Cinq légendes débiles sur la sexualité

La sexualité est auréolée de nombreuses légendes, dont la plupart sont complètement crétines. En voici un petit échantillon.

Cinq légendes débiles sur la sexualité

Le sexe est constamment mystifié dans notre société : il est le premier sujet de sources de conseils de magazines et spécialistes en tout genre. Après tout, ça peut se comprendre : beaucoup ont envie de prendre leur pied jusqu’aux genoux. Alors parfois, il arrive qu’on se laisse aller, qu’on y mette un peu moins d’esprit critique, et on gobe potentiellement des clichés complètement cons sortis de nulle part.

Main moite dans la main avec toi, j’ai choisi de revenir sur les plus saoulants d’entre eux.

Légende fictive #1 : les femmes avec des plumes dans les cheveux ont l’anus naturellement lubrifié.

Les moches baisent mieux

Depuis quelques semaines, les articles et messages parlant du fait que les filles répondant moins aux canons de beauté que les autres seraient de meilleurs coups pullulent sur Internet. Ça me prend la tête dans un étau et c’est probablement le cliché qui me gonfle le plus DE TOUS, et de loin.

L’idée de cette réflexion moisie comme un vieux Roquefort (mais sans la qualité gustative), c’est que les filles moins jolies auraient tendance à compenser leur faiblesse attractive par une efficacité sexuelle décuplée. Autrement dit, plus t’es moche mieux tu suces/lèches parce qu’après tout, faut bien que t’aies une qualité.

Ça n’a pas de sens, pour plein de raisons : de un, « définis moche », parce que l’universalité de l’attirance est un leurre. De deux, « non en fait définis rien, c’est insultant et nul, et on peut autant se passer de ton jugement que d’un tweet de Christine Boutin » (pardon Christine, sans rancune). De trois, « compense toi-même eh troudbal ! ».

Sérieusement, parler de compensation quand il s’agit du sexe, c’est aller loin, loiiiin du principe de positivisme sexuel. Qu’on s’amuse tous, qu’on intellectualise rien, et tout devrait bien se passer.

Le positivisme sexuel, c’est la vie. Le jugement débile et les affirmations sans preuve sur une réflexion qui n’a pas lieu d’exister, c’est pourri.

Légende fictive #2 : Les filles qui portent des bonnets ne font l’amour que devant La petite sirène

Les rousses puent de la chatte

Désolée : j’en fais ici une affaire personnelle et j’en suis bien consciente. Quand j’étais au collège et qu’on me posait la question, je répondais toujours, bien évidemment, que non, pas plus que les autres. Inévitablement, on me lançait alors « Bah comment tu sais t’as déjà senti au moins ? », avec plein de ricanements débiles.

Alors peut-être qu’une rousse qui ne se lave que trois fois par an va un peu plus sentir le renfermé qu’une blonde à l’hygiène quotidienne, soit. C’est pas faux.

Je pense que cette idée à la con a été lancée par un mec qui venait de mettre le nez dans l’appareil génital d’une dame aux cheveux oranges qui revenait d’une journée passée à labourer les champs et qu’il s’est dit « Tiens. Ça sent moins la violette que la brune que j’ai visité l’autre fois ».

Ce que ce monsieur ne savait pas, c’est que cette brune dont il appréciait l’odeur s’asperge l’intimité d’eau de Cologne avant chaque rapport. Depuis, la peau sensible de cette partie de son anatomie part en lambeaux et ses poils sentent le roussi, rapport au pouvoir irritant de ce parfum.

Cette interrogation qui revenait régulièrement m’a fortement marquée : j’ai réalisé combien les légendes urbaines se répandaient rapidement et à quel point elles étaient débiles. Clairement, ça m’a forcée à douter assez tôt de ce genre de rumeurs infondées.

Légende fictive #3 : Les femmes qui portent leur prénom en pendentif sont allergiques au sperme, à la cyprine, au latex et aux poils.

Baiser rend beau

Ah ? Ok. Alors je sais pas, peut-être que ça rend heureux quand c’est bien fait, mais affirmer sans nuance que « baiser rend beau », c’est tout de même ne jamais avoir croisé son reflet dans le miroir après avoir fait du sexe une grosse partie de la nuit.

D’ailleurs, excuse-moi, mais si faire du sexe rend beau, comment vont faire ceux qui pensent que seules les filles moins jolies sont vraiment douées au lit ?

Les hommes sont plus demandeurs de sexe que les femmes

Arrêtez, j’ai mal, je peux plus respirer, je veux tout casser.

Il ne faut jamais réaliser ses fantasmes

Cette affirmation, que j’ai lue dans plein de magazines pour adolescentes, me chafouine beaucoup. Ça m’attriste à peu près autant que les assiettes pour enfants sur lesquelles on peut lire « On ne sauce pas son assiette » — parce que récupérer le reste du jus avec du pain, autrement dit, donc, « saucer », c’est la vie (retire une lettre de cette phrase et elle ne s’applique plus du tout aux enfants).

J’avoue qu’il y a quelques fantasmes qui ne peuvent pas se réaliser, parce que c’est techniquement impossible (oui : pour l’instant, faire l’amour dans l’espace n’est pas encore vraiment démocratisé) ou illégal (par exemple, si cette dame dans la rue dit non c’est que c’est non, n’est-ce pas).

L’argument principal, c’est que ce serait triste de ne plus avoir de fantasmes — ce à quoi je répondrais qu’on peut toujours réfléchir pour en trouver d’autres, on n’est pas monomaniaques non plus — mais surtout qu’ils peuvent décevoir.

Imaginons : un jour, ta moitié te dit « je rêve de te mettre deux doigts pendant un saut en parachute ». Après quelques semaines de réflexion, tu réalises que tu n’es clairement pas indifférente à cette idée. Tu te dis que ça nécessitera peut-être un peu de préparation psychologique, et qu’il vaudra mieux demander la permission à vos accompagnateurs, mais pourquoi pas.

Oui mais voilà : une fois sur place, ça ne se passe pas comme prévu, vous vous prenez les mains dans les fils et le professionnel censé ouvrir le parachute, même s’il s’y attendait, oublie de faire son job. Vous mourez, et c’est triste.

Mais ça peut aussi être encore mieux que dans vos rêves. Ça peut être tellement bien qu’après vous ouvrirez ensemble, en couple, votre propre entreprise de saut en parachute avec les doigts. On sait pas.

Ça peut être moins bien que dans sa tête, donc, mais ça peut être encore mieux aussi.

Et toi, quels sont les clichés sur la sexualité qui te donnent envie de donner des coups dans les murs ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Blue-is-the-warmest-colour
    Blue-is-the-warmest-colour, Le 8 juillet 2014 à 3h12

    C'est article date un peu, mais merci beaucoup, il m'a fait vraiment rire !
    L'humour un peu glauque et un peu déplacé, c'est ce que je préfère :paillettes:

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