J’ai testé pour vous… les joies de la course à pied

Avant, Marla ne comprenait pas pourquoi les gens allaient volontairement souffrir en courant... Et puis un jour, elle s'y est mise. Et c'est devenu un rituel libérateur.

J’ai testé pour vous… les joies de la course à pied

J’avoue, je le reconnais, j’ai cédé à la mode : je cours. Comme tout le monde, non ? Aucune originalité… Et en plus j’aime bien ça. Et quand je dis ça, l’ado que j’étais et qui râlait aux cours d’EPS dès qu’on faisait de l’endurance, qui intimait l’ordre discret à son lacet de se dénouer pour pouvoir s’arrêter et le refaire, eh bien cette fille-là me crache à la figure et se dit qu’elle a franchement mal tourné. Elle défait encore mes lacets parfois, j’en suis persuadée !

L’homme qui partage ma vie s’est lancé pour défi de courir un marathon, alors pour partager des choses (joli concept de couple sur le papier mais pas facile à mettre en place au quotidien), et comprendre comment on peut être assez taré pour s’infliger une telle souffrance, j’ai commencé à courir aussi.

Sauf qu’il me sème très vite, donc c’est râpé pour l’esprit d’équipe, la communion dans l’effort, tout ça.

Commencer doucement

J’ai quand même lu un truc horrible : Couples who run together stay together (les couples qui courent ensemble restent ensemble). Bonjour le coup de pression ! Bon, moi je n’ai pas du tout le marathon pour objectif ; je reste modeste et je ne verse pas dans le masochisme. Je m’entraîne sur des distances de six ou sept kilomètres, et je m’inscris à des courses de dix kilomètres, voire, et c’est le gros défi de septembre, à la course Paris-Versailles de seize kilomètres avec une côte monstrueuse.

Si on m’avait dit ça il y a deux ans, j’aurais bien rigolé et dit un truc du genre « Je suis incapable de courir longtemps » ou « Quand je cours, je sens mon gras de fesse bouger et ça me donne envie de mourir pleurer ». Mais pour être aussi poétique qu’une pub Nike, au début tu commences à courir un kilomètre, puis deux, puis cinq, et tu arrives à courir dix bornes sans t’en rendre compte. Et là, tu ressens autant de fierté que quand tu as résisté à un bon gros burger au McDo et protégé tes artères !

Quand je cours, je me vois exactement comme ces filles à la cuisse ferme et à la fesse haute et galbée que l’on voit sur les grandes affiches de pub dans le métro : la queue de cheval flottant au vent, le visage énergique tourné vers la ligne d’arrivée, aérienne et souple telle une panthère…

Bon, très honnêtement, le résultat doit être moins glamour. Déjà je suis probablement rouge comme une tomate, les cheveux mouillés de sueur collés au front, et plus proche du phacochère empressé que de la panthère… Mais ça me va, les phacochères ont du style, spéciale dédicace à Pumba !

Non seulement il a l’air sympa, mais je suis sûre qu’il peut courir super vite !

Quand j’ai commencé à courir, le premier kilomètre était une souffrance : tu dois trouver ton rythme, te rappeler pourquoi tu es là… et te retenir de t’auto-insulter. Mais on n’est jamais aussi inventive et cruelle que quand on s’insulte soi-même, et je n’étais pas vraiment une bonne copine avec mon humble carcasse qui souffrait le martyr.

Au bout de quelques séances, cela allait mieux : mon corps a admis que je n’allais pas le lâcher et il a rendu les armes, il a arrêté de n’être que douleur et essoufflements au bout du premier kilomètre.

Mais les montées en côte continuaient de provoquer asphyxie, désir de mort et incantations mystiques au dieu de la course à pied. Un dieu assez sournois qui a pour principe essentiel que dès que tu arrêtes l’entraînement quelques semaines, tu dois tout recommencer à zéro question endurance et résistance. Et tu mets du temps à te rappeler à quel point tu te sens bien après avoir couru, quand tu morfles salement dès les premières minutes !

Cependant, à force d’y aller, maintenant c’est agréable, et j’ai hâte d’y retourner (si si !). J’ai mes habitudes que j’adore : je chausse mes baskets (ultra stylées bien sûr pour kiffer), je règle ma montre chrono/distance/ allure/perte de calories (super stylée aussi et rose, pardon mais c’est très important pour mon moral et en plus c’est mon amoureux qui me l’a offerte), j’attache mes cheveux, je regarde le ciel et je m’élance. C’est génial de se sentir libre de trotter, comme quand on est enfant et qu’on se rue dans la cour de récré.

Mais pourquoi courir ?

Il y a plein de bonnes raisons de courir ! C’est un bonheur de ne pas avoir de sac, de courses ou de choses à porter. En fait j’ai rarement les mains libres, et quand je cours elles sont toutes contentes d’avoir pour seul rôle de stabiliser ma posture et mon équilibre — eh ouais mon pote, je lis Jogging International moi, qu’est-ce que tu vas faire ?

Je me dis aussi que courir, accessoirement cela raffermit les fesses, et que j’aurai moins peur et culpabiliserai moins au prochain resto avec mes amies : sus au buffet à volonté ! Et en plus, mes potes s’y mettent aussi ! D’ailleurs, c’est top de courir à deux : on papote pendant quelques minutes, on dirait des personnages de série, c’est génial. Et puis la réalité reprend ses droits, tu n’as plus assez de souffle pour discuter, et à moins que le sujet de conversation soit d’une importance capitale (analyse profonde de la mort d’un personnage de Game of Thrones, ragot sur les voisins, dispute de couple, recette de gâteau au chocolat…), tu choisis de respirer au lieu de parler.

Tu te dis aussi que ton mec va pouvoir te féliciter le soir… Sauf que j’ai des courbatures dans les cuisses (effet sexy réduit à néant, chienne de vie !). Bah oui, le revers de la médaille, c’est qu’une fois tes prouesses de runneuse réalisées, il y a un dur retour à la réalité.

Premier constat : tu sens fort mais tu es bizarrement fière d’avoir autant transpiré (je pue, mais je sens l’effort et la victoire remportée contre moi-même). Deuxième constat : si tu fais l’erreur de te poser dans le canapé après ta douche, tu n’arriveras pas à te relever, ou alors tu auras mal et tu maudiras le salopard qui t’a initiée à la course à pied.

Quelques conseils

Si toi aussi tu veux pimper ton corps et kiffer le vent dans ta crinière, voici quelques conseils pratiques.

Le moment idéal pour courir est quelque chose de très perso, selon ton rythme de vie et tes envies, tout simplement. Je conseillerais le matin, soit à jeun soit une bonne heure après le petit-déj. Il fait frais, le corps est reposé et on a le sentiment que le monde nous appartient – qui est assez tarée courageuse pour se lever à 7h le dimanche ? D’autres préfèrent courir le soir ; le corps est déjà échauffé par sa journée trépidante et ça permet de dormir très bien ensuite !

Pendant l’été, cherchez les heures fraîches pour courir, la chaleur peut provoquer déshydratation, malaise, dégoût à vie de la course à pied… Si vous n’êtes pas à l’aise, évitez de courir seule dans les endroits peu fréquentés : on a vite fait de flipper, ce qui n’est vraiment pas le but.

Après avoir couru, étire-toi tel un gros chat ; tu éviteras ainsi les crampes sournoises. Le grand classique est de remonter ton pied derrière la fesse en station debout, et de tirer sur ton pied (pas sur ta fesse) pour étirer le quadriceps. Tu peux aussi poser un pied sur un banc pour étirer les ischio-jambiers. Bonus bingo pour toi : il paraît que les étirements permettent d’affiner les cuisses.

En qui concerne la tenue, vous n’avez que l’embarras du choix. Avec le succès fulgurant de la course à pied ces dernières années, beaucoup de marques proposent des vêtements techniques et stylés, et à tous les prix.

Le t-shirt respirant est un indispensable. Il permet d’évacuer la transpiration et de rester au sec. Eh oui : avec la vitesse phénoménale que tu atteins, le souffle d’air peut te frigorifier les aisselles, le dos… Parce que tu sues de partout quand tu cours, c’est un sport complet qui brûle le gras maudit « sèche » le corps !

Trouve-toi aussi un bon soutien-gorge de sport qui va soutenir tes seins, sinon ils vont se croire sur un trampoline.

Imagine tes boobs à la place des pattes du chien…

Les chaussures doivent être essayées et choisies soigneusement. Il existe différents types de pieds selon ta voûte plantaire et la manière dont tu uses la semelle. Tu peux avoir le pied pronateur ou supinateur ; ce n’est pas une insulte pour cette partie étrange de notre anatomie, ça veut juste dire que tu t’appuies plus sur l’intérieur du pied ou sur l’avant ! La plupart des gens ont un pied universel (joli terme poétique).

Il vaut mieux être chaussé en conséquence, sinon gare aux ampoules tueuses de motivation et autres élongations ligamentaires. Ton pauvre petit corps de coureuse innocente ne sera ainsi pas traumatisé.

Après, libre à toi de choisir les couleurs et de mixer les accessoires qui déchirent : montre-chrono, bracelet anti-sueur, casquette, brassière, chaussettes violettes…

Forte de ces conseils et motivée pour boucler ton premier dix kilomètres, enfile tes baskets et fais-toi plaisir. J’aime courir, et je n’aurais jamais cru pouvoir écrire ça.

Allez les madZ, on se voit à l’arrivée !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Gabelote
    Gabelote, Le 25 août 2016 à 8h38

    Super article :gnih:
    bon, je vais m'y remettre, je regrette mon petit parcours pépère dans la nature dans ma ville précédente, là je suis en pleine ville, avec pas de coin sympa à proximité.
    Sinon, le phacochère peut faire des pointes à 50km/h (selon wikipedia) alors respect !!

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