J’ai testé pour vous… être stagiaire dans la mode

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Cette madmoiZelle n'a pas vécu que des bonnes expériences en bureau de style. Aujourd'hui, elle vous explique pourquoi l'impitoyable monde de la mode porte bien son nom !

J’ai testé pour vous… être stagiaire dans la mode

Ah la mode, ses strass, ses vêtements de rêve et ses évènements prestigieux, ça fait fantasmer, hein ? Pourtant l’envers du décor ne m’a pas toujours fait sauter de joie,  même si je rêvais d’en faire mon métier depuis mes 12 ans et demi. Comme de nombreuses filles, j’ai grandi en habillant mes Barbies (qui changeaient de tenues bien sept fois par heure) et en gribouillant sur mon Dessinons la Mode, pensant qu’être styliste c’était comme dans Le Diable s’habille en Prada. Sauf qu’en vrai : c’est pire.

La première galère dans ce monde est de trouver un stage. Dans le milieu de la mode, c’est une vraie plaie : les places sont chères et il est difficile de trouver une boîte qui daigne te répondre. En clair, pour décrocher un contrat dans un bureau de style, il faut faire du matraquage téléphonique. Après 327 coups de téléphones et 245 mails, vous pouvez espérer obtenir un entretien. Entretien que vous partagez avec 17 autres concurrents, tous aussi désespérés que vous. C’est une fois cette épreuve terminée que vous pouvez mettre les pieds dans la maison de Satan.

Des clichés fondés

Si je vous dis styliste, est-ce que vous vous imaginez une Anna Wintour pincée qui vous crache sa fumée de cigarette au visage ? Eh bien c’est presque ça. Vous vous souvenez de cette scène dans Le diable s’habille en Prada où la big boss du magazine, Miranda Priesley, jette son manteau sur le bureau de Anne Hathaway ? Autant vous dire que c’était vachement plus marrant dans le film que quand on me l’a vraiment jeté au visage. Dans ce genre de comportement WTF, j’en ai vu des vertes et des pas mûres : « nettoie mon assiette », « repasse mon linge » ou « va m’acheter des clopes » étaient devenues des demandes récurrentes. Impossible de dire non sous peine de se faire lyncher. Moi, mon diable se parfumait en Chanel. Toute la journée, elle se badigeonnait de crème de luxe en fumant des Vogue. Vous avez dit cliché ? J’ai encore mieux : je me rappelle de cette fois où la bougresse a littéralement explosé sa tablette numérique dans un accès d’hystérie (un proverbe chinois dit : « quand la collection a du retard, on jette son iPad contre les murs », si si) avant de dire « c’est pas grave, j’en rachèterai un demain ». J’en suis encore sidérée.

« Ben quoi ? »

Entre les filles qui ne mangeaient qu’une carotte à midi, celles qui restaient au bureau jusqu’à 23h, celles qui envoyaient 42 mails à 3h du matin, et celles qui consommaient des trucs pas bien légaux entre midi et deux, j’aurais pu écrire un bouquin sur ces clichés des gens de la mode qui s’avèrent être vrais.

L’obsession du physique

Ce qui m’a sans doute le plus marquée au fil de mes stages, c’est cette obsession constante de l’apparence. J’ai été choquée par de nombreuses réflexions digne de Karl Lagerfeld quand on m’a dit « heureusement que tu fais du 38, comment on aurait fait sinon » ou encore « je n’ai pas de problèmes avec les formes, c’est juste que je préfère les gens très fins tu vois ». Cette obsession pour la minceur n’est pas nouvelle dans la mode, mais de là à l’appliquer à ses employés, non, je ne comprends pas bien l’intérêt.

« – Elle a grossi non ?
– Grave. »

L’exploitation des stagiaires

Je ne sais pas vraiment comment ça se passe dans les autres secteurs, j’imagine que tout le monde a un jour fait des photocopies pour rien ou apporté le café à son chef mais autour de moi j’ai pu assister à un festival de tâches inutiles demandées aux stagiaires : ranger les Vogue par ordre alphabétique, trier des tissus par couleurs puis par composition et finalement par matière (des heures de perdues avec mon agrafeuse) ou encore classer des chaussures par couleurs. Certaines activités étaient une vraie perte de temps, comme si j’étais une gamine qu’on devait occuper au jardin d’enfant avant l’arrivée des parents. Tout ça pour entendre « tu ne bosses pas assez », « la mode n’a pas d’horaires », « comment ça tu veux partir avant 20h ? » pour 436,05€ par mois. Cher-e-s stylistes en herbe, dites adieu à vos soirées devant Game of Thrones, la mode n’a effectivement pas d’horaires. Ni de nuit. Ni de week-end. Ni de vacances…

Fort heureusement, mes mauvaises expériences ne sont pas représentatives de TOUS les stages en bureaux de style. Ne perdez pas espoir, j’ai pu travailler avec des gens bien de surcroît très intéressants qui m’ont appris le métier dans les règles de l’art. C’est juste plus fréquent de tomber sur Miranda Priestly que sur Carrie Bradshaw. Courage, il ne vous reste que 743 Vogues à ranger avant le succès.

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Commentaires
  • Arilya
    Arilya, Le 3 avril 2015 à 15h24

    Je viens faire ma chieuse, mais trier par composition et par matière c'est la même chose!
    Du coup tu pouvais te limer les ongles une demie-heure avant de leur montrer le travail pré-accompli :troll:

    A moins que tu ne veuilles parler d'armure (satin/toile/voile) ?

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