Le Temps des femmes (Ignacio Martinez de Pison)

Aux Editions du RocherLe Temps des femmes débute dans un décor kitch, à la fin des années 70. Tous les clichés de la famille moyenne sont réunis : les vacances en caravane, les rouflaquettes de l’oncle et, surtout, les trois soeurs à des stades différents de l’adolescence, avec leurs caractères et leurs préoccupations. Une manière […]

Le Temps des femmes (Ignacio Martinez de Pison)

Aux Editions du Rocher
Le Temps des femmes débute dans un décor kitch, à la fin des années 70. Tous les clichés de la famille moyenne sont réunis : les vacances en caravane, les rouflaquettes de l’oncle et, surtout, les trois soeurs à des stades différents de l’adolescence, avec leurs caractères et leurs préoccupations.

Une manière différente de raconter l’ordinaire

Ce sont elles, Maria, Carlota et Paloma qui seront les protagonistes de l’histoire, et se chargeront de la raconter avec chacune leur sensibilité. A chaque nouveau chapitre, c’est une autre qui prend la plume et va plus loin dans l’histoire, ou revient sur un événement qui l’a marquée. Et le lecteur est comme un spectateur ou un confident privilégié, puisque les trois récits croisés ne seront jamais confrontés, nous laissant le soin de recouper les histoires.

Tout au long du premier chapitre, la parole est laissée à Maria, l’aînée des trois soeurs, afin qu’elle mette en place le décor. Elle explique comment sa mère s’est retrouvée veuve, et décrit les premiers temps de cette nouvelle vie sans homme que toutes ont accepté comme étant "le cours des choses". Maria parle d’elle, de son étiquette "d’intelligente" qui lui colle à la peau. Elle présente ensuite ses soeurs, Carlota "qui veut fonder une famille depuis qu’elle a 15 ans", et Paloma, "la jolie petite princesse", qui se fait traiter de pute tous les jours sur le mur en face de la maison. Et puis elle décrit sa mère, cette femme qui se rend compte un peu tard que finalement, elle a du mal à prendre du recul par rapport à la vie qui ne l’épargne pas…

Trois soeurs qui vivent sans reprendre leur souffle…

Maria, Carlota et Paloma décrivent leur vie chacune leur tour et nous permettent d’entrer dans leurs pensées, de comprendre les choses avec un angle plus large. En lisant Le Temps des femmes, on se dit qu’il serait pratique d’avoir ce genre de recul dans la vraie vie… Parce que c’est précisément la conclusion qu’on fait en arrivant à la fin du roman : si ces filles là avaient eu ce recul, elles auraient peut être moins eu de peine à vivre leur adolescence.

Le Temps des femmes, c’est aussi différentes visions de l’amour. Le roman se déroule de 1979 à 1982, une période pas si longue où surviennent pourtant une somme d’événements plus ou moins communs, qui marquent ceux qui les vivent. Les trois soeurs font connaissance chacune différemment avec l’amour, en l’assimilant qui au sexe, qui à la maternité, qui à la sécurité… Le seul point commun entre les trois, c’est leur attirance pour les hommes plus âgés, un peu pour rester fidèle au souvenir de leur père. La particularité de leur relation à l’amour, c’est qu’elle ne se culpabilisent pas, défiant en quelque sorte le lecteur de juger leurs relations. Comme une sorte d’avertissement, qui dirait "je fais ce que je peux, ok ?…".

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Zack
    Zack, Le 27 juin 2008 à 1h27

    Ton article m'a bien plu, ça me tenterai de mettre la main sur ce livre (quand j'aurai terminer ma pile sans fin de livres à livre!)

    Et HS total, mais je crois que ce sujet est en doublon.

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