John Green, auteur révolutionnaire et compagnon du quotidien, vu par les madmoiZelles

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Les madmoiZelles témoignent de leur amour pour John Green et ses écrits, et racontent comment ses romans ont bouleversé leurs vies.

John Green, auteur révolutionnaire et compagnon du quotidien, vu par les madmoiZelles

Cet article a été rédigé dans le cadre d’un partenariat avec Gallimard.
Conformément à notre Manifeste, on y a écrit ce qu’on voulait.

J’ai l’impression que le nom de John Green est apparu sur toutes les lèvres du jour au lendemain.

La popularité de l’adaptation cinématographique de Nos étoiles contraires y est pour quelque chose, et La face cachée de Margo est un autre roman de John Green récemment transposé au grand écran, mais il serait réducteur d’attribuer le succès de cet auteur à ces deux films !

Pour expliquer à quel point John Green fait partie de leurs auteurs favoris, « presque au même niveau que J.K. Rowling » — c’est dire ! — plusieurs lectrices de madmoiZelle nous ont confié leur témoignage.

Quel regard portent-elles sur l’oeuvre de John Green, en général ? Voici ce qu’elles ont à en dire !

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John Green, un auteur pour jeunes adultes incontournable

Le point fort de John Green, c’est son talent d’auteur de littérature pour jeunes adultes. Il se démarque par ses thèmes matures et son traitement des personnages.

Après des succès comme Le monde de Charlie par Stephen Chbosky, la littérature jeunesse a connu un nouvel âge d’or dans l’opinion publique. Plus qu’un divertissement, le genre est devenu une quête identitaire.

John Green, « un auteur pour ado ? » Pas du tout ! Pas de snobisme littéraire chez nous, il n’y a pas d’âge pour le lire. En témoigne justement cette lectrice qui a fait des études de lettres, et ne discrimine pas la littérature jeunesse :

« J’ai suivi une licence en Lettres Modernes, j’ai lu beaucoup de livres (vieux comme contemporains) mais c’est la première fois, qu’un livre si « simple » (donc pas d’une grande littérature !) m’affecte autant, me transperce le cerveau par les sentiments.

Je pense que des trois livres que j’ai lus, chacun a eu un impact différent. Au fond, John Green utilise la même méthode mais dans la forme, les histoires sont différentes et la morale en est de même.

Celui qui m’a le plus touchée, c’est La face cachée de Margo. »

Aurélia ne s’arrête pas là, et précise que plusieurs niveaux de lecture sont possibles. La romance est toujours là, mais l’oeuvre de John Green, ce n’est pas une succession d’histoires d’amour.

« J’ai vraiment trouvé qu’il y avait toute une part de philosophie derrière le récit, qui pouvaient très bien faire office de préface à la philo pour les jeunes. »

Qui es-tu Alaska ?, coup de cœur littéraire et visuel

Parmi les titres qui vous ont le plus marqué•es, il y a le roman Qui es-tu Alaska ? Il détient en tout cas la palme de la couverture que vous préférez !

L’une des premières publications chez Gallimard était la version avec le labyrinthe blanc sur fond noir. Plusieurs lectrices la comptent parmi les raisons qui les ont attirées vers l’ouvrage.

 

Ces personnages sont d’autant plus identifiables qu’ils ont souvent l’âge des lecteurs. Jeune ado perdu•e, on l’a été ou on l’est actuellement. Et les doutes peuvent être balayés d’un revers de la main grâce à la lecture d’un auteur dont tu te sens proche.

Et comme ces personnages sont différents du stéréotype lisse et parfait des héros habituels des œuvres pour jeunes, beaucoup peuvent s’y retrouver.

John Green parle de sujets graves, et c’est important

John Green, dans ses romans, a su déconstruire des thèmes propres aux adolescent•es sans pour autant les aseptiser.

Dans Qui es-tu Alaska ?, sa première publication (en 2005 aux États-Unis, en 2007 chez nous), il a opté pour une narration originale. Un décompte des jours marquait les chapitres, ce qui laissait envisager un événement qui allait changer la vie des protagonistes…

Et ce qui devient intéressant, c’est que le décompte ne se fait pas qu’à l’envers : il y a l’après aussi. Donc on suit les conséquences suivant événement majeur.

Ça donne une valeur ajoutée au roman qui en devient presque une véritable thérapie. Pauline raconte :

« Qui es-tu Alaska ? est le seul livre à ce jour qui m’a autant fait pleurer que rire.

J’ai éclaté de rire en lisant certaines répliques de Chip, pleuré toutes les larmes de mon corps et voulu accompagner les personnages tout au long de cette histoire.

J’ai été très marquée par ce livre au point de devenir une addict du vernis à ongle bleu sur mes ongles de pieds pendant un temps #LesVraisSavent. »

John Green s’adresse aux jeunes adultes sur des sujets que leurs aîné•es n’osent pas forcément approcher en toute franchise, et ça aide à gagner en maturité. Deborah explique :

« À 15 ans, bien qu’on soit conscient que la mort existe, souvent on se croit immortel•le.

On pense que la mort frappe toujours les autres, sauf que parfois les autres, nous les connaissons. »

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Le rapport au deuil exploré dans Qui es-tu, Alaska ? l’a aidée dans une véritable prise de conscience après avoir vécu une situation similaire.

« Après le décès d’un camarade de classe, je me suis mise à broyer du noir et à me poser beaucoup de questions existentielles. Une psychologue était intervenue dans notre classe, mais tout cela me semblait faux et inadapté.

J’avais l’impression d’être en décalage avec le monde. De vivre dans un environnement trop brutal où les gens se prenaient la tête pour des broutilles pendant que des choses réellement graves se passaient. […]

En relisant des passages de la seconde partie, j’ai réalisé en même temps que ce livre m’avait préparée à affronter ce deuil et qu’il était arrivé au bon moment dans ma vie.

L’hommage à la toute fin du livre m’a fait comprendre que la vie continuait, et que je devais essayer d’en profiter du mieux que je pouvais car on ne sait pas combien de temps elle peut durer. »

John Green accompagne son lectorat vers l’âge adulte

C’est véritablement une force de l’auteur : l’écriture de ses personnages attachants et des thèmes peu abordés dans la littérature jeunesse.

On mentionne au passage Nos étoiles contraires : l’histoire présente deux adolescent•es, tous deux atteints d’un cancer. Ils explorent les premiers émois, tout en gardant à l’esprit que pour eux, la fin arrivera sans doute plus tôt que prévue.

Ce n’est pas la première incursion de l’auteur sur le sujet du deuil, mais il le traite cette fois-ci d’une nouvelle manière. Comment y faire face du vivant de la personne ?

Anne met des mots sur l’expérience littéraire qu’elle a connu en lisant Nos étoiles contraire :

« Ce livre en particulier est un vrai ascenseur émotionnel. Étant hypersensible, je passais du rire aux torrents de larmes très très rapidement.

À un passage, j’ai explosé en sanglots comme si toute l’histoire était réelle. J’ai pleuré comme pas possible jusqu’au dernier mot du livre et même après. »

Neïla, elle, est diabétique. En lisant Nos étoiles contraires, elle a d’abord ressenti de la culpabilité. Celle de penser que sa maladie ne valait pas le coup d’être mentionnée comparée aux cancers de Hazel et Augustus.

Pourtant, tout en continuant sa lecture, elle a compris qu’elle avait le droit de se sentir mal, car après tout, chacun a sa croix à porter.

« Ça m’a redonné espoir. Je trouve que malgré la tristesse de l’histoire, ce livre est beau et donne envie de vivre sa vie à fond. Ça m’a aidée aussi à être plus en phase avec moi-même, ma maladie et mon ressenti propre.

L’histoire m’a permis de relativiser certains événements de ma vie, du quotidien notamment, et de prendre du recul. En quelque sorte, ce roman m’a permis de mieux analyser la vraie vie. »

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Les répliques inoubliables de John Green

Pour revenir un instant à Qui es-tu Alaska ?, son message accompagne toujours Prudence* tout au long de sa vie aujourd’hui. Incisives et philosophiques, des répliques lui sont allées droit au cœur :

« Certaines répliques sont devenues des mantra pour moi, comme « vous fumez par plaisir, moi c’est pour mourir », et tant d’autres.

Je serais incapable de dire ce qui m’a tant fascinée dans ce livre. Peut-être est-ce le caractère d’Alaska, la poésie des écritures, la morale (enfin celle que j’en tire)…

Mais depuis toute ces années, j’ai encore en mémoire la célèbre question « Comment sortir de ce labyrinthe ? » On connaît la suite… (ou pas, mais on va pas spoiler du coup !) »

John Green, un auteur accessible

Anne a eu la joie de rencontrer la plume derrière le nom et ce moment n’a fait que confirmer son amour pour l’auteur.

« Il fait des vidéos de vulgarisation avec son frère Hank sur la chaîne YouTube vlogbrothers (les créateurs/organisateurs de la VidCon).

Quand je l’ai rencontré, j’ai eu le temps de lui dire que je l’adorais, que Nos étoiles contraires m’avait énormément touchée et que j’adorais ce qu’il faisait sur YouTube et il avait l’air ravi, très content.

Je lui ai tendu mon exemplaire à dédicacer, ouvert au chapitre 21 [#LesVraisSavent, encore une fois !] et en voyant le numéro du chapitre il m’a dit « Oh, c’est pas marrant comme passage ! » … À QUI LA FAUTE ?! »

Eh, si ce n’est pas suffisant pour vous convaincre de lire sa bibliographie, les madmoiZelles vous encouragent à leur manière :

« Lire John Green, ce n’est pas simplement une lecture, c’est une aventure que l’on vit avec les personnages, une rencontre avec eux et leur histoire. C’est quelque chose de merveilleusement beau, triste mais magnifique. »

Neïla a exactement exprimé ce que je pensais de John Green. Quand des mots peuvent nous toucher autant, c’est qu’un échange s’est passé.

« John Green raconte des histoires proches de ce que peut vivre son lectorat, mais y rajoute des petits détails qui font que ses récits sont tout sauf bateaux.

Avec lui, il faut toujours s’attendre à être surpris•e, et c’est cela qui rend cet écrivain si particulier et génial. »

Si vous doutiez encore de l’influence de John Green, commencez un de ses ouvrages, vous comprendrez mieux ce que ces lectrices ont voulu vous transmettre par leurs témoignages !

*Certains prénoms ont été changés

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