Bombyx, éditeur de jeux de qualité — Jouons en société ! (2/2)

Pour ce « Jouons en société ! », Mathilde s'est intéressée à l'éditeur Bombyx et vous présente dans cette deuxième partie Abyss, qui vous plonge dans l’univers sous-marin de l’Atlantide. Avec une interview !

Bombyx, éditeur de jeux de qualité — Jouons en société ! (2/2)

La semaine dernière, j’ai commencé à vous parler de l’éditeur Bombyx avec le jeu Sultaniya et l’univers des Mille et Une Nuits. Changement d’ambiance aujourd’hui avec Abyss, et rendez-vous en fin d’article pour l’interview de Juliette, chargée de communication chez Bombyx !

À lire aussi : Bombyx, éditeur de jeux de qualité — Jouons en société ! (1/2)

Abyss (2014)

  • Difficulté : intermédiaire, à partir de 10 ans
  • Mécanismes : stop ou encore, combinaison de cartes
  • Univers : sous-marin
  • Joueurs : 2-4
  • Durée : 40-80 min
  • Prix : 37€
  • Éditeur : Bombyx
  • Auteur : Bruno Cathala et Charles Chevallier
  • Illustrateur : Xavier Collette

Le désert vous a donné chaud ? Une petite plongée vous ferait plaisir ? Suivez-moi jusqu’au fin fond des océans à la rencontre du peuple Atlante et devenez le maître des Abysses.

Abyss est un jeu que j’attendais depuis quelque temps : j’aime beaucoup les jeux de cartes (comme Seasons, Noé…) et le talent de l’illustrateur Xavier Collette a tellement été mis en valeur que l’éditeur lui a fait l’honneur de dessiner cinq couvertures de boîte différentes ! Lors de l’achat du jeu, vous pouvez ainsi choisir quelle illustration vous plaît le plus !

Abyss se déroulant dans un univers sous-marin, plus précisément l’Atlantide, vous y croiserez des créatures issues de ce monde : poulpes, crabes, coquillages, hippocampes et méduses…

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J’ai choisi la quatrième. Et vous, vous prendriez laquelle ?

Mais à l’intérieur des boîtes, qu’est-ce qu’il y a ?

  • Pour rester dans l’univers aquatique, la monnaie du jeu est la perle de culture, rangée dans des coquillages. N’utilisez pas les perles de votre mamie à la place, mais vous pouvez les porter au cou pour la jouer « role play ».
  • Deux sets de cartes sont à votre disposition : des petites cartes « Peuple Allié ». Cinq peuples se côtoient : les Crabes (rouge), les Méduses (rose), les Hippocampes (jaune), les Coquillages (vert) et les Poulpes (bleu). De valeur 1 à 5, elles sont indispensables pour obtenir : des grandes cartes « Seigneur Atlante » qui, eux aussi, appartiennent aux Peuples des Crabes, Méduses….mais au look plus humanoïde.
  • Des jetons « Clé » et des jetons « Monstre » gagnés après avoir combattu des monstres marins.
  • Des grandes tuiles « Lieu » dont on obtient le contrôle lorsque 3 clés ont été rassemblées. Ces Lieux rapportent des points en fonction de votre stratégie.

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La piste des monstres, son marqueur, ses récompenses, ses perles et un coquillage.

Comment jouer ?

Comme pour Sultaniya, trois actions sont possibles lors de votre tour de jeu !

  • Exploration des profondeurs.

Vous y recrutez les petites cartes « Allié » : le joueur actif révèle la première carte de la pioche et le joueur à sa gauche décide s’il veut l’acheter.

Si la carte l’intéresse, il donne une perle au joueur actif et prend la carte. Ce joueur ne peut plus acheter car chacun est limité à un achat par tour. Par contre, le prochain achat coûtera deux perles, le troisième trois perles… si on joue à quatre, évidemment.

Si elle ne l’intéresse pas, la carte est proposée au joueur à sa gauche et ainsi de suite.

Le joueur actif est le dernier à pouvoir obtenir une carte, il ne la paie pas. S’il n’en veut pas, il dévoile une deuxième carte Allié et propose de nouveau au joueur à sa gauche, etc. Si une carte monstre apparaît, le joueur actif a la possibilité de le combattre. Dans ce cas, il reçoit une récompense de la piste des monstres. S’il refuse de le combattre, il avance le marqueur monstre sur la piste : le prochain monstre battu rapportera de meilleures récompenses.

Une exploration se termine lorsque le joueur actif a combattu un monstre ou lorsqu’il a lui-même récupéré une carte « Allié ».

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En haut, les Peuples Alliés. Au milieu, le Conseil. En bas, les Seigneurs Atlantes.

  • Demande de Soutien du Conseil.

Vous préférez les surprises ou vous avez mangé beaucoup de poisson pour améliorer votre mémoire ? À la fin d’une exploration, les cartes Peuple Allié non réclamées sont disposées au Conseil, selon leur type. À votre tour, vous pouvez donc ajouter à votre main une pile de cartes Peuple Allié gratuitement plutôt que de lancer une nouvelle exploration. Cela peut être fort utile si vous cherchez une couleur en particulier, notamment pour la prochaine action…

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Zoom sur les Seigneurs.

  • Recrutement d’un Seigneur Atlante.

Les Seigneurs Atlantes ont un coût variable. Certains ne demandent qu’une espèce de Peuple Allié : par exemple, le Chef des Armées demande uniquement des Alliés de type Crabe pour un total de huit. L’Apprenti vous demande une valeur de 6 avec trois peuples dont au moins un Allié de type Méduse (deux bulles grises plus une grande bulle Méduse).

Lorsque vous désirez recruter un Seigneur, vous défaussez de votre main un nombre d’Alliés suffisant pour pouvoir le payer, puis vous prenez contrôle du Seigneur. Il y a d’autres subtilités lors de cette étape, mais je ne vous raconte pas tout ! Certains Seigneurs ont un effet one-shot lorsqu’on les recrute, d’autres ont un pouvoir permanent, enfin presque.

Ces Seigneurs ayant un effet durable sur la partie ont également un symbole clé : lorsque vous contrôlez trois clés, vous obtenez automatiquement une tuile « Lieu », que vous placez sur ces Seigneurs à clé. Vous perdez le pouvoir de ces Seigneurs, mais vous gardez les Points qu’ils rapportent. Ce Lieu que vous venez d’obtenir vous donne un nouveau moyen de marquer des points et oriente votre stratégie !

C’est donc un jeu à tiroir : vous obtenez des petits Alliés qui vous permettent de recruter des Seigneurs, ces derniers vous donnant accès à des Lieux lucratifs en points !

La fin de partie, c’est quand ?

Le joueur qui achète son septième Seigneur Atlante met fin à la partie ; ses adversaires disposent alors d’un dernier tour de jeu. Puis on compte les points produits par les Lieux, les Seigneurs, les Peuples Alliés, et les jetons monstre. Celui qui a le plus de points devient le maître des Abysses, mouahah.

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Mon butin de fin de partie

Conclusion

Au premier abord, Abyss peut intimider par son design élaboré, mais ses mécanismes sont bien imbriqués les uns avec les autres. J’ai volontairement omis quelques légers détails, mais ils seront compris dès la première partie ! Ils sont autant d’idées intéressantes qui rendent chaque stratégie possible et équilibrée.

Comme tous les jeux de combinaison de cartes, Abyss n’est pas destiné à un public familial, mais plutôt à des joueurs occasionnels et confirmés. Si vous ne jouez pas souvent mais que vous êtes attirée par le design du jeu, il n’est pas difficile et mérite d’être joué : les règles et les pouvoirs des Seigneurs sont clairs. Si vous avez aimé ou si vous connaissez Seasons, Abyss est dans la même veine. C’est un jeu magnifique, profond et accessible.

Interview de Juliette, chargée de communication chez Bombyx

  • Tout d’abord, peux-tu te présenter ?

Juliette, 28 ans, j’ai suivi un cursus d’Arts Appliqués puis de communication avec spécialisation en nouveaux médias. Depuis j’ai accompagné une agence Web, un hôtel, une entreprise de vélo, puis différents clients en indépendante dans leurs projets de communication, d’édition et de graphisme. J’ai également fait plusieurs expériences en animation. À présent je réside à Quimper puisque j’ai rejoint la petite équipe de l’éditeur de jeux Bombyx.

  • Quel rapport entretiens-tu avec les jeux de société modernes ? Si c’est ton métier, peux-tu le décrire en quelques lignes ?

Il y a un côté familier puisque le jeu a toujours eu une place d’instant partagé entre sœurs, cousins, grand-pères, etc. C’est une agréable occasion de se réunir entre petits et grands.

Le jeu est pour moi un objet de création englobant plein de belles choses intéressantes : l’illustration, le texte, la mise en page, le matériel, le packaging et la qualité de fabrication. L’attention que je prête à l’édition et à l’art s’explique certainement par l’héritage familial sur l’œuvre de mon arrière-grand-père, peintre et graveur, Jean Frélaut.

Mon travail en communication éditoriale est très polyvalent : je m’occupe des relations presse, de notre développement sur Internet et de l’événementiel. J’essaie de mettre en place les meilleurs outils pour faire connaître notre maison d’édition et nos jeux. Par exemple, vous pouvez visiter le site internet d’Abyss et voir son trailer.

  • Quels sont tes jeux préférés, ou (si ta liste est trop longue) ton type de jeu de prédilection ?

Le jeu m’intéresse sous toutes ses formes. Pour mes préférences, elles ont changé au fil des âges. J’ai commencé à jouer aux jeux traditionnels comme les dames, les échecs, le jacquet, le poker. Je joue aussi bien aux jeux d’extérieur et d’ambiance qu’aux jeux de sociétés modernes, tant que c’est familial — 7 wonders, Scotland Yard, L’Île interdite, Time’s up, Takenoko, et les jeux Bombyx (en toute objectivité !).

J’ai une affection particulière pour Catane car il a marqué une période précise de ma vie. Une amie m’a fait la surprise d’apporter ce jeu un soir chez moi. La soirée fut interminable puisque nous ne faisions que jouer ! C’est à ce moment-là que je me suis remise à m’intéresser aux jeux de société après des années.

  • As-tu l’occasion de jouer régulièrement avec des femmes aux jeux de société modernes ? L’expérience est-elle différente ?

Oui, autant avec des filles que des garçons. L’expérience n’est pas différente, le jeu fait ressortir le caractère des gens et c’est assez drôle. C’est aussi pour ça que j’aime le jeu de société, il rassemble des personnes différentes autour d’une table sans aucune distinction.

  • Pourquoi, selon toi, y a-t-il plus de joueurs que de joueuses ?

Dans les animations auxquelles je participe, je ne trouve pas qu’il y ait plus de joueurs que de joueuses. Néanmoins d’un point de vue professionnel, je remarque davantage d’hommes à l’initiative de créations ludiques, de festivals ou d’animations.

Peut-être que le jeu n’est pas le passe-temps favori d’une fille ? Les jeux vidéo par exemple ne m’ont jamais attirée, j’avais d’autres loisirs. Certains jeux sont aussi assez mathématiques, compétitifs, statistiques, il faut réfléchir pendant des heures pour faire une action. De manière générale il me semble que ce genre de choses attirent moins les filles que les hommes, en tout cas c’est mon cas.

Enfin, il y a aussi un nombre important de jeux présentant une atmosphère geek, sombre, avec des figurines, des thèmes de guerre, des graphismes très « masculins ». Avec cette énumération exhaustive, on comprend mieux pourquoi il y a plus de joueurs.

  • Le monde du jeu est majoritairement masculin : as-tu des idées pour attirer davantage de femmes vers ce loisir, cette passion ou cet univers professionnel ?

Continuer à faire des événements dans les lieux ouverts comme les festivals, les bars, les parcs… Ouvrir le jeu dans les lieux communs. Inviter les filles à jouer, les impliquer dans le monde ludique : pas besoin d’être une geek pour aimer jouer.

Enfin, il y a de formidables façons de découvrir la richesse des jeux de société !

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