On ne peut penser à Elsa sans penser à Aragon, tout comme on ne peut lire Elsa sans lire Aragon. Et vice versa.
La première nouvelle de ce recueil est intitulée Les Amants d’Avignon. Publiée clandestinement pendant l’Occupation, elle nous raconte le quotidien de Juliette ou Rose selon les jours, car résistante. Les premiers mots nous jettent dans les pages de son histoire sans que l’on ne sache grand-chose sur elle, on ne fait que la suivre de manière presque voyeuriste. 
La seconde nouvelle, La Vie privée, nous dévoile l’intimité d’un peintre. Alexis Slavsky a quelques appréhensions à propos de son nom, de son ascendance, alors il se cache, avec sa femme Henriette, tant bien que mal aux quatre coins de la France. Des personnages d’une simplicité presque trop surprenante en qui on se reconnaît forcément. On s’attache énormément à leur quotidien normal, comment manger et que peindre, et la centaine de pages s’écoule trop vite.
La troisième nouvelle, Cahiers enterrés sous un pêcher, reprend le journal intime d’une amie d’Alexis, Louise. Son enfance entre Paris et Moscou, ses actions dans la Résistance, sa découverte des maquis, avec une fluidité qui fait engloutir les pages sans même les compter. Â
Enfin la dernière nouvelle, Le premier accroc coûte deux cents francs, ne comporte ni personnage ni lieu, n’est que des mots jetés en vrac aux alentours du débarquement et des rumeurs inhérentes, une ville un peu fantomatique, une excitation perceptible.
Le titre du recueil, d’ailleurs, fut la phrase prononcée à la radio de Londres pour annoncer le débarquement le 6 juin 1944. Un recueil qui fut Prix Goncourt en 1944. On se mêle d’histoire de guerre et de politique, on observe ces résistants dans leur intimité, et on n’a plus envie ensuite de les quitter.











Le 29/03/2006 Ã 18h50
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