ses réalisations délirantes. Lourdes est précisément si moche que pour conquérir son chef de rayon, elle n’a qu’une solution : le faire chanter. Par chance, elle est témoin du meurtre que celui-ci commet par accident et saute sur l’occasion pour l’obliger à se marier avec elle. Exacte antithèse de la femme fatale hollywoodienne, Lourdes conquiert les cœurs en faisant rire : catastrophe ambulante, femme repoussante par excellente, elle est à l’origine de toutes les scène drôles du film, notamment dès lors qu’elle se met en couple avec le tombeur du grand magasin.

06 : Marcha Beck (Les tueurs de la lune de miel de Leonard Kastle, 1970) – Shirley Stoler
Le couple d’amants criminels le plus anticonformiste et le plus marquant, c’est sans aucun doute celui de The Honeymoon Killers, avec Marcha Beck à sa tête. Folle d’amour pour son compagnon Ray, elle s’associe avec lui pour un stratagème assassin : faire chavirer des femmes riches et les tuer après mariage. Si Ray n’a rien d’un enfant de chœur, c’est Marcha la diabolique, la passionnée, qui pousse le plan jusqu’au meurtre et, par là, envoûte son amant pour toujours.

05 : Angie (It’s a free world de Ken Loach, 2008) – Kierston Wareign
C’est du côté de la politique que la jeune femme mise en scène par Ken Loach dans son dernier film est une anti héroïne. Au chômage, elle décide de créer sa propre agence de recrutement, avec cette spécificité que tous les travailleurs qu’elle emploie sont sans-papiers. Sans pitié pour ceux qu’elle a en face d’elle, Angie n’a qu’une idée : se débrouiller pour se faire une place.

04 : Bonnie (Bonnie and Clyde d’Arthur Penn, 1967) – Faye Dunaway
Dans la liste des principaux antihéros masculins au cinéma il y a bien sûr le Clyde Barrow d’Arthur Penn et Warren Beatty. Mais Clyde ne va pas sans Bonnie : loin d’être à l’ombre de son amant, l’anti héroïne se dresse avec lui comme symbole de la révolte à une époque où le cinéma nord-américain ouvre grand ses portes à la contre-culture.

03 : Aileen (Monster de Patty Jenkins, 2004) – Charlize Theron
A sa sortie, Monster a marqué les esprits car son actrice principale, Charlize Theron, a accepté pour le rôle de s’enlaidir nettement. Si on laisse de côté cette anecdote de peu d’intérêt, reste qu’Aileen, protagoniste et tueuse en série, est une figure marquante et originale. Anti héroïne, elle l’est à 100% : parce qu’elle tue, et parce que c’est pour se défendre dans cette jungle qu’est sa vie. Cassée par un monde trop sauvage, elle appelle sans aucun doute l’affection.

02 : Mallory Knox (Tueurs nés de Oliver Stone, 1994) – Juliette Lewis
Dans la catégorie amants criminels, je demande les plus siphonnés de tous : Mickey et Mallory Knox. Fous amoureux l’un de l’autre dès la première minute, ce couple de frapadingues entame une longue série de meurtres par les parents de la jeune femme ; et même la prison ne parviendra pas à les séparer l’un de l’autre, pas plus qu’elle ne les coupera de leur folie criminelle. Pourquoi sont-ils aussi déjantés ? Mais parce qu’ils ont souffert dans leur enfance bien sûr… Si Tueurs nés est un peu lourdingue, le moins qu’on puisse dire est que Mallory Knox est une anti héroïne comme on en fait peu : aussi surexcitée que détestable.

01 : Varla, Rosie & Billie (Faster, Pussycat ! Kill ! Kill ! de Russ Meyer, 1985) – Tura Satana, Haji et Lori William
La première place revient sans hésitation aux trois sauvages du jouissif Faster, Pussycat ! Kill ! Kill ! Inoubliables dans chacune des scènes du film, ces amazones pros de la baston et des courses de voiture s’en prennent à tous ceux qu’elles trouvent sur leur passage, bien souvent de vulgaires pleurnichards un peu pervers. Grande source d’inspiration pour Tarantino, le moins misogyne de tous nos bons vieux réalisateurs, ce classique ne va d’ailleurs pas tarder à être remis au goût du jour… par Tarantino lui-même.

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