L’entrée en littérature de Balzac

Pondu par Morpheen le 12 novembre 2008  

Est-il nécessaire de présenter Balzac ? Je n’en suis pas sûre. Et pourtant malgré l’intérêt que génère les œuvres de l’auteur, la personnalité d’Honoré et ses débuts dans le monde des lettres semblent inconnus de beaucoup. Voici donc un petit topo sur l’entrée en littérature de Balzac.

Honoré de Balzac, né Honoré Balssa

Rapidement quelques faits incontournables : prenons sa naissance. Honoré Balssa (nommé Honoré de Balzac, c’est bien plus chic) est né le 20 mai 1799 à Tours.
Bref aparté histoire de situer le bonhomme qui, on le constate, appartenait moins au XVIIIème siècle, si ce n’est par son année de naissance, qu’au XIXème. Qui dit XIXème siècle en littérature entend résonner le son du courant littéraire réaliste arrivé en France aux alentours de 1850.
Honoré n’échappe pas à la règle et est considéré comme l’un des plus grands romanciers français réalistes ; mais pas seulement. Il est également romantique, mystique, poétique et philosophe. Rien que ça. Seulement notre homme avant de briller aujourd’hui du fond de sa tombe de tout l’éclat de ses œuvres a connu quelques débuts difficiles, et c’est bien ce sur quoi nous allons nous pencher.

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Les 10 dernières réactions à cet article

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  1. Le 14/11/2008 à 12h44

    Il me paraît intéressant de nuancer quelque chose ici : la vocation d'écrivain de Balzac n'a pas été aussi ferme et précoce que cela semble suggéré dans l'article. En réalité, à ses débuts, écrire des romans était pour Balzac plus une déchéance que l'aboutissement de sa carrière... Il l'a fait seulement parce qu'il a constaté que cela lui permettait de recouvrir les dettes accumulées pendant sa carrière d'éditeur/imprimeur, et parce que ce monsieur au grand égo voulait sa gloire à lui tout seul et ne voyait que "cet ignoble moyen". Dans ses correspondances (une lettre à sa soeur Laure vers 1820, si je ne me trompe pas), il dit texto : "Devenir riche à coups de romans, quelle chute !". Bien sûr, très vite, il retourne complètement sa veste au sujet de ce genre "roturier", comme disait Baudelaire, et contribue sans conteste à en faire le genre-roi du XIXème siècle. Mais c'est toujours amusant de voir combien la perception des oeuvres qui nous paraissent des chefs d'oeuvre a pu être différente, même chez leurs auteurs eux-mêmes.
  2. Le 14/11/2008 à 14h31

    Merci pour cette précision
    Il est vrai que ses débuts d'écrivain étaient intéressés. Je suis peut-être plus axée sur l'entrée en littérature qui succède à son expérience journalistique... Enfin, il a passé à ses débuts pas mal de mois enfermé dans une mansarde pour écrire plusieurs oeuvres : une pièce de théâtre, un roman; toutes ratées et écrites sous plusieurs pseudonymes (il les qualifie de "cochonneries littéraires" mais il n'en reste pas moins qu'écrire était son choix) et ce, alors qu'il hésite entre plusieurs voies, notamment celle de l'imprimerie. Il se lance ensuite dans une carrière d'éditeur puis d'imprimeur; carrières qui connaissent toutes deux un échec retentissant et le couvrent de dettes ce pour quoi il se retourne vers la littérature. Donc un pari intéressé comme tu dis mais n'ayant pas reçu le succès escompté il choisit de se diriger vers le journalisme dans le but de ne pas renoncer à la littérature.... Veste retournée assez vite donc mais c'est intéressant de savoir, qu'à ses débuts, devenir riche en vendant des livres était pour lui une honte dans la mesure où à cette époque vendre des bouquins n'était vraiment pas chose aisée! Comme quoi...
  3. Le 14/11/2008 à 15h02

    Citation:
    Posté par Morpheen Voir le message
    Veste retournée assez vite donc mais c'est intéressant de savoir, qu'à ses débuts, devenir riche en vendant des livres était pour lui une honte dans la mesure où à cette époque vendre des bouquins n'était vraiment pas chose aisée! Comme quoi...
    Je crois que c'était tout simplement l'air du temps qui voulait qu'il ait honte d'écrire et surtout de publier sous son nom, non seulement des bouquins, mais en plus, des romans ! Heureusement que lui et d'autres ont décidé de secouer un peu l'arbre.
  4. Le 14/11/2008 à 16h16

    Un de mes prof nous a un jour fait cette réflexion : "Balzac écriavit ses romans à la va vite car il était payé à la ligne et plus il en faisait vite mieux c'était".

    Il était qaund même couvert de dettes et c'est pour cette raison qu'il écrivait surtout. Et je ne sais pas si vous aviez déjà fait attention à cela mais ça se remarque très vite cette rapidité de lecture dans sa manière d'écrire.. Surtout lorsque les personnages parlent, essayez de compter les "s'écria Madame ..."
  5. Le 14/11/2008 à 18h02

    Citation:
    Posté par Melle88 Voir le message
    Un de mes prof nous a un jour fait cette réflexion : "Balzac écriavit ses romans à la va vite car il était payé à la ligne et plus il en faisait vite mieux c'était".
    Elle faisait allusion aux romans feuilletons et à l'époque où il rédigeait des articles non?
    Citation:
    Posté par Melle88 Voir le message
    il était qaund même couvert de dettes et c'est pour cette raison qu'il écrivait surtout. Et je ne sais pas si vous aviez déjà fait attention à cela mais ça se remarque très vite cette rapidité de lecture dans sa manière d'écrire.. Surtout lorsque les personnages parlent, essayez de compter les "s'écria Madame ..."
    Il est clair que Balzac écrivait vite (il y avait aussi souvent lieu à de nombreux remaniements) : de 1831 à 1836 il rédige sept romans je crois. Il n'empêche que je trouve un peu réducteur et vite résumé de se cantonner dans l'idée qu'il écrivait surtout pour rembourser ses dettes. Comme je l'ai dit, à ses débuts il choisit d'être écrivain pour ne pas suivre la carrière que son père lui dédiait. Ca ne marche pas, il se tourne vers d'autres domaines (tous quand même en rapport avec la littérature) pour y revenir par intérêt. Une fois tourné vers le journalisme il déclare "la librairie est morte il n'y a plus de ressources pour moi que dans les journaux". On voit bien qu'il désire gagner sa croûte mais il cherche aussi à se faire un nom et à acquérir une identité littéraire. Le journal lui a donné des idées et ouvert de nouvelles perspectives qui ont donné à son retour en littérature une autre tonalité et un but nouveau : La Comédie humaine par exemple est un projet (dont l'écriture s'échelonne sur de nombreuses années) qui ressemble à celui des journaux contemporains : "rendre lisible une totalité sociale perçue comme décomposée, notamment par la fracture révolutionnaire". Son ambition était bien de peindre la société qui l'entourait et non surtout de remplir sa bourse au moyen de n'importe quel roman bâclé à la va vite parce qu'"il le fallait"....

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