La libellule de ses huit ans (Martin Page)

« Elle avait pris très tôt l’habitude de ne rien faire pour prouver qu’elle existait, en conséquence bien peu de personnes s’en étaient rendu compte. » Fio Regale est une jeune fille que la vie a baladé de ci de là, lui ôtant ses proches au passage avant de la déposer dans un quotidien sans prétention. L’auteur […]

« Elle avait pris très tôt l’habitude de ne rien faire pour prouver qu’elle existait, en conséquence bien peu de personnes s’en étaient rendu compte. »

Fio Regale est une jeune fille que la vie a baladé de ci de là, lui ôtant ses proches au passage avant de la déposer dans un quotidien sans prétention. L’auteur entoure son héroïne discrète d’un univers étrange et pourtant criant de vérité humaine, dans lequel elle participe à des Soirées toxiques, habite un immeuble où elle est seule locataire et possède un animal de compagnie qu’elle n’a jamais vu. Une personne comme il y a tant de quelqu’un, avec un passé bancal, ses questionnements, perdue sans l’être vraiment.

Pour gagner sa vie, convaincue que chacun a quelque chose à cacher, Fio envoie à des célébrités des lettres de menaces dans lesquelles elle promet de taire en échange d’une rançon des secrets qu’elle ne connait pas. La peinture fait partie du piège, et pour éviter qu’on ne la remarque Fio peint le temps que dure l’attente le lieu de rendez-vous, récupère son argent, et s’en va.

Prétexte à la discrétion, ses toiles finissent par attirer l’attention et la propulsent malgré elle dans le monde de l’art. Petit à petit, on la présente, on l’habille, on la montre, on l’imagine, ses tableaux font parler et la rendent prisonnière de ce que d’autres font d’elle. Fio semble distanciée de tout, ni mal ni bien, elle vit comme viennent les choses et contemple les évènements qui lui arrivent avec un étonnement naïf de pourquoi moi ? Elle subit un bonheur que des gens lui ont imaginé, bouleversant ses habitudes tranquilles, quelque chose d’un peu trop grand pour elle qui la perd dans des tourbillons de vie qui ne lui correspondent pas.

Né en 1975, Martin Page est notamment l’auteur de Comment je suis devenu stupide et d’Une parfaite journée parfaite.

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