Josée l’Obsédée met le doigt dans la mozza

Josée l'Obsédée a été séduite par les charmes de l'Italie. Malheureusement, elle a fait brûler la pizza du désir un peu trop fort.

Josée l’Obsédée met le doigt dans la mozza

Il était beau, grand, poilu et italien. Quand j’ai croisé le regard de ce sombre inconnu au prénom latin, j’ai bien failli défaillir de la culotte.

Pourtant, on pouvait difficilement faire plus éloigné de mon type d’homme : oui, j’aime les grands, les bruns, les poilus, mais Ricardo faisait si propre que j’en fus dépassée : sa chemise était repassée ET rentrée dans son pantalon. Son pantalon était élégant, surmonté d’une ceinture même pas abîmée. Pire : ses chaussures étaient vernies. Je l’imaginais sans mal les nettoyer tous les dimanches devant la télé.

Ça m’angoissait un peu, mais ça m’intéressait de changer un peu de style de mecs, ne serait-ce que pour une nuit. J’avais l’impression de m’embarquer pour une aventure exotique, une croisière sur un fleuve guatémaltèque à bord d’une grosse barque.

Oh, bien sûr, son accent avait plus tendance à me hérisser le poil d’agacement que de désir, pour des raisons que j’ignore puisque je suis capable de fantasmer sur un belge qui dit « bière » en accentuant le r, mais il ne me paraissait pas désagréable et la soirée se déroulait plutôt bien. Bavard, il parlait pour deux, et c’était bien pratique parce que je n’avais pas envie de converser.

Jusqu’à ce qu’il ne se décide à parler beaucoup trop fort du fait que non vraiment, il n’a rien contre les homosexuels tant qu’ils ne se montrent pas et qu’ils ne le draguent pas « parce que c’est vexant tu comprends, moi j’ai déjà failli taper un de mes potes quand il a essayé de m’embrasser pour déconner en soirée ».

J’avais un peu honte : les regards se tournaient vers nous et je ne savais pas comment expliquer aux autres personnes du bar que je voulais simplement qu’il me mette son cannelloni dans le four.

J’avais donc deux options : soit je me cassais, soit je prenais mon regard chaud comme une Regina qu’on sort du feu en lui proposant d’aller visiter mon appartement. C’est cette seconde possibilité que j’ai choisie.

Le bougre n’était pas stupide : il a bien compris que je n’avais rien d’un agent immobilier et que mes intentions étaient toutes autres. Tout était très facile et je ne m’attendais qu’à des choses positives. Je me disais que l’animosité que j’avais vaguement ressentie au bar se transformerait en énergie, rendant l’acte sexuel encore plus agréable.

Spoiler alert : il n’en fut rien. Ce Josée est un Josée poupée russe, mais version tiramisu.

L’appropriation de mon corps

S’il y a un truc que je n’aime pas, c’est qu’on me violente un peu dès le premier rapport. Alors quand cet inconnu, aussi agréable à regarder qu’il soit, a décidé de me mordre le cou en aspirant très fort, je l’ai mal vécu.

Je n’ai rien d’une fan de la famille Cullen et je n’ai jamais réussi à aller jusqu’au bout d’un épisode de Vampire Diaries sans vomir. Les suçons dans le cou, donc, et d’autant plus ceux qui font mal parce qu’ils sont trop enthousiastes, ont tendance à m’échauffer les ovaires dans le mauvais sens du terme. Quitte à marquer son territoire, autant me pisser dessus directement : au moins ça réchauffe et c’est indolore.

Probablement désireux de vouloir emporter un petit souvenir avec lui, mon Ricardo s’est ensuite amusé, une fois que j’ai poussé son visage loin de mon cou, de s’occuper de mes tétons.

On m’avait mise au courant : certains mecs ne savent pas s’y prendre avec cette partie du corps des femmes. Toutefois, je n’y avais jamais cru : aucun de mes partenaires, jamais, ne m’avait fait mal. Jamais. Lui, si. Parce qu’après avoir reproduit la même action d’aspiration buccale, il s’est mis en tête de me tirer dessus — genre, violemment.

Tellement fort que j’ai envisagé pendant de longues minutes la possibilité qu’il soit en train de les voler à la sauvette. Peut-être bien que cette personne a chez elle une collection de mamelons récoltés chez ses nombreuses conquêtes. Peut-être bien qu’il les deale. Ou peut-être simplement que cet homme avait envie d’un verre de lait, ou de créer avec moi sa propre mozzarella au lait de femme. Je ne sais pas.

Je ne sais pas, mais je l’ai mal vécu.

Le cliché de l’Italien bavard

J’ai bien peur d’être taxée de raciste. Je vous jure que c’est faux. D’ailleurs, une des raisons qui m’ont poussé à baver du vagin devant cet homme, c’est que je voulais faire un gros fuck à tous les clichés sur les hommes issus de la « botte ».

Alors comme ça, ils seraient bavards ? Non mais franchement, cessons ces inepties. Elles n’ont pas de sens. On ne peut pas mettre tout le monde dans le même sac, ça serait dégradant et d’ailleurs je vais prouver à la Terre entière qu’elle a tort en couchant avec un ressortissant du pays du Chianti.

Problème : il se trouve que je suis tombée sur un homme qui, justement, renforce ce cliché. J’ai pas fait exprès, je le jure. J’avais une chance sur, disons, 100 de rencontrer un bavard, et voilà.

Quoiqu’il en soit, moi qui n’aime qu’on me parle que d’une voix grave et suave quand je suis suffisamment excitée pour trouver ça fou, j’ai eu droit à :

  • « T’aimes ça hein ? » (répété 20 fois)
  • « Et si je fais ça ça t’excite ? » (répété 10 fois)
  • « J’aime bien tes seins. Ils sont petits mais ça va. » (une seule fois, mais une fois de trop)
  • Une conversation entière, avec sujet, verbe et complément, sur une de ses ex qui préférait être dessus.

Mais ça m’a bien servi : ça m’a servi à comprendre vers la fin du rapport que le jeune homme avait une sensibilité proche de zéro au niveau du gressin, parfois.

Car, comme ça arrive bien souvent, il a perdu la route de ma cavité lors d’un va-et-vient. Habituée, je lui fais savoir que je vais le guider et lui empoigne la tour de Pise pour le ramener dans le chemin « qui mène à Rome ». Comme il gigotait en tout sens, l’opération prit du temps.

Mais d’ailleurs, pourquoi gigote-t-il, me suis-je demandé en levant un sourcil interrogateur. Ce n’est que lorsqu’il m’a demandé, à bout de souffle, si « j’aimais tout ce qu’[il me] fais[ait] » que j’ai compris qu’il pensait être en moi. Il s’avère que non. Ce n’étaient pas mes muscles vaginaux qui entouraient son jambon de Parme : c’était mes doigts.

Je sais que j’ai souvent les mains moites, mais tout de même.

Le doigt dans la mozza

Mais le pire, dans cet acte, le plus grand fail de toute cette histoire, j’en prends l’entière responsabilité. J’en suis honteuse, profondément. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé dans mon esprit.

Comme disait Pierre Des Frocs, « on peut mettre son doigt n’importe où, mais pas avec n’importe qui ». Et j’ai bien malgré moi oublié ce formidable adage qui m’a pourtant bien servi.

Normalement, j’y vais à tâtons. Je laisse ma main s’aventurer aux alentours de l’anus avant d’y insérer quelque chose, pour laisser le temps à l’autre de me faire savoir qu’il n’en n’a pas envie. Je ne fais pas direct dans la pipe royale sans demander subtilement si j’ai le droit d’emprunter de mon doigt le chemin boueux : ça ne se fait pas, et ça peut même être considéré comme une agression sexuelle. C’est moche.

Sans déconner : j’en suis bien consciente, et je me suis excusée auprès du principal intéressé.

Mais oui, dans ma fougue, pour procurer du plaisir à cet inconnu (je suis généreuse, vous comprenez : on ne se refait pas), j’ai voulu lui stimuler la partie la plus sombre de son anatomie. Sauf qu’au lieu de laisser ma main le frôler, je suis allée droit au but : sans préparation, sans préliminaire, je lui ai mis le doigt dans l’anus. Comme ça. TAK.

Ai-je glissé ? Je n’en sais rien. Étais-je saoule ? Je ne crois pas. Voulais-je prendre ma revanche sur la douleur d’avoir eu à l’entendre parler de son rapport à l’homosexualité ? Je ne pourrais en être sûre.

Toujours est-il que cet homme — qui m’avait plus tôt donné l’impression d’avoir un petit problème avec sa sexualité — a mal réagi. Et qu’en un malheureux réflexe, il m’a foutu un coup de boule.

Pareil, mais version reverso de la nationalité.

J’ai bien réfléchi et je me suis beaucoup remise en question. Mais souffrance au front ou pas, je peux tout de même t’affirmer une chose : l’Italie continuera à me botter.

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 38 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Chapoucha
    Chapoucha, Le 8 mai 2014 à 18h41

    Sauf que :
    Article 222-23 du code pénal français :

    Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol.
    Le viol est puni de quinze ans de réclusion criminelle.

    Tu as beau t'être excusée, c'était un viol... Alors sérieusement ce n'est absolument pas drôle.... Je suis super d'accord avec La_Luciolle

Lire l'intégralité des 38 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)