Journal (pas intime) d’une expat’ stagiaire à Paris #1

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Tifaine a débarqué à Paris en juillet et devrait rester encore un petit moment. Elle a décidé de vous faire part de ses galères quotidiennes, et attention spoiler : il y en a.

Journal (pas intime) d’une expat’ stagiaire à Paris #1

Salut salut, c’est Tifaine, la meuf qui sait pas gérer son argent et qui connaît par cœur quasiment toutes les caractéristiques des signes astrologiques.

Vous m’avez peut-être aperçue une ou deux fois sur madmoiZelle. Normal, ça fait un mois que je suis là. (Comme j’fais genre)

Originaire d’un petit bled paumé à l’Est de la France, pas très loin de Nancy et Metz mais plus proche de la frontière belge (Arlon ? Non ? Personne ?), je suis partie faire mes études à Tournai où j’ai vécu 2 ans avant de déménager à Lille.

Pourquoi ? On va probablement faire un bout de chemin ensemble, alors j’ai pas envie de vous mentir : je m’éclatais dans cette ville autant qu’un rat crevé dans une cave.

Du coup, forcément, poser mes valises dans la ville la plus animée à proximité m’a semblé être une bonne alternative.

Et j’avais raison, putain. Je me suis tellement éclatée à Lille. (No offence, Tournaisien•nes : vos bières étaient tout de même bien bonnes.)

Mais après des remises en question et des crises d’identité assez intenses (ma vie), j’ai soudainement décidé qu’il était temps que je me prenne en main et que j’aille vers des horizons que j’avais VRAIMENT envie d’explorer.

Parce que jusque-là, ça avait été un peu tortueux. Mais on y reviendra sûrement, un jour.

J’ai pris mes cliques et mes claques et je suis allée toquer à des portes à Paris, avec un objectif un peu plus précis : devenir rédac’ chez madz.

Un entretien avec Clem la bonne fée (oui c’est comme ça qu’elle m’est apparue ce jour-là) et un plat de nouilles avec toute l’équipe plus tard, c’était officiel :

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la vie à Paris, aussi fraîche soit-elle, m’inspire.

Comme je suis quelqu’un d’expansif, j’avais envie de partager tout ça avec vous.

Alors c’est parti.

SEMAINE 1

Lundi 7 août

8h : Une nouvelle journée commence. Je suis dans mon placard studio de 11m2 à Paris et je prépare mon cappuccino en prenant soin de faire des roulades avant sur mon clic-clac-lit car :

  1. Deux prises électriques sur trois ne marchent pas
  2. La seule prise électrique qui fonctionne se trouve du côté du lit où il n’y a pas de support pour la machine à café
  3. J’ai la flemme de replier le clic-clac pour le moment sauf que déplié, il prend la moitié de la pièce donc GO GRIMPER DESSUS et faire plusieurs allers-retours avec la Senseo dans les bras en mode Fort Boyard.

9h : J’arrive à mon bureau privatisé (non) chez madmoiZelle après avoir traversé une foule de fans déchaînés.

10h : J’ai faim. Je fais mine de me demander ce que je vais manger à 12h, mais comme je suis fauchée, je sais déjà qu’un tupperware de macédoine à 57 centimes m’attend dans le frigo.

J’en profite pour penser au fait qu’il y a à peine 3 semaines, j’étais encore à Lille juste avant de débarquer ici pour un stage de 6 mois. La vie est pleine de rebondissements.

20h : La journée est finie. J’arrive chez moi, je grimpe les <3 6 merveilleux étages sans ascenseur <3 de mon immeuble et je fais mon constat de la journée : l’évier est toujours bouché.

Ça fait deux jours.

23h : Je tourne la tête, la tour Eiffel brille. Mon moment préféré de la journée.

Le zoom ultime.

Mardi 8 août

Ce soir, c’est le CinémadZ pour aller voir Atomic Blonde avec la déesse l’actrice Charlize Theron. Après la séance, l’équipe est censée aller manger des frites au fromage.

Avec Lola (stagiaire vidéo), on est au-dessus de ça.

09h08 : (oui l’heure de mon mac est déréglée)

09h20 :

15h16 :

16h : C’est la journée internationale du chat et madmoiZelle a lancé un concours sur Instagram. Ma chatte rousse Soquette est en train de se prendre une branlée mais ça ne m’atteint pas.

Je sais ce qu’elle vaut.

Les filtres Photo Booth, une passion

22h : La séance d’Atomic Blonde est terminée et BORDEL QUE C’ÉTAIT COOL. En plus, je me suis beaucoup trop ambiancée sur la BO thème années 80.

Ça m’a donné envie de devenir une espionne badass, mais je suis vite redescendue quand je me suis aperçue qu’être dans un coin de Paris que je ne connaissais pas me faisait me caguer dessus parce que « oh mon dieu comment je vais rentrer chez moi ??.. ???.. »

Ah ça va, la bouche de métro est à côté en fait.

Mood : Devenir une espionne
Attitude : Mater les Totally Spies en mangeant des bretzels

01h : Je suis chez moi, en vie. Les frites étaient bonnes.

Mercredi 9 août

Ce matin, en regardant par la fenêtre, je téma un pigeon en train de dormir. Je me dis qu’avant de débarquer à Paris, mes vues étaient plutôt lambdas.

Maintenant, elles alternent entre la beauté de la tour Eiffel, celle du Sacré-Cœur, celle de mes voisin•es en slip (la joie d’être en vis-à-vis, mais comme je suis à l’étage le plus haut, je vois tout le monde hors tout le monde ne me voit pas. Est-ce que cette phrase sonne comme celle d’une voyeuse psychopathe ?).

Et enfin des pigeons faisant leur nuit. Fantastique.

12h : Pendant que je mange un nouveau tupperware d’aliments à moins de 5€, je re-confirme un RDV avec une amie que je suis censée voir ce soir dans le 11ème arrondissement.

À ce moment-là, je ne savais pas que ma soirée allait se transformer en Koh-Lanta version Île-de-France.

19h40 : Le plombier de l’immeuble n’est toujours pas passé pour déboucher mon évier. Tant pis, je pars. Je prends mes clés, je claque la porte, je veux fermer : je n’avais pas pris les bonnes clés.

Je tiens actuellement dans mes mains le trousseau de ma maison en Lorraine et non celui de mon appart à Paris. On ne peut pas ouvrir de l’extérieur.

21h : Je fais traverser la moitié de Paris à ma poto pour aller chercher un double à Michel-Ange où se trouvait ma proprio.

Après l’avoir rejointe, je chope la marchandise, tout va bien. C’est parti pour aller oublier que je suis teubée dans un bar à Oberkampf.

00h : Tandis que nous chantâmes London Calling puis The Cure très posément, une femme percée et tatouée arrive.

Jusque-là, rien à signaler. Quand soudain :

« J’ai très envie de baiser. Toi, j’ai envie de te baiser. »

Ma réaction :

AH.
Alors on va commencer par se calmer. Et la suite de cette conversation risque de s’avérer beaucoup plus courte que prévue.

01h30 : Arrivée à mon immeuble, c’est l’enchaînement tel mes vieux cours d’EPS. Le double des clés ne possède pas le vigik qui me permet d’accéder aux escaliers qui me permettent d’accéder à mon studio.

Pendant 15 minutes, j’appuie sur la sonnette d’honnêtes gens en me demandant si :

  1. Je ne vais pas passer ma première nuit à la rue
  2. Je ne vais pas me recevoir un seau d’eau + un balai avant de passer ma première nuit à la rue

Heureusement, un homme que je nommerai Dieu (et qui m’aurait certainement envoyé brûler en enfer si ça avait été le cas) m’ouvre et je rejoins mon clic-clac telle une fleur des champs.

Je fais le débrief : est-ce que cette journée a vraiment existé ?

Jeudi 10 août

Message de ma mère, reçu la veille :

Merci moune, mais j’en ai quand même écrit quelques uns depuis que je suis ici,
duquel me parles-tu exactement ?

08h50 : Dans une poussée d’adrénaline et d’envie d’arriver au boulot rapidement (oui, ce phénomène existe), je pars sur un petit running des familles dans les escaliers de Bonne Nouvelle.

+1 bleu supplémentaire sur la jambe gauche.

13h : Il pleut. Je rejoins une de mes vieilles partners in crime avec qui j’ai prévu d’aller manger un gros bento de bâtard chez Nanashi. Évidemment, c’est fermé (j’aime ma vie).

Trempées mais téméraires, on dégouline jusque NeoBento car bento nous voulions, bento nous dégusterons.

Même si je dois avoir l’air d’un lévrier afghan à qui on a forcé de prendre un bain pour ça.

15h : Je médite sur la vie. Je repense à mercredi dernier, quand ma voisine a organisé une énorme teuf sur son balcon en face du mien et que je me suis retrouvée en calbut’/chignon/tronche de looseuse devant 15 personnes car je ne m’attendais pas à avoir un public en étendant mes serviettes.

Je repense aussi à l’épisode de 21h59, quand j’ai entendu : « Vas-y, tire sur mon doigt ! » et que je savais que la fête battait son plein.

J’ai trouvé que c’était un excellent baromètre d’évaluation d’ambiance.

19h30 : Je vais chercher une pote de Lorraine à Bastille qui vient de se faire ghoster sévère par une femme qui devait lui faire visiter un appart à Paris (bientôt une nouvelle expat’, in da place) et qui a subitement décidé de ne plus donner signe de vie.

Après 1h30 d’attente, elle a capitulé :

Mon mac, toujours pas à l’heure.

22h15 : Après avoir bu des cocktails à 3€80 (oui), on a fini par opter pour le combo Mario Kart/bières/chips aux légumes chez moi, mais après avoir quand même pris soin d’aller manger des nouilles et de la salade wakame chez le traiteur chinois.

J’ai une réputation de grosse accro de bouffe asiat’ à tenir.

Update : La « proprio » n’a jamais rappelé lol.

Vendredi 11 août

07h00 : L’évier est toujours bouché. Je commence à me poser les vraies questions.

10h : Comme absolument chaque jour, je bugge sur les cheveux d’Alison. Ils sont trop beaux pour être vrais. C’est une conspiration.

Je l’imagine en sœur Weasley ou dans Le Seigneur des Anneaux, mais quoi qu’il en soit, avec une couronne de fleurs sur la tête.

Lise m’annonce qu’elle va ramener Animal Crossing la semaine pro et je me sens beaucoup trop excitée à cette idée.

Je vais pouvoir aller pécho du fruit sec car y a que des poires dans ma ville, et j’aime po les poires.

11h : Je tombe sur cette recherche dans mon historique :

Je n’ai aucune explication à fournir. Surtout après avoir fait un tour sur la RATP.

12h15 : Je rejoins ma proprio pour lui donner un double des clés AVEC vigik. Un plombier est censé venir déboucher l’évier lundi.

Je suis presque triste, j’aurais bien appelé mon poisson CaliforniaRoll-Avocat.

14h : Je me fends la gueule devant vos commentaires. Vous êtes fantastiques.

19h : Ça va être l’heure de quitter le bureau et pas n’importe comment puisque je viens d’achever une sélection d’objets de déco Harry Potter lancés par Primark et c’est vraiment canon.

Meilleure.Façon.De.Finir.La.Semaine.Ever.

Ce soir, plus qu’à aller chercher mon keum à la Gare du Nord et je ne sais pas encore où je vais l’emmener ce week-end mais je pense qu’on devrait pas trop s’ennuyer.

J’achèverai ce premier rapport de journal pas si intime en citant l’hôtesse de mon arrêt de métro la semaine dernière :

« Madame, quand on a un mauvais karma comme le votre, il faut plonger ses pieds dans une bassine d’eau chaude et ajouter plein de gros sel. Ça purifie. »

Oui.

Je venais de me prendre une amende à Châtelet alors que j’avais jeté mon ticket à la poubelle de l’arrêt juste avant, et maintenant que je créais mon pass Navigo, la machine s’était mise à planter au moment de la photo.

Le dossier était quasiment achevé. La machine n’a jamais remarché. Je ne m’étais jamais sentie aussi insultée par une machine.

Mes petites galères vous inspirent ? Si ça vous plaît, n’hésitez pas à me le faire savoir, je reviendrai faire un débrief avec vous toutes les semaines !

Vous pouvez aussi suivre les posts que je publierai en direct du Snap et/ou de l’Instagram madmoiZelle, car c’est comme ça, c’est mon projet, c’est cadeau.

Allez, la bise.

L’épisode 2 du journal de Tifaine est sorti :

Journal (pas intime) d’une expat’ stagiaire à Paris #2

7 surprises choisies par la rédac
18.90€ + 4€ de livraison

Tifaine P


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Commentaires
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  • Tahiga
    Tahiga, Le 4 octobre 2017 à 19h21

    Comment ça clashe sur Tournai :angry:

    Spoiler

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