Instant Putassier #45 : les cadeaux

Nom d’une girafe naine, quel plus beau traquenard que l’institution du Présent ? L’institut Santa Claus, spécialisé dans les statistiques relatives aux cadeaux en tous genres, estime à 6,4 le nombre de dons faits par un être humain chaque année. Le cadeau, ce « plaisir d’offrir » ne serait-il pas devenu en réalité une obligation […]

Instant Putassier #45 : les cadeaux

Nom d’une girafe naine, quel plus beau traquenard que l’institution du Présent ? L’institut Santa Claus, spécialisé dans les statistiques relatives aux cadeaux en tous genres, estime à 6,4 le nombre de dons faits par un être humain chaque année. Le cadeau, ce « plaisir d’offrir » ne serait-il pas devenu en réalité une obligation sociale ? Petite typologie des cadeaux les plus pourris.

Le cadeau acheté à l’arrache

Le plus courant. Offrande faite pour soulager en priorité sa conscience (« mieux vaut un cadeau de merde que pas de cadeau du tout »). Sa particularité est d’être impersonnel au possible.
>> Exemples : livre de Guillaume Musso, verre de la coupe du monde, bon FNAC.

Le cadeau qui pue

Souvent un cadeau acheté à l’arrache, mais – et c’est là que ça fait le plus mal – pas toujours. Il peut être réfléchi, et offert avec une sincérité non feinte (« alors, ça te plait hein ? HEIN ? »). Le cadeau qui pue est de mauvais goût et consiste en une babiole inutilisable.
>> Exemples : tee-shirt avec Bob Marley fumant un joint sur ses toilettes, savon représentant une position du Kâma-Sûtra, culotte fendue.

Le cadeau commun

Très répandu. D’ailleurs, ne l’avons-nous pas tous fait ? Le cadeau commun c’est comme le communisme : la théorie est louable, la pratique bien trop complexe. Trois problèmes principaux peuvent se rencontrer lors du cadeau commun :

a) une seule et même personne s’en occupe tandis que les 10 autres restent passifs, terrassés par leur manque d’imagination (“oué, on a qu’à faire ça…”)

b) une seule et même personne avance la somme globale. Seules 2 convives (sur 25) la remboursent. Les boules.

c) Tout le monde s’en fout (“pfff je sais pas quoi offrir… y’a pas un cadeau commun ? qui s’en charge ?”)

Le cadeau que l’on aurait voulu soi

Le principe est de méconnaître les gouts et préférences d’un(e) ami(e) pour lui acheter ce qui NOUS ferait plaisir. Vicieux, égoïste et ingénieux.
>> Exemple : Offrir le coffret DVD de Big Bang Theory Saison 3 à sa cousine de 4 ans. Attendre qu’elle l’ait déballé. Dire “Tu pourras me les prêter ?”.

Le cadeau un peu trop utile

Pas super funky. Régulièrement offert par la famille.
>> Exemples : des sacs d’aspirateur, un cendrier Auchan, du PQ. Okay, ça pourra toujours servir. Mais fallait pas se sentir obligé.

Le cadeau du radin

Il existe deux types de radin : celui qui a les moyens et qui refuse de donner un rond (peut se retrouver dans la liste des non-payeurs du cadeau commun) ; le môme qui se casse pas la nénette et fait un collier de pâtes.

Le cadeau promis qui ne vient jamais

Gênant. Plein de bonnes intentions au départ, l’offrant fait de vagues promesses (“je vais te tricoter une écharpe”). Pris par la flemme et le temps, il oublie. Dans un sursaut récurrent de culpabilité, il peut aussi remettre toutes les semaines ça sur le tapis (“je t’offre bientôt ton cadeau”), à tel point que cela en devient ridicule (six mois plus tard, il est toujours dessus).

Le cadeau qui met mal-à-l’aise

Une photo de votre ami nu, un godemichet reçu au repas d’anniversaire avec la famille à côté, un boa constrictor (alors que vous n’avez jamais exprimé le souhait d’avoir un animal de compagnie), une télé géante (alors que vous connaissez la personne depuis deux mois).

La prochaine fois, je vous parlerai de l’odeur de souffre et de haine qui stagne dans le RER B entre 17h30 et 19h30.

Pr. Bobby Freckles


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