Josée l’Obsédée versus monsieur Chatouille

Josée l’Obsédée est plutôt relax du frifri dans la vie. Les galipettes dans les prés, les mises en bouche ou les chevauchées sauvages, c’est chouette. Mais les guili-guilis, ça ne la fait pas marrer DU TOUT.

Josée l’Obsédée versus monsieur Chatouille

Il y a un truc que je n’ai jamais compris dans la vie (avec le lubrifiant chauffant), c’est l’obsession des gens pour les chatouilles. Et guili-guili par-ci, et guili-guili par-là… Pendant ce temps-là, toi, en vrai, ça ne te fait pas rire du tout de te faire malaxer les côtes, mais tu ne peux pas exprimer ton mécontentement, parce que tu es obligé-e de rire bêtement. Dans le genre frustrant, je ne sais pas ce qu’il vous faut.

Vous l’aurez compris, je n’aime pas les chatouilles. Ni le poke à la fourbe pour te faire faire un bond de trois mètres, ni l’acharnement sauvage pour te subtiliser quelque chose. Si j’ai besoin de tes mains quelque part, je les solliciterai, merci.

Alors, oui, je sais bien, c’est une technique de drague. Je la vois, la scène de film romantique ! Les protagonistes folâtrent et batifolent, se touchent et se repoussent — Oh ! ohlàlà, tu m’as chatouillée ! Ihihi moi aussi je te chatouille ! Non moi ! Non moi ! Et de roulades frémissantes en roulades frémissantes, nos deux andouilles amants réalisent à quel point ils sont proches l’un de l’autre

Oui, alors, moi je veux bien, mais quand je dis que je suis chatouilleuse, c’est que je suis vraiment chatouilleuse. De partout.

Une certaine sensibilité certainement un peu handicapante

J’avoue, en terme de sexe, cette particularité de ma personne peut s’avérer un brin gênante. Pas que je sois d’un naturel nerveux (mais alors PAS DU TOUT), mais tout individu enthousiaste à l’idée de mener une partie de jambes en l’air avec moi a tout intérêt à vite comprendre que les petits câlins légers et délicats du bout des doigts… comme des petits papillons… il faut tout de suite oublier. Rien ne me crispe autant la vulve qu’un papillon sur ma croupe.

Après, si l’humeur est vraiment à la tendresse et au romantisme, vu qu’on n’est pas des bêtes, il suffit de constater que le fait de me traiter comme une statue de glace me laisse froide. Et qu’y aller un peu plus franco me fait moins me demander si c’est du lard ou du cochon.

Mais hélas ! Comprendre que je préfère une vraie caresse à l’araignée qui entreprend l’ascension de mon mont de Vénus n’a pas été à la portée de tous mes tendres amants.

Il y a eu par exemple celui à qui ça met la pression, et qui, de fait, envoie des coups de hanches frénétiques et trop mal gérés pour ne pas louper le trou à l’occasion (et qui part en dépression lorsque je lui fais savoir que son bâton céleste m’a chatouillé cette cuisse qu’il ne visait pas).

Ou encore celui qui plaquait ses mains sur mes hanches et n’osait plus les décoller de toute la session (et se balançait contre le mur quand je lui disais que la sueur de ses mains me chatouillait les hanches).

Et puis il y a eu monsieur Chatouille.

Ah, monsieur Chatouille.

« Il faut lui faire des guili-guilis pour que le lait coule »

Il était mince, il était beau, il sentait bon le sable chaud – mais c’était ni un légionnaire, ni, à bien y réfléchir, un individu particulièrement vif d’esprit. Et si ce trait d’esprit inexistant n’était pas assez visible pour faire sécher ma culotte, il avait une conviction sexuelle qui avait tendance à laisser cette dernière coite. Il estimait que les chatouilles incarnaient le top de l’érotisme.

Je…

Alors, comment moi, psychorigide des guili-guilis mal placés, ai-je pu me retrouver à fricoter sur un matelas avec un adapte du toucher, non pas rectal, mais volage… Je ne me l’explique pas. Quelque chose à voir avec quelques mois d’abstinence, quelques verres de rosé, et quelques poils bien lustrés sur un torse intéressant. Cessez de me juger.

Le pire étant qu’on avait pris le temps de bavarder. De tout et de rien, comme de ses théories en matière d’érotisme. En soi, la plupart d’entre elles avaient su émoustiller ma personne et ma culotte… C’est peut-être pour ça que je n’ai pris ses histoires de stimulation sexuelle à base de chatouilles que pour une fantaisie qui ne saurait aller à l’encontre de mon grognement rageur au premier papillon sur mes fesses.

Erreur fatale.

La vidéo que voici, en plus d’évoquer les risques de la drogue, est une parfaite métaphore de l’acte la tentative sexuelle qui suivit.

La vache, c’est moi.

Il avait beau être taillé comme je l’aimais, mon Apollon avait les doigts qui frétillaient comme des poulpes sur mes parties, au point de me donner l’impression que même son phallus twerkait à l’approche de ma boîte de nuit. Et il était têtu, le bougre. Tous mes partenaires passés avaient su reconnaître les signes au premier grognement, ou faire preuve d’un peu plus de sérieux au premier « arrête ça. ». Mais lui… Lui, il avait décidé de m’apprendre que j’avais tort.

Et moi, j’aime pas trop ça.

Josée 1 – Monsieur Chatouille 0

« Mais si, tu vas voir », disait-il en entreprenant de me papillonner les flancs. « C’est hyper stimulant, tu vas te sentir hyper chaude ». Ma première réaction fut de me demander ce que je fichais avec un abruti pareil.

Nous venions à peine de nous débarrasser l’un et l’autre de nos oripeaux pour mieux nous découvrir, que mon cher partenaire sauta directement à la séquence « en vrai je suis un peu creepy »… en oubliant de me sauter.

Il faut dire aussi, que si je riais trop pour réussir à placer combien il me cassait les ovaires, la séance de bon temps que nous nous étions promis perdait pas mal en crédibilité du fait de mon hilarité. Pour la sensualité, tu repasseras. « Mais si, tu vas sentir quelque chose, tu vas voir ! »

Arrête, mais putain, arrête, puisque je te dis que je mouille pas !

Heureusement, monsieur Chatouille avait un minimum de jugeotte. Au bout d’une dizaine de minutes à se faire traiter de tous les noms, il réalisa qu’il avait loupé son gros objectif – et je parle de son intention de faire monter ma température corporelle pour me transformer en lapine en rut. Si ma température corporelle avait bien augmenté, mes ongles dans son cou l’aidèrent à comprendre que ce n’était guère à son avantage.

Aussi, plus diplomate qu’on ne l’aurait cru, mon galant entreprit de me calmer, se faire pardonner et me remettre dans l’ambiance en descendant faire coucou à mon bourgeon de féminité. Mh ? Oui, un cunni, quoi. (Vous manquez cruellement de poésie.)

Sauf, que, VOILÀ. J’ignore encore à ce jour ce qu’il a voulu faire, mais, frétillant jusqu’au bout, il entreprit de laper mon pauvre clitoris du bout de la langue. DU BOUT. DE LA LANGUE. On ne peut pas décemment me blâmer pour avoir des réflexes – et lorsque mon pied partit dans sa face pour l’envoyer laper le sol, j’espère qu’il lui traversa l’esprit que c’était de SA faute.

C’est pourquoi je ne m’explique pas sa réaction un peu hargneuse, lorsque, quelques minutes plus tard alors que je l’aidais à arrêter son saignement de nez, je fis l’effort de lui concéder une chose :

« T’avais raison en fait, je crois bien que j’ai senti quelque chose. »

Allez comprendre.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • MsOriginalDoll
    MsOriginalDoll, Le 23 juin 2014 à 15h28

    J'avais jamais eu l'occasion de lire une billet de "Josée l'obsédée", mais c'est tellement jouissif que... Allez savoir pourquoi, j'ai senti quelque chose et j'y reviendrai, moi, papillonner sur ses articles ;)

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