« J’emm… vos critères de beauté », le coup de gueule inspirant d’une mannequin « plus size » [MAJ]

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Tess Holliday, une mannequin « grande taille », a récemment lancé le hashtag « J'emm... vos critères de beauté », pour (re)donner confiance à ceux et celles qui complexent sur leur physique. Un coup de gueule plus qu'inspirant.

« J’emm… vos critères de beauté », le coup de gueule inspirant d’une mannequin « plus size » [MAJ]

Mise à jour du 7 février 2015 (par Clémence Bodoc)

On pouvait compter sur Laci Green pour réagir avec pertinence au déferlement de commentaires qui a accueilli le hashtag d’amour de soi de Tess Munster, aka Tess Holliday, la mannequin « plus size » (voir l’article de Juliette ci-dessous).

Oui, Tess s’aime et elle le fait savoir. Même en faisant abstraction des torrents d’insultes sur son poids (insultes auxquelles Tess et de nombreux•ses gros•ses sont malheureusement habitué•es), il reste tout de même une litanie de commentaires « concernés », qui sous une bienveillance d’apparence vont pourtant dans le même sens que les propos haineux : «Tess, tu ne devrais pas célébrer ce corps… parce qu’il n’est pas sain. »

Laci Green revient sur cette argumentation d’apparence logique et dénuée de toute volonté d’insulter. La Youtubeuse déconstruit ce discours dans ce nouvel épisode de Braless, son émission produite par MTV.

Je n’ai pas traduit la vidéo, mais voici une synthèse des propos de Laci Green :

Si vous êtes concerné•e•s pour la santé de Tess, c’est fort aimable à vous. Mais pourquoi la sienne en particulier ? Et pourquoi s’en préoccuper alors qu’elle célèbre son amour propre ?

Laci souligne très justement que le surpoids est l’un des facteurs de santé qu’il est encore « socialement acceptable » de commenter en public, ce qui explique qu’on s’en saisissent aussi facilement ; pour autant, les problèmes de santé dus au surpoids ne sont pas décelables à l’oeil nu (Laci explique par exemple deux types de graisses présentes dans l’organisme, qui n’ont pas les mêmes conséquences sur la santé).

Et pourquoi se préoccupe-t-on UNIQUEMENT de la santé des gros•ses, et pas des mannequins excessivement maigres, ni de tous les troubles de l’alimentation occasionnés par la faible estime de soi-même… Elle-même bien souvent la conséquence des injonctions à être conforme à un type de corps ? (quand bien même les standards de beauté fluctuent énormément selon les endroits et les époques !)

« Les personnes qui sont moquées et harcelées à cause de leur poids, ont 2,5 fois plus de risques de devenir obèse que la moyenne, indépendamment de leur poids d’origine.

Si c’est une question de santé, il faudrait parler du fait que les filles commencent à faire des régimes dès l’âge de 5 ans (CINQ ANS !) et que 81% des filles de 10 ans (QUATRE VINGT UN POUR CENT) disent avoir « peur d’avoir de la graisse » parce que ça, ça ce n’est vraiment pas bon pour la santé. »

Oui je cris en capslock excusez-moi, c’est parce que commencer à faire des régimes dès l’âge de 5 ans me parait être un phénomène beaucoup plus préoccupant que de voir une mannequin obèse assumer et – comble de l’infâmie ! – aimer son corps.

Nous voulons montrer l’exemple à notre jeunesse ? Ce n’est pas en cachant les obèses, en jetant l’opprobre sur les corps non conformes que nous le ferons. En faisant ça, nous ne faisons que renforcer la peur du gras, qui conduit tant de filles (et de plus en plus de garçons) à mettre leur santé en danger.

Ça, c’est un véritable problème de santé publique. Laci ne dit pas que l’obésité n’en est pas un. Elle dit qu’il ne faut pas se tromper de combats, ni d’armes. Tess Munster n’est pas un mauvais exemple pour la jeunesse. C’est le déferlement de violence, de dénigrement et d’injonction à la honte qui l’est.

Pour prendre soin de soi et de son corps, ainsi que tant d’Internautes le prêchent sur les réseaux sociaux, il faut commencer par s’aimer soi-même, aimer suffisamment son corps pour en prendre soin.

Commençons donc collectivement par montrer à tou•te•s, et surtout aux plus jeunes, qu’ils n’ont jamais à avoir honte de leur corps, et qu’ils auront toujours raison de l’aimer et de le célébrer.

Le discours sur l’alimentation, le sport et la santé n’est pas incompatible avec cette idée simple et pourtant révolutionnaire que personne n’a à vous juger. Surtout pas des inconnu•e•s sur Internet. Et si vraiment on se sent l’âme d’un•e justicièr•e social, on pourra dénoncer la discrimination pratiquée à l’encontre des gros•ses dans la société :

« Les préjugés sur les gros•ses sont intégrés par les enfants dès l’âge de 4 ans ! Et cela se traduit dans la société par une discrimination sur l’apparence physique, les gros•ses sont discriminé•es à l’embauche par exemple, et toute une série de stéréotypes négatifs leurs sont imputés : fainéant•e•s, goinfres, etc…»

Une fois encore, pourrais-je avoir un tonnerre d’applaudissements pour Laci Green s’il vous plaît mesdames et messieurs ?

Merci.

Article initialement publié le 27 janvier

L’histoire de la mannequin « grande taille » Tess Holliday est un exemple de combativité. La jeune femme, qui mesure 1,65m et fait une taille 54, a bien souvent été raillée et moquée, avant de pouvoir atteindre son objectif.

Tess est en effet la seule mannequin plus size à faire cette taille, puisque les  modèles sont d’habitude au moins 5 cm plus grandes, et font une taille entre le 40 et le 48… Mais la jeune femme ne se laisse pas faire, et décide de ne pas écouter ceux qui lui disent qu’elle est non seulement trop petite mais aussi « trop grosse » pour  pouvoir devenir une égérie. Elle a continué, coûte que coûte, à se battre pour atteindre son but.

insta

« J’espère que cette photo vous fera réaliser que c’est important d’être vous même, même si vous existez dans un corps plus gros que celui des autres. Je suis sexy, j’ai confiance en moi, et j’emmerde les autres. » (photo via)

Mais Tess, qui reçoit encore et toujours des remarques désobligeantes sur son physique, a décidé de lancer son hashtag #EffYourBeautyStandards (que l’on va traduire par « J’emm… vos critères de beauté »), afin de répondre comme il se doit à ses haters, mais aussi pour pousser ceux et celles qui subissent des critiques sur leur physique à se sentir confiant-e-s, et à ne pas tenir compte de ces mots.

twitter

« @TessMunster m’inspire et me fait m’aimer telle que je suis et dans la peau que j’ai. Merci. »

twitter2

« J’aime énormément cette photo. Je suis belle et je ne laisserai personne me rabaisser. »

Cette initiative admirable, de la part d’une femme qui a dû et doit toujours se battre pour garder sa place, simplement parce qu’elle ne répond pas aux standards de beauté de notre société, fait chaud au cœur !

insta2

« Ça vous dérange qu’un corps gros comme le mien puisse exister ? Ce corps me fait gagner de l’argent, apporte du bonheur à mon partenaire (et à moi-même), et pour certains d’entre vous c’est « le plus mauvais scénario » ? Rien à foutre de ce que vous avez entendu sur moi, je n’irai nulle part ».


JulietteVonGeschenk

Juliette est la rédac mode de mad. Elle a un diplôme de styliste-modéliste, beaucoup trop de fringues dans son placard, et adore les séries animées. Des fois elle vit des hauts, des fois elle vit des bas, mais la plupart du temps, elle vit sa vinaigrette.

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Voici le dernier commentaire
  • MowPens
    MowPens, Le 25 mai 2016 à 16h50

    Reddington, je comprends tellement ton point de vue!!

    J'ai pris environ 15 kilos depuis que je suis avec mon compagnon. Je me suis "laissé aller" comme le disent si bien les autres.
    Pas longtemps avant, j'avais Perdu environ 12 kilos. Ma mère était contente, tout le monde me félicitait pour l'effort, etc.. (alors que j'avais rien fait pour perdre, concrètement)

    ça va faire un an que j'ai repris du poids.
    Et ça gène.
    ça gène ma mère puisqu'elle ne peut s'empêcher de faire la réfléction CHAQUE PUTAIN DE FOIS ou je vais chez elle.
    ça gène mes collègues, apparemment, parce qu'une d'elle s'est permis un "tu devrais faire attention, quand même, c'est dommage de se laisser aller, t'es jolie, en plus" ... Merci, mais je suis bien comme je suis.

    Je n'ai d'ailleurs jamais été aussi bien avec moi même, avec mon corps. Et avec mes 15 kilos "en trop" .
    Sauf que ça, personne ne veut l'entendre. Etre gros, c'est mal, ça veut dire que je vais forcément mal.

    Eh bien non! Figurez vous qu'on peut se trouver belle avec un cul comme le mien.
    On peut se sentir aimée sans avoir une montagne de mec a ses pieds.

    Bref, tout ça pour dire que j'en ai marre aussi qu'on se permette de me juger comme ça, sans me connaître. Juste en voyant que je rentre pas dans du 38..

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