« Intime conviction », la fiction d’Arte, rattrapée par la réalité

Pondu par Sarah Bocelli le 27 février 2014     

Il se pourrait bien que la série « Intime Conviction » d’Arte ne se termine pas. La raison ? Le Dr Muller, acquitté du meurtre de sa femme en 2013 et dont la vie a inspiré le téléfilm, porte plainte. Au revoir fiction, bonjour réalité.

Mise à jour du 27 février :

Des nouvelles de l’affaire Arte vs Dr Muller ! C’est le Dr Jean-Louis Muller qui a obtenu gain de cause grâce à ses avocats. Le juge des référés a donc demandé aujourd’hui à Arte de cesser la diffusion de la série Intime conviction, qui devait, je vous le rappelle, arriver à son dénouement final le 2 mars.

On a en effet estimé qu’un téléfilm s’inspirant autant de sa vie personnelle, et pour lequel les internautes peuvent voter pour décider si le Dr Villers est coupable ou innocent, ne peut que porter préjudice au concerné alors qu’il vient d’être définitivement acquitté de l’accusation du meurtre de sa femme.

Une déception, sans doute, pour tous les fans qui étaient enthousiasmés par ce nouveau concept de série interactive. Mais justice a été rendue, comme on dit — et peut-être pouvons-nous espérer une nouvelle série sur le même schéma, qui prendra soin cette fois de s’éloigner de la réalité et de la vie privée !

Article du 24 février :

Je vous parlais il y a une dizaine de jours du nouveau concept de série d’Arte, Intime Conviction, diffusé pour la première fois le 14 février. L’idée était de jouer sur une association TV/Web, entre une diffusion d’épisodes classique d’un côté, et un prolongement du procès fictif sur le Web de l’autre. Une idée qui a bien pris, puisqu’on constate aujourd’hui un succès d’audience avec environ 1,4 million de téléspectateurs.

L’histoire suit l’enquête et le procès du docteur Villers, accusé du meurtre de sa femme. Un peu comme le Dr Jean-Louis Muller, dont l’histoire a ouvertement inspiré le téléfilm : en 1999, il est accusé du meurtre de sa femme, et après deux condamnations il a été définitivement acquitté en octobre dernier. Déclaré innocent par la justice après tant d’années de procès, le Dr Muller vivrait donc assez mal la petite fiction d’Arte…

« Intime conviction », la fiction dArte, rattrapée par la réalité intime conviction realite

Genre, voilà, quoi.

Et il faut croire qu’on ne se lasse pas comme ça des procès, puisqu’il assigne Arte en justice en demandant l’arrêt de la diffusion du téléfilm. Paf. Voilà.

Plus exactement, il accuse Arte et Maha Productions d’atteinte au respect de sa vie privée et demande au tribunal la fin immédiate de la diffusion « sur quelque support que ce soit », ainsi que la publication de la condamnation à la place sur la chaîne et le site Web, et réclame 100 000 euros de réparation. Dur.

Aurons-nous donc droit au dénouement final du téléfilm et du procès associé le 2 mars, comme c’était prévu ? Il faut croire qu’il s’agit d’une nouvelle affaire à suivre…

En attendant, le Dr Muller a-t-il raison de considérer que la fiction lui porte « un préjudice considérable » ? Il est vrai que les scénaristes ne se sont pas vraiment éloignés des faits réels pour ensuite les utiliser à leur guise… Ou bien est-ce qu’il pousse le bouchon un peu trop loin ?

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  1. joulicjoulic

    Le 24 février 2014 à 11:00

    Je peux comprendre la position du Dr Muller, le gars essaie de passer à autre chose, sans doute de se reconstruire et je pense que ça ne doit pas être évident, une fois que la rumeur "il a tué sa femme" est partie difficile d'en faire démordre certains… donc après tout ça voir en plus son affaire en prime time, j'imagine qu'on ne doit pas être ravi.

    Maintenant cela étant dit, est-ce réaliste d'un point de vue juridique? Je ne suis pas juriste, certaines sauront mieux dire, mais s'il n'y a pas de diffamation avérée, à mon avis ça risque d'être compliqué non?
    Je ne sais pas, spontanément je me dis qu'Arte a dû blinder avec ses juristes avant de se lancer.
  2. NaillyNailly

    Le 24 février 2014 à 11:55

    Tout dépend de ce qu'ils peuvent dire ou non sur cette affaires. Tout dépend également de si ce Monsieur a donné son accord ou non pour qu'on fasse un téléfilm sur une partie de sa vie aussi difficile. Vous l'imaginez retrouver un travail, se loger ou même reconstruire sa vie avec une autre après tout ça ? Et on en rajoute une couche…

    La série Dolmen par exemple, très fortement inspirée de personnes réelles et diffamante dans le sens où les personnes représentées passaient pour de vraie saloperie, a été condamnée. On ne plaisante pas avec la vie privée en droit… (je suis apprentie juriste ^^)
  3. Adage.Adage.

    Le 27 février 2014 à 18:43

    :yawn:

    Ah mais j'y étais pas du tout ! J'ai vu l'épisode du 14 février sans savoir qu'il s'agissait d'une mini-série et j'étais étonnée du dénouement du premier épisode du coup… :cretin:.

    Voilà c'est tout, et je comprends tout à fait la réaction de M.Muller même si cela restera frustrant de ne pas voir la fin de l'intrigue (et le milieu, en ce qui me concerne :shifty:)

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