John Lennon – Les Fantasmes de la Rédac

Quand elle était ado, Alfrédette était amoureuse de John Lennon. Elle lève aujourd'hui le voile sur cette passion d'outre-tombe.

John Lennon – Les Fantasmes de la Rédac

Aujourd’hui, j’ai un secret à vous confier. Un secret à peu près aussi lourd qu’une pile de cent sumos. Un secret qui me ronge sang et ovaires depuis l’âge de treize ans. Un secret qui n’en est pas un, mais j’aime bien ce ton dramatique, ça me fait penser à ces dimanches après-midi pluvieux que l’on passe en compagnie d’une théière de Darjeeling et d’un bon épisode de Confessions Intimes Tolstoï.

Voilà : quand j’avais treize ans, j’étais amoureuse de John Lennon.

Qui est John Lennon ?

John Lennon, que nous nommerons « Dieu » pour faire plus court, a allumé un flamboyant brasier dans les culottes de milliers – que dis-je, de millions de fans à travers du temps et du monde. Né à Liverpool, où il grandit dans la joie et la bonne humeur, il rencontra un jour trois joyeux lurons avec lesquels il but moult bières et ingurgita force fish and chips. Un jour, alors qu’ils végétaient sur quelque canapé, l’un d’entre eux dit quelque chose comme « Tiens, si on devenait le meilleur groupe de tous les temps ? ». L’idée fit mouche, et voilà que nos quatre garçons dans le vent devinrent les Beatles*.

*Oui, je sais bien, en vrai c’est un tantinet plus compliqué : mais ne me jetez pas de pommes moisies au faciès, et si vous voulez en savoir plus, n’hésitez pas à consulter l’excellente biographie des Fab Four par Hunter Davies (qui ferait, soit dit en passant, un cadeau fort sympathique).

Pourquoi John Lennon ?

J’ai donc découvert les Beatles à l’âge de douze ans, lorsqu’au cours d’un séjour dans un village perdu de l’Ardèche, mon parrain eut la riche idée de me prêter le White Album. J’entrai alors dans un état de transe mystique, et passais le reste de la journée à baver en écoutant le reste de leurs disques, les yeux révulsés.

Puis mon adoration se mua en passion, et je dépensais alors le plus clair de mon maigre argent de poche en produits dérivés estampillés Fab Four : mug Beatles, posters Beatles (qui, au grand désespoir de ma mère, colonisèrent tout l’espace de ma chambre – plafonds inclus), t-shirt Beatles, sac Beatles, oreiller Beatles,  sex-toy Beatles et j’en passe. Je voulus même m’essayer à la guitare en criant « Plus près de toi mon Dieu », mais ne réussis qu’à apprendre trois pauvres accords, et à briser consciencieusement les esgourdes de toute ma famille.

C’est alors que mon coeur fondit pour John Lennon. J’aurais pu jeter mon dévolu sur Ringo, George ou Paul, mais le regard langoureux et la voix subtilement éraillée de Saint-Jojo eurent raison de mon petit palpitant en moins de temps qu’il n’en faut pour dire « Peace and love ». Pour qu’il ressucite d’entre les morts, j’aurais volontiers donné mon bras droit et mon rein gauche, mais jamais rien n’a fait revenir Saint Jojo, à mon grand désespoir.

Ce que ma passion nécrophile m’a apporté

N’étant pas atteinte au point de profaner le sarcophage de Saint-John, je n’ai naturellement pas pu concrétiser mon fantasme number one. Pour pallier cette douloureuse frustration, j’ai harcelé famille, amis et camarades de classe en leur parlant de ma vibrante passion – au point qu’à chaque fois que l’on évoquait les Beatles en cours, trente paires d’yeux se retournaient vers moi avec des couteaux dans les yeux – et l’air de dire « Si tu nous causes encore de tes fichus Fab Four, on te dépèce à la récré ».

À force d’écouter les chansons de Jojo H24, j’ai également fait certains progrès dans la langue de Shakespeare, et – ô gloire, j’ai remporté le Big Challenge quand j’étais en troisième. Tout le monde s’en fout ? Bon, OK. Mais désormais, je peux mater le dernier Dexter sans attendre qu’il soit sous-titré par d’obscurs bienfaiteurs, et ça n’a pas de prix.

Et toi, nourris-tu un fantasme particulier à l’égard de quelque célébrité morte ? Si oui, viens le narrer dans les commentaires. Bisous bisous.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Le Renaclerican
    Le Renaclerican, Le 6 mars 2013 à 21h33

    J'arrive après la bataille mais merci beaucoup pour le blog @To Be Happy, j'appelle ça un trésor !

    Nonobstant j'ai aussi oublié de citer marc Bolan dans mes amours post mortem... Marc Bolan des T-rex... dans le genre tragico magnifique... o_o une étoile filante aux allures de Tim Burton saixy.

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