Qu’il s’agisse de gibier ou de sabotage, les conséquences sont les mêmes pour l’usager : un lent bordel. Après avoir relu Gala deux fois et tenté de dormir en vain, il ne reste plus grand’chose à faire dans un train. D’autant qu’il y a toujours dans le wagon une dame en jogging avec un Nokia 3310 à la main qui fait des blagues et rit très fort sous le coup du stress. Il y a aussi ce monsieur qui aurait pu faire vieux beau sans son menton prognate, qui raconte que son dernier retard de train, « c’était à cause d’un suicide ». Et puis il y l’usager lambada, qui rêve de la paire de savates qui l’attend chez lui.
Pendant ce temps, l’usager lambada rêve de sa paire de savates qui l’attend chez luiLe contrôleur passe dans l’allée en pensant très fort « JE SUIS INVISIBLE », mais ça ne marche pas. Sans ses 30 cm de moustache et un physique moins proche de Sherlock Holmes, peut-être, mais là non. Son chef M., responsable de ce train, sent le vin dès qu’il ouvre la porte du wagon, ça n’est pas très rassurant pour la bonne coordination des événements dans les heures qui viennent.
« Un capitaine n’abandonne jamais son navire », répète-il le doigt en l’air, aux usagers qui commencent à flipper pour leur soirée, puis pour leur nuitée. Une bonne nouvelle, il n’a pas l’alcool mauvais, sans quoi il aurait pu envoyer chier son chef R. qui l’appelle toutes les 7 secondes, et nous laisser là .
Là , c’est au beau milieu de nulle part, à une heure du matin, sans même la lueur d’un lotissement de périphérie au loin. Et quand vraiment ça ne va plus, il y a Christiane, une passagère comme nous qui prend en charge bénévolement ceux qui se sentent à l’étroit dans un wagon, au bout de cinq heures d’attente. Elle prend par l’épaule, propose un mouchoir et écoute, avant de se livrer pour passer un peu le temps. On dirait pas, mais Christiane aime pas les flics, parce que ses belles-filles sont avec des « sans faf » marocains. Donc elle se méfie. Et puis on repart, dans deux heures on sera arrivés. 6h30 après ce qui était prévu.
Moralité, quand un train est saboté, mieux vaut avoir de quoi noter.











Le 14/11/2008 Ã 13h12
Hahaha, comme je me retrouve dans cet article! J'étais parmi le millier de personnes bloquées à Montparnasse le 1er novembre...Je n'avais pas dormi depuis la veille, j'étais contente de rentrer chez moi, et surtout, de penser que je passerais 4 heures au chaud et que je pourrais dormir un peu. 17h05, mon train part à l'heure. 17h15, il s'arrête dans un tunnel, les lumières s'éteignent. Le contrôleur passe, exactement comme s'il pensait très fort "JE SUIS INVISIBLE!" La copine avec qui j'étais est assez chat noir avec les trains, rigole nerveusement et affole un peu les autres passagers du wagon. On reste 50 minutes sans aucune infos et puis on nous dit qu'une caténaire est cassée, on rentre à Montparnasse et la réparation prendra entre 2 et 3 heures. On file au Relay s'acheter des magasines et on se dépêche de remonter dans le train parce qu'on nous a bienf ait comprendre que quand ça sera réparé, le train partira, que l'on soit dedans ou pas. Donc on lit nos magasines, on se les échangen on discute avec nos voisins de wagon, on re-lit nos magasines, et puis on a faim... Quelqu'un ose demander au contrôleur "et comment on fait pour manger?" Réponse: "avec un couteau et une fourchette, madame." Et bizarrement, petite annonce SNCF juste après "nous vous rappelons que le wagon-restaurant est à votre disposition voiture 14. Nous acceptons les cartes de crédit"
Forcément, à la sortie du train, tout le monde se précipite à l'accueil où on nous répond avec un grand sourire: "pour reprendre le train demain, ben vous grimpez dedans! Si vous allez à l'hôtel, vous pouvez ensuite envoyer la facture au service client SNCF, mais on ne vous garantit rien. Mais il y a des trains-couchettes sur les voies 1 et 2!! Et puis tenez, voici un coffret-repas!" On demande aussi où est-ce qu'on peut aller faire pipi et un type de la police ferrovière nous répond "il y a des toilettes dans la gare". Ok, mais on n'a pas envie de payer 50c pour pisser, surtout que là , la SNCF est vraiment en mauvaise position, c'est un bordel monstre. "Vous n'avez qu'à aller pisser chez Quick, c'est gratuit" répond-il froidement.
On part en quête des trains-couchettes. On fait TOUS les trains et AUCUN n'a de couchettes... Légèrement énervées, on retourne à l'accueil et on nous dit, toujours avec un grand sourire "ah mais on n'a jamais dit qu'il y avait des couchettes! Ce sont des fauteuils normaux!" On finit par s'installer quelque part, on ouvre nos super-coffrets-repas-dégeulasses qui contiennent un joli petit mot de la SNCF "Si vous avez ce coffret-repas, c'est que la SNCF a des problèmes..." Non, c'est vrai?! Et puis vient l'heure de dormir... Ou du moins essayer, parce que c'est pas vraiment facile de dormir assis, avec les spots du train et les lumières du quai en pleine tronche, + de gentils caméramen de je ne sais quelle chaîne qui viennent filmer ta gueule déconfite pour la montrer à la France entière le lendemain.
Donc bon, que ce soit dû à des sabotages, ok, mais qu'on se fasse envoyer chier par des employés de la SNCF, non, ça ne passe pas. Ils ont vraiment des progrès à faire niveau communication et relations avec les clients...
Edit: désolée pour le pavé, mais j'en avais des choses à dire sur la SNCF! lol
Le 14/11/2008 Ã 18h03
Je n'avais pas dormi depuis la veille, j'étais contente de rentrer chez moi, et surtout, de penser que je passerais 4 heures au chaud et que je pourrais dormir un peu. 17h05, mon train part à l'heure. 17h15, il s'arrête dans un tunnel, les lumières s'éteignent. Le contrôleur passe, exactement comme s'il pensait très fort "JE SUIS INVISIBLE!" La copine avec qui j'étais est assez chat noir avec les trains, rigole nerveusement et affole un peu les autres passagers du wagon. On reste 50 minutes sans aucune infos et puis on nous dit qu'une caténaire est cassée, on rentre à Montparnasse et la réparation prendra entre 2 et 3 heures. On file au Relay s'acheter des magasines et on se dépêche de remonter dans le train parce qu'on nous a bienf ait comprendre que quand ça sera réparé, le train partira, que l'on soit dedans ou pas. Donc on lit nos magasines, on se les échangen on discute avec nos voisins de wagon, on re-lit nos magasines, et puis on a faim... Quelqu'un ose demander au contrôleur "et comment on fait pour manger?" Réponse: "avec un couteau et une fourchette, madame." Et bizarrement, petite annonce SNCF juste après "nous vous rappelons que le wagon-restaurant est à votre disposition voiture 14. Nous acceptons les cartes de crédit"
Forcément, à la sortie du train, tout le monde se précipite à l'accueil où on nous répond avec un grand sourire: "pour reprendre le train demain, ben vous grimpez dedans! Si vous allez à l'hôtel, vous pouvez ensuite envoyer la facture au service client SNCF, mais on ne vous garantit rien. Mais il y a des trains-couchettes sur les voies 1 et 2!! Et puis tenez, voici un coffret-repas!" On demande aussi où est-ce qu'on peut aller faire pipi et un type de la police ferrovière nous répond "il y a des toilettes dans la gare". Ok, mais on n'a pas envie de payer 50c pour pisser, surtout que là , la SNCF est vraiment en mauvaise position, c'est un bordel monstre. "Vous n'avez qu'à aller pisser chez Quick, c'est gratuit" répond-il froidement.
On part en quête des trains-couchettes. On fait TOUS les trains et AUCUN n'a de couchettes... Légèrement énervées, on retourne à l'accueil et on nous dit, toujours avec un grand sourire "ah mais on n'a jamais dit qu'il y avait des couchettes! Ce sont des fauteuils normaux!" On finit par s'installer quelque part, on ouvre nos super-coffrets-repas-dégeulasses qui contiennent un joli petit mot de la SNCF "Si vous avez ce coffret-repas, c'est que la SNCF a des problèmes..." Non, c'est vrai?! Et puis vient l'heure de dormir... Ou du moins essayer, parce que c'est pas vraiment facile de dormir assis, avec les spots du train et les lumières du quai en pleine tronche, + de gentils caméramen de je ne sais quelle chaîne qui viennent filmer ta gueule déconfite pour la montrer à la France entière le lendemain.
Donc bon, que ce soit dû à des sabotages, ok, mais qu'on se fasse envoyer chier par des employés de la SNCF, non, ça ne passe pas. Ils ont vraiment des progrès à faire niveau communication et relations avec les clients...
Edit: désolée pour le pavé, mais j'en avais des choses à dire sur la SNCF! lol
Les boules, ça devait vraiment être horrible !! J'ai vu à la télé que les plateaux repas donnés étaient périmés d'un mois, je trouve que c'est irrespectueux....
Le 14/11/2008 Ã 18h14
Le 14/11/2008 Ã 18h21
Magnifique article, je ne m'en remets pas...
Le 14/11/2008 Ã 18h57
Ok le sujet n'est pas drôle, mais t'as super bien écrit l'article!Et rien à manger pendant tout ce temps? C'est abusé...
Le 15/11/2008 Ã 00h17
Et dire qu'après s'être faits saboter, ils se mettent en grève...Hé oui, ce soir, c'était la grève de la sncf (en PACA, en tous cas). Mon train pour rentrer chez moi a été annulé, il n'y en avait qu'un seul dans la soirée pour les centaines d'étudiants qui rentraient dans la Provence profonde. Résultat: 300 personnes de plus que prévu entassées dans trois wagons corail. C'était... étouffant :knockout:
Le 16/11/2008 Ã 18h34
Pfffffffff je compatis à tous vos soucis, la SNCF, y aurait beaucoup à en dire, perso j'ai déjà eu les changements de quais annoncés 2 secondes avant le départ (gros gros bordel pour que tout le monde sorte du mauvais train et aille dans le bon) puis à non finalement c'était le bon (!!!!!!!), des grèves (en alsace la dernière date du we dernier), pas encore de pannes mais je pense que ça arrivera vite !Le 16/11/2008 à 18h49