Ju-on (The Grudge)

Beaucoup d’entre vous ont certainement vu le remake tout pourri de Ju-on sorti sous le nom de The Grudge aux Etats-Unis. Avec Sarah Michelle Gellar dedans qu’a une main qui sort de ses cheveux plein de shampooing et tout. Nul, hein ? Ouais bah c’est le problème des remakes américains, qui ont tendance à tout […]

Ju-on (The Grudge)

Beaucoup d’entre vous ont certainement vu le remake tout pourri de Ju-on sorti sous le nom de The Grudge aux Etats-Unis. Avec Sarah Michelle Gellar dedans qu’a une main qui sort de ses cheveux plein de shampooing et tout. Nul, hein ? Ouais bah c’est le problème des remakes américains, qui ont tendance à tout passer au gloss et aux paillettes, ce qui rend le film ridicule alors qu’il était censé faire faiblir ta vessie. Sauf que là, le remake a lui aussi été réalisé par Takashi Shimizu. Allez bim, ramasse tes dents toi râleuse professionnelle qui s’apprêtait à hurler contre un réalisateur américain inconnu et blasphémateur (en vrai c’est à moi que j’m’adresse là).
Bon alors, pour quoi allons nous remercier Mr. Shimizu : son original, le remake, ou rien du tout ?

Comme pour tout bon film d’horreur japonais (enfin, asiatique de manière générale), l’histoire de Ju-on est compliquée. Je sais pas pourquoi, mais les réalisateurs asiatiques prennent un malin plaisir à retourner nos pauvres cerveaux d’occidentaux habitués à recevoir du pré-mâché à tous les repas. Bien fait pour nous. Je défie quiconque de pouvoir m’expliquer ce qui se passe exactement dans le film sud-coréen 2 Soeurs de Kim Jee-Woon, par exemple. Bref, je m’égare.

J’en reviens donc aux origines, le tout premier film : Ju-on: The Curse, sorti au Japon en 2000 sans passer par la case ciné. Le film se divise en sept chapitres, se focalisant chacun sur un des personnages de l’histoire. Le premier chapitre, Toshio, s’ouvre sur un enseignant inquiet de ne plus voir un de ses élèves en cours. Ne parvenant pas à joindre la famille du gamin (le fameux Toshio), il décide de se rendre directement chez eux dans l’espoir de trouver une explication à tout ça. Or, il ne trouve que Toshio, seul et couvert de bleus et blessures diverses, dans une maison qui ressemble plus à un squat qu’à un doux foyer. Le chapitre se ferme sur une image inquiétante et hop, on passe au suivant. Le deuxième chapitre se déroule quelques temps après l’incident du premier, puisque la maison de Toshio est désormais habitée par d’autres gens, et que cette fois elle ressemble à une vraie maison et pas à une décharge publique. Et l’invasion des fantômes à cheveux longs, noirs et gras commence…

Le truc, c’est qu’on voit tout de suite que le film a été fait avec un budget avoisinant les 12€, et si vous voulez mon avis, c’est tant mieux. C’est le gros plus des films asiatiques, ce côté authentique et donc deux fois plus flippant, qu’on ne retrouve pas chez nos amis les ricains qui blindent leurs films de CGI et d’éclairages bidons pour ajouter à l’ambiance, sauf qu’en fait ça peut vite tout gâcher. Dans Ju-on, t’as juste l’impression que Takashi s’est pointé avec sa petite caméra avec une bande d’acteurs amateurs pour boucler son truc en trois jours. Et comme quoi même dans le plus lointain des films on peut retrouver des visages connus : celle qui joue le rôle de Mizuho n’est autre que Chiaki Kuriyama (ouais je sais, ça vous aide vachement), qui a joué non seulement dans Battle Royale mais également dans Kill Bill Volume 1, dans le rôle de Gogo Yubari, la garde du corps tarée de O-Ren Ishii (Lucy Liu). Sans dec’ les mecs, le monde est petit.

Bon alors d’accord, des effets spéciaux pourris, y en a aussi dans celui-là, et un peu plus de budget maquillage n’aurait pas fait de mal au tout, mais je vous parlais plus haut de vessies qui faiblissent, et là j’en ai eu pour mon grade. Si la lenteur typiquement asiatique du film peut en décourager certains, soyez assurées que la patience des autres sera récompensée. Enfin, aussi mal foutue soit-elle, la scène de la gamine sans mâchoire a vite gommé mon sourire arrogant, j’faisais pas trop la fière après ça. Mais la plupart des scènes flippantes n’ont pas besoin de CGI pour faire leur effet, elles sont tout aussi efficaces sans (cf. le gamin fantôme qui miaule : je remercie ma mère de ne pas vouloir de chat à la maison rien que pour m’éviter un infarctus au premier miaulement).

Alors d’un côté, je comprends que Takashi se soit fait un kiff niveau effets spéciaux avec le budget de The Grudge, mais c’est bon de savoir aussi qu’il se débrouille comme un chef avec un minimum de blé en poche. Et puis rassurez-vous, Takashi Shimizu ne nous prend pas complètement pour des jambons, on comprend un peu plus de choses au fil du film (y compris le premier chapitre un peu obscur). Non parce que je veux bien passer pour une conne de temps en temps et ne rien comprendre à ce qu’on me raconte, mais faut pas pousser non plus hein. On retrouve alors le fil de l’histoire qu’on a pu découvrir dans The Grudge, et l’explication de la mort de Kayako et de son fils Toshio. Et comme c’est un film japonais, tout part en couille jusqu’à la fin du film, qui annonce une suite (Ju-on: The Curse 2). Mais faut pas trop m’en demander, j’ai eu assez d’émotions pour aujourd’hui…

Je vous déconseille fortement de regarder ce film seule chez vous, même en plein jour (ce que j’ai eu la bêtise de faire), si les histoires de fantômes nippons ont tendance à vous traumatiser. C’est ma grande faiblesse, je le savais déjà, mais je me suis sacrifiée pour contribuer à ce dossier, et maintenant j’en veux terriblement à celles qui m’ont demandé de faire cette revue (elles se reconnaîtront, ma vengeance sera terrible). Je ne sais pas exactement ce qui fait que les films asiatiques me font plus peur que n’importe quel autre film d’horreur (qu’il soit américain, britannique, australien ou français, pour ne citer que les meilleurs), mais Jésus Marie Joseph, c’est dur pour mon pauvre coeur.

J’ai choisis Ju-on parce que son remake fait partie des plus connus, mais en fouillant bien, le cinéma d’horreur japonais regorge de bijoux tous plus traumatisants que les autres. J’aurais pu vous parler de Ringu (The Ring pour le remake), mais j’ai préféré la version US (honte sur moi et ma descendance sur 23 générations)… Bref, si c’est votre came de sursauter et de passer quelques nuits blanches à flipper votre race, c’est vers ce cinéma qu’il faut vous orienter…

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Accroche-coeur
    Accroche-coeur, Le 22 septembre 2009 à 20h05

    Moi j'ai déjà eu bien peur en voyant le remake, donc l'original, ya pas moyen je crois. Les trucs japonnais ça fait vraiment trop peur pour moi.

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