L’entrée en littérature de Balzac

Pondu par Morpheen le 12 novembre 2008  

Au delà du tremplin communicationnel apporté par la presse, le romancier s’est véritablement servi de son expérience acquise dans le milieu journalistique pour s’imposer dans un style nouveau, pour orienter et enrichir ses œuvres.
Un projet qui se rapproche presque de l’encyclopédie humaine puisqu’il décrit des effets sociaux pour en expliquer les causes. Balzac devient ainsi le « romancier des mœurs ».
Illusions perdues, qu’il nomme lui même « l’œuvre dans l’œuvre », retrace magnifiquement le parcours de deux amis, Lucien et David, respectivement auteur et imprimeur au début du XIXème siècle. Le roman, particulièrement Un grand homme de province à Paris, permet de mesurer la densité et la diversité du monde de La Comédie humaine.
En plus d’être talentueux notre écrivain était modeste. Ainsi, en 1833, il ne manquait pas de signaler, entre sérieux et ironie : « Saluez moi, je suis tout bonnement entrain de devenir un génie ». Ainsi soit-il.
En l’espace de 20 ans, Balzac rédigera plus de 90 romans.

Finalement l’homme de lettres aura dédié sa vie à son œuvre ainsi qu’à la construction de son identité littéraire, aujourd’hui amplement fondée.
Mort à l’âge de 50 ans, Victor Hugo disait de lui : « il entre le même jour dans la gloire et le tombeau ». Une chose est sûre, l’entrée en littérature de Balzac fut pour le moins laborieuse mais, comme nous pouvons le constater, elle porta ses fruits jusqu’à nous régaler, nous, lectrices du XXIème siècle.

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Les 4 dernières réactions à cet article

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  1. Gustave Gustave

    Le 14/11/2008 à 12h44

    Il me paraît intéressant de nuancer quelque chose ici : la vocation d'écrivain de Balzac n'a pas été aussi ferme et précoce que cela semble suggéré dans l'article. En réalité, à ses débuts, écrire des romans était pour Balzac plus une déchéance que l'aboutissement de sa carrière... Il l'a fait seulement parce qu'il a constaté que cela lui permettait de recouvrir les dettes accumulées pendant sa carrière d'éditeur/imprimeur, et parce que ce monsieur au grand égo voulait sa gloire à lui tout seul et ne voyait que "cet ignoble moyen". Dans ses correspondances (une lettre à sa soeur Laure vers 1820, si je ne me trompe pas), il dit texto : "Devenir riche à coups de romans, quelle chute !". Bien sûr, très vite, il retourne complètement sa veste au sujet de ce genre "roturier", comme disait Baudelaire, et contribue sans conteste à en faire le genre-roi du XIXème siècle. Mais c'est toujours amusant de voir combien la perception des oeuvres qui nous paraissent des chefs d'oeuvre a pu être différente, même chez leurs auteurs eux-mêmes.
  2. Morpheen Morpheen

    Le 14/11/2008 à 14h31

    Merci pour cette précision
    Il est vrai que ses débuts d'écrivain étaient intéressés. Je suis peut-être plus axée sur l'entrée en littérature qui succède à son expérience journalistique... Enfin, il a passé à ses débuts pas mal de mois enfermé dans une mansarde pour écrire plusieurs oeuvres : une pièce de théâtre, un roman; toutes ratées et écrites sous plusieurs pseudonymes (il les qualifie de "cochonneries littéraires" mais il n'en reste pas moins qu'écrire était son choix) et ce, alors qu'il hésite entre plusieurs voies, notamment celle de l'imprimerie. Il se lance ensuite dans une carrière d'éditeur puis d'imprimeur; carrières qui connaissent toutes deux un échec retentissant et le couvrent de dettes ce pour quoi il se retourne vers la littérature. Donc un pari intéressé comme tu dis mais n'ayant pas reçu le succès escompté il choisit de se diriger vers le journalisme dans le but de ne pas renoncer à la littérature.... Veste retournée assez vite donc mais c'est intéressant de savoir, qu'à ses débuts, devenir riche en vendant des livres était pour lui une honte dans la mesure où à cette époque vendre des bouquins n'était vraiment pas chose aisée! Comme quoi...
  3. Gustave Gustave

    Le 14/11/2008 à 15h02

    Citation:
    Posté par Morpheen Voir le message
    Veste retournée assez vite donc mais c'est intéressant de savoir, qu'à ses débuts, devenir riche en vendant des livres était pour lui une honte dans la mesure où à cette époque vendre des bouquins n'était vraiment pas chose aisée! Comme quoi...
    Je crois que c'était tout simplement l'air du temps qui voulait qu'il ait honte d'écrire et surtout de publier sous son nom, non seulement des bouquins, mais en plus, des romans ! Heureusement que lui et d'autres ont décidé de secouer un peu l'arbre.
  4. Stiletto Stiletto

    Le 14/11/2008 à 16h16

    Un de mes prof nous a un jour fait cette réflexion : "Balzac écriavit ses romans à la va vite car il était payé à la ligne et plus il en faisait vite mieux c'était".

    Il était qaund même couvert de dettes et c'est pour cette raison qu'il écrivait surtout. Et je ne sais pas si vous aviez déjà fait attention à cela mais ça se remarque très vite cette rapidité de lecture dans sa manière d'écrire.. Surtout lorsque les personnages parlent, essayez de compter les "s'écria Madame ..."
  5. Morpheen Morpheen

    Le 14/11/2008 à 18h02

    Citation:
    Posté par [b]Melle88;870463]Un de mes prof nous a un jour fait cette réflexion : "Balzac écriavit ses romans à la va vite car il était payé à la ligne et plus il en faisait vite mieux c'était".
    Elle faisait allusion aux romans feuilletons et à l'époque où il rédigeait des articles non?
    Citation:
    Posté par Melle88[/b
    il était qaund même couvert de dettes et c'est pour cette raison qu'il écrivait surtout. Et je ne sais pas si vous aviez déjà fait attention à cela mais ça se remarque très vite cette rapidité de lecture dans sa manière d'écrire.. Surtout lorsque les personnages parlent, essayez de compter les "s'écria Madame ..."
    Il est clair que Balzac écrivait vite (il y avait aussi souvent lieu à de nombreux remaniements) : de 1831 à 1836 il rédige sept romans je crois. Il n'empêche que je trouve un peu réducteur et vite résumé de se cantonner dans l'idée qu'il écrivait surtout pour rembourser ses dettes. Comme je l'ai dit, à ses débuts il choisit d'être écrivain pour ne pas suivre la carrière que son père lui dédiait. Ca ne marche pas, il se tourne vers d'autres domaines (tous quand même en rapport avec la littérature) pour y revenir par intérêt. Une fois tourné vers le journalisme il déclare "la librairie est morte il n'y a plus de ressources pour moi que dans les journaux". On voit bien qu'il désire gagner sa croûte mais il cherche aussi à se faire un nom et à acquérir une identité littéraire. Le journal lui a donné des idées et ouvert de nouvelles perspectives qui ont donné à son retour en littérature une autre tonalité et un but nouveau : La Comédie humaine par exemple est un projet (dont l'écriture s'échelonne sur de nombreuses années) qui ressemble à celui des journaux contemporains : "rendre lisible une totalité sociale perçue comme décomposée, notamment par la fracture révolutionnaire". Son ambition était bien de peindre la société qui l'entourait et non surtout de remplir sa bourse au moyen de n'importe quel roman bâclé à la va vite parce qu'"il le fallait"....

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