Journal, Kurt Cobain

Pondu par Alecto le 26 novembre 2005  

Lire un journal intime, un vrai, ou toutes ces sortes d’écrits plus ou moins personnels, ça pose quand même une sorte de question morale. A-t-on réellement le droit ? Lui ou Elle, aurait-il/elle accepté la publication ? Pénétrer dans l’intimité de quelqu’un, sans raison, sans pourquoi ni comment.

Kurt Cobain, l’emblématique leader du groupe Nirvana qu’il est inutile de présenter, ne voulait pas qu’on lise ses mots, malgré l’explicite première page :

Ne lis pas mon journal quand je serai parti. OK, je pars travailler. Quand tu te réveilleras ce matin, lis mon journal s’il te plaît. Fouille dans mes affaires et devine-moi. Journal, Kurt Cobain 20051127 journalcobain

On a choisi de donner le titre de Journal à cette jolie collection de mots, peut-être est-ce un peu excessif. Dessins, chansons, brouillons, lettres, interviews manquées, listes de CD’s, tout y est. Sans réelle datation, sans même que l’on sache la part de vérité. Des galères jusqu’au succès, sans que rien ne laisse deviner que, le 5 avril 1994, Kurt Cobain se donnera la mort.

Nirvana, grande inculte que je suis, je ne connaissais que le nom, le smiley, deux trois chansons. Et après avoir pénétré dans l’univers de Cobain, du grand Cobain, j’ai changé d’avis. Un homme, un de plus, mal dans sa peau, un génie révolté, à la lucidité effarante. Critique du monde, de la société musicale, de lui-même. Un homme en quête de vérité, dit la quatrième de couverture. Lui, il se définit ainsi :

J’ai peur du ridicule.
J’ai exagérément conscience de la sincérité de ma voix.
J’aime faire l’amour avec des gens.
J’aime mes parents tout en m’opposant à presque tout ce qu’ils défendent.
Je comprends et apprécie la valeur de la religion chez les autres.
La musique affecte mes émotions.
Punk rock = liberté.
J’emprunte des petits bouts de la personnalité des autres pour constituer la mienne.

Sans la critique quelque peu négative de Miss-Ter, j’aurais eu envie de voir Last Days, le film retraçant les derniers jours de Kurt Cobain. Mais vraiment. Sans se revendiquer forcément anarchiste/musicienne/dépressive/malade on se reconnaît bien quelque part dans le Journal de Cobain. Dans les passages sur la société, sur l’hypocrisie, sur l’art, sur la vie, sur la mort…

Ca vous a plu ? Faites tourner !

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Les 10 dernières réactions à cet article

Lire l'intégralité des 5 commentaires

  1. Le 08/12/2005 à 18h43

    Bon. Vous êtes prévenues. Il fallait pas me lancer sur le sujet.

    Bref. Tout d'abord, ça fait peut-être très longtemps que je tournais autour de ce livre. sans jamais l'acheter, sans jamais l'ouvrir. Un journal. Son journal. C'est personnel, intime et il n'a (ou n'aurait ...) jamais autorisé la publication. Et je ressentais un sentiment de gène par rapport (la question de l'intimité que tu as abordée dans ton article d'ailleurs). Je n'était pas particulièrement fan de Nirvana, mais il y avait un truc qui m'attirait malgrè tout. Ceci à duré jusqu'à ce que je craque. Le livre acheté, entre les mains, toujours pas ouvert. Je l'ai lorgné pendant un moment. Puis je me suis mise à lire. Pour jamais en décrocher. Il y a ces mots tellement justes et en même temps incohérents. Il y ces images qu'il voit ou croit voir. Il y a ces moments hallucinés, hors du temps, qui s'alternent avec ces moments de lucidité effroyable. Il y a cette manière d'écrire, ces mots justes qui tombent pile où ça touche, où ça fait mal. Je ne pense pas que ce livre aide à comprendre Cobain. Mais c'est une expérience à tenter. Je le conseille fortement à toutes.
  2. Ice Ice

    Le 08/12/2005 à 20h24

    sans rapport avec le sujet, mais...

    Kenza, t'as flashé sur Cobain, en c'moment, ou.. ?
  3. Lin Lin

    Le 09/12/2005 à 19h57

    Je sais pas ce que Marianne a pu dire dessus mais va voir Last Days mais à tes risques et périls :P.
  4. Le 16/01/2009 à 18h07

    Je l'avait seulement lu en piochant de ci et de là des textes. Mais la maintenant je l'ai lu, du début à la fin. Et j'aime beaucoup! C'est impressionnant de le voir écrire: "j'ai été défoncé pendant toute une semaine, et je sais que c'est ce que je vais faire tout au long de ma vie! ". C'est encore plus impressionnant aujourd'hui, après la carrière et la vie qu'il a eu. Moi ce livre m'a marqué dans ces moments là, où on a l'impression qu'il savait pertinemment comment sa vie allait finir, alors qu'il n'était qu'un jeune mec pas encore connu du monde entier. J'ai eu par contre plus de mal avec le côté gros bordel, des textes sans queue ni tête (drogue? ^^ ), suivi de playlist, de dessins, puis de récits cohérents. Je me sentais pas mal perdu.
    Et puis concernant ses playlist, il y a vraiment de bons groupes et de la bonne musique... Il nous offre quelque chose, sans le savoir.
    " Qui t'a fait découvrir ce groupe?
    Bin Kurt Cobain!"

  5. Le 18/01/2009 à 15h12

    Je l'ai lu ( en tant que fan de Nirvana ) et j'ai aimé. D'ailleurs, j'aime bien en lire quelques passages de temps en temps. Kurt Cobain écrit vraiment bien et puis contrairement à ce qu'on pourrait croire, c'est pas tellement si intime que ça. Bien sûr qu'il y a des passages personnels, mais la plupart du temps, Cobain écrit comme si il était lu et parle de son groupe, la musique, la société.
    En même temps, le titre du livre en français n'est pas adapté ; en anglais, c'est Kurt Cobain Journals ( ce qui veut dire carnet de bord ou de route) et on la traduit par journal intime.
    Les petits bonus ( BD, paroles de chansons, top 50 ) sont trés bien.
  6. Le 30/01/2009 à 11h33

    Je n'arrive pas à le lire d'un trait, il est quand même super compliqué et mon attention n'arrive pas à se fixer sur plus d'une dizaine de page donc je le lis de temps en temps mais en tout cas, y'à pas à chier Kurt Cobain était un vrai génie ^^

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