Vendeuse de prêt-à-porter — Job d’été #2

Zoom sur un nouveau job d'été : vendeuse de prêt-à-porter, un poste occupé par beaucoup d'étudiantes !

Vendeuse de prêt-à-porter — Job d’été #2

— Article initialement publié le 28 juin 2013

Cette fois-ci, ce sont deux madmoiZelles qui viennent partager leur expérience de vendeuse ! Morgane a travaillé dans une grande enseigne suédoise et Pauline chez le spécialiste du polo crocodile.

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Ta mission si tu l’acceptes

Les missions d’une vendeuse sont organisées en différents postes :

  • La caisse : si tu as déjà joué à la marchande, tu vois de quoi il s’agit.
  • La cabine : gérer le flux de client•es, veiller à la propreté des cabines, ranger les vêtements laissés dans un coin… un poste qui nécessite d’être très réactive.
  • Le stock : comme son nom l’indique tu t’occupes de la gestion des stocks, de l’arrivée des livraisons et de préparer les produits avant de les mettre en rayon (= « tu poses des antivols »). C’est un poste où tu ne vois pas les client•es (ce qui a du bon, parfois).
  • Le rayon : poste où tu es responsable d’un rayon (par exemple « femme », « homme », « lingerie »… tout dépend de la taille et de l’organisation de la boutique). Pour l’essentiel ça consiste à replier les vêtements que les client•es déplient.

Tu n’occupes pas un même poste toute une journée mais tu tournes au bout de 2-3 heures (sauf pour les stocks où tu peux passer toute une journée dans l’arrière-boutique à poser des antivols qu’on se le dise !). Ce n’est pas toi qui choisis où tu seras affectée : ce sont des managers qui gèrent ton planning et qui te donnent ton « emploi du temps ». Évidemment, tu peux toujours négocier avec tes collègues mais tout le monde ne voudra pas faire des échanges de postes avec toi.

Quand je lis mon planning de la semaine prochaine

Ce qui est cool dans ce boulot

Les client•es. C’est un métier de contact où l’échange peut dans certains cas être intéressant et enrichissant. Un des meilleurs moments d’une vie de vendeuse c’est quand un-e client demande un conseil et repart satisfait-e : inévitablement on se sent utile (il y en a même qui disent merci, ça arrive !). À titre personnel, Pauline s’est découvert une force de persuasion qu’elle ne soupçonnait pas… en matière de chaussures uniquement !

« Alors que je n’avais aucune expérience, mon  manager s’est rendu compte que je vendais deux fois plus de paires de chaussures que mes collègues… forcément il a adapté mon planning en conséquence : je me retrouve souvent au rayon chaussures. »

Ce qui est relou dans ce boulot

Les client•es ! Il faut t’attendre à encaisser (haha) bien plus que de simples incivilités. Particulièrement pendant les soldes qui sont un moment pénible à passer. Les insultes, ça arrive. Les « si tu ne travailles pas à l’école, tu termineras comme la vendeuse » ne sont pas un mythe. Et Morgane a même retrouvé des choses absolument écoeurantes dans les cabines :

« Sans rentrer dans les détails je dirais que j’ai été confrontée à tous les fluides corporels qu’un être humain est en mesure de sécréter. »

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Ce à quoi tu ne t’attendais pas

Les gens ne s’imaginent pas à quel point ce métier est épuisant physiquement. Tu es debout en permanence, il y a de la musique en fond sonore, la foule… Il faut toujours sourire et ne pas laisser voir sa fatigue aux clients.

Ce métier est épuisant physiquement

Les postes « cabine » et « caisse » sont agréables dans le sens où l’on est en contact avec le client mais ce sont également les plus éprouvants car il faut être disponible à 100%. Si tu n’es pas assez rapide pour ranger des articles ou que tu te trompes en rendant la monnaie, généralement on ne te le pardonne pas.

Quand une cliente me dit qu’elle aimerait faire mon métier parce que ça n’a pas l’air trop fatigant

Il y a aussi des bons côtés. Morgane s’attendait à passer sa vie derrière une caisse. En réalité, quelques jours par mois, elle travaillait avec les personnes responsables des visuels du magasin (disposition des mannequins, choix des articles à mettre en valeur, décoration des vitrines). Une facette un peu plus  « marketing » du métier.

Mais ce n’est pas systématique surtout si vous n’êtes embauché-e que pour une courte période (par exemple Pauline qui n’a travaillé qu’un mois n’a pas eu cette opportunité : elle était essentiellement embauché-e pour la période de soldes).

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En terme d’horaires et de paye ça se passe comment ?

La diversité des contrats est importante, ce qui permet une certaine flexibilité. Les grandes enseignes en particulier ont l’habitude d’embaucher des étudiant•es et ont généralement des contrats spécifiques.

Les employeurs préfèrent prolonger un contrat plutôt que de recruter à l’aveuglette

Par exemple Morgane travaillait pendant l’année sous un contrat « 8h » (le samedi uniquement) et elle n’a eu aucun mal à modifier son contrat pour travailler davantage pendant l’été (entre 23 et 33 heures). Les employeurs préfèrent prolonger le contrat d’un employé connu plutôt que de recruter à l’aveuglette. Pauline en revanche était employée en CDD classique.

Flexibilité ne veut pas dire laxisme. Tu peux choisir un contrat avec un nombre d’heures qui te convient, mais le métier de vendeuse t’oblige à être très ponctuelle. Les horaires d’ouverture et de fermeture sont stricts et les retards ne sont pas tolérés.

Tu as deux jours de congés par semaine mais jamais d’affilée (sauf coup de chance). Il faut évidemment être prêt-e à travailler le week-end. Pour les pauses c’est très variable : dans certaines enseignes ta pause est chronométrée, dans d’autres tu peux la prendre à peu près quand tu veux (sauf si c’est le rush). Heureusement, les managers qui t’obligent à rester debout derrière la caisse quand il n’y a aucun•e client•e dans la boutique se font de plus en plus rares.

Quand je suis seule au magasin

Côté pause-déjeuner, il faut savoir que le métier de vendeuse n’est pas forcément l’idéal si tu as l’habitude de prendre tes repas à heures fixes. Quand ton planning indique que ta pause dîner est à 17h (quand tu n’as pas faim) et que tu termines ta journée à 22h tu es bien obligé•e d’avaler quelque chose…

Pour le salaire, Pauline et Morgane étaient toutes les deux payées au SMIC horaire (9,43€ brut), ce qu’elles jugeaient correct pour un job d’été, surtout sans expérience. Si tu fais les fermetures tard le soir ou que tu dépasses le nombre d’heures prévues dans ton contrat tu peux également être payée au tarif des heures supplémentaires.

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Engagez-vous !

Un des avantages de ce job d’été c’est que tu n’as pas besoin d’une formation particulière ou d’expérience pour postuler (mais si tu en as, ça jouera évidemment en ta faveur). Il te suffit de te présenter en magasin avec un CV et une lettre de motivation et de montrer que tu es souriante et travailleuse (on le répète, c’est un boulot fatigant !).

En période de soldes, c’est généralement suffisant, puisque les boutiques ont besoin d’embaucher beaucoup de vendeuses. Une fois que tu as une petite expérience, tu as plus de chances de te faire recruter sur du long-terme (pour un job étudiant à l’année par exemple).

Un dernier conseil ?

L’ambiance entre collègues est primordiale ! C’est ce qui permet de tenir le rythme. Travailler comme vendeuse est souvent l’occasion de rencontrer des personnes de milieux très différents alors autant en profiter pour que tout se passe dans la bonne humeur. Si tu veux lire quelques déboires de vendeuse, tu peux aller sur le Tumblr jesuisunevendeuse dont toutes les illus de cet articles sont tirées.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Erin.
    Erin., Le 24 juin 2016 à 0h07

    mailiseli
    Je me pose une question (et surtout ne le prenez pas mal, hein) : est-ce que la caisse c'est vraiment difficile ? ou simplement comme il y a une responsabilité derrière liée à l'argent on ne la laisse pas aux débutants ?
    Ça m'a toujours rendue perplexe parce que j'ai souvent entendu que la caisse c'était pour les gens expérimentés, etc... Vous sauriez m'expliquer ?
    Non ce n'est pas difficile... Parfois ça peut être vraiment (vraiment) relou quand certaines enseignes fonctionnent avec des codes de réduction à scanner sur des kits qui peuvent être modifiés par le client + code d'anniversaire + cadeau = c'est l'enfer et ça prend 10 ans donc ça peut vite devenir compliqué si tu ne connais pas les codes, ne sait pas quoi scanner, qu'il y a la queue donc que tu paniques ! Mais en règle générale ça va assez vite, certains logiciels sont bien faits donc c'est facile et surtout rapide de retrouver ses clients dans le fichier... En grands magasins aussi ça peut être chiant avec les différentes cartes de fidélité et les échanges/remboursements qui nécessitent la présence d'un manager. Bref en somme c'est facile 80% du temps et 20% où c'est relou parce que tu as affaire à des cas spécifiques type remboursement, échange, réduction particulière... (ou que tu dois faire des papiers cadeaux :yawn: mon pire cauchemar)

    J'ai l'impression que c'est surtout en boutique qu'on ne laisse pas l'accès aux nouveaux à la caisse mais bon ça évolue assez rapidement si tu restes plus d'un mois là bas.

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