Les inconvénients de la vie en appartement

Pour gagner son indépendance, on est parfois prêtes à n'importe quoi. Y compris à accepter de vivre en appartement. Retour sur les aléas de la vie en immeuble.

Les inconvénients de la vie en appartement

Quand on est étudiant ou qu’on en est au stade embryonnaire de sa vie active, il est rare que l’on puisse emménager dans une maison (à moins d’avoir 14 colocataires) en pleine ville avec un jardin de 150m² et une grange pour garer nos chevaux. Du coup, nous sommes bien obligées de nous faire à l’idée de vivre dans un appartement, dans un immeuble, avec des voisins partout, PARTOUT : en dessous, au-dessus, à droite, à gauche, en face sur le palier et de l’autre côté de la rue. Ces voisins qui laissent des messages agressifs à la syntaxe improbable (à ce propos, es-tu allée faire un tour sur le génial Tumblr Chers voisins ?) et te pourrissent la vie sans scrupule.

Revenons ensemble sur le pire de la vie en appartement.

Le syndrome du poisson dans son bocal

Si, comme moi, tu as grandi dans une maison, tu as dû ressentir ce que vivent tous les poissons rouges du monde quand ils sont pêchés dans l’océan pour atterrir dans un bocal d’un litre cube*, rapport au manque de place évident. Faire la roue dans ta chambre ? Impossible, tu te prendrais le mur en pleine face. Te déplacer en pas chassés entre la cuisine et le salon ? Tu peux faire une croix dessus, à part si tu aimes te prendre des coins de meubles entre les orteils. Et puis de toute façon, ton salon, ta chambre et ta cuisine ne font désormais qu’un.

(*Même si en fait, c’est faux, puisque le milieu naturel des poissons rouges est une animalerie ou une fête foraine).

L’obligation de réguler le ratio soirée/mois

Accepter de vivre en immeuble, c’est aussi renoncer à faire trois soirées par semaine, car si tes voisins accepteront sans problème que tu fêtes ton anniversaire, ton arrivée dans l’immeuble ou le passage à la nouvelle année tant que tu les préviens deux semaines à l’avance par lettre recommandée avec accusé de réception, récépissé et timbre fiscal, ils finiront par trouver cette politesse un peu lourde si tu la répètes toutes les 48h et se résigneront quand même à déposer des lettres assassines sous ton paillasson avant de passer aux menaces de mort et autres cadavres de corbeaux cloués à ta porte. Car non, personne n’aime s’endormir à 5h du matin au doux son des pieds qui sautent lourdement sur le sol en rythme sur du Katy Perry ou du Boney M. Personne. Pas même toi. Ce qui nous amène au point suivant.

Avoir à subir les soirées des autres

Dans ma vie, j’en ai eu des voisins. J’ai même eu des voisins qui faisaient des soirées. S’ils pensaient toujours à me prévenir, ils n’ont en revanche jamais pris le temps de m’inviter à leurs petites sauteries. C’est donc en tant que passive que j’ai dû supporter leurs soirées, seule dans ma chambre parce que je devais réviser mais que 1) j’avais pas envie, 2) y avait du bruit au-dessus de moi, 3) j’avais les boules qu’ils ne m’aient pas conviée et 4) j’avais pas envie.

Les effluves de nourriture

Dans bon nombre d’immeubles, il est possible de savoir en traversant le hall d’entrée ce que s’apprête à manger la totalité des habitants. À ma gauche, blanquette de veau. À ma droite, hamburger surgelé premier prix (celui avec le bord du pain tout dur, le steak 10% pur boeuf et le ketchup qui supporte tellement mal la chaleur qu’il finit en sauce Worcestershire). En face, gâteau au chocolat. Au fond, rognons blancs et sa potée de chou et derrière, des frites.

Les odeurs de nourriture sont une bonne illustration du Mal (plus encore que Courtney Stodden) pour plusieurs raisons :

  1. Ça donne faim alors que tu n’as qu’un pot de cornichons, des asperges en conserve et un paquet de céréales molles chez toi.
  2. Certains aliments sont délicieux mais dégagent une odeur digne d’un oeuf dur oublié sous un lit pendant 18 mois. Et à moins d’être très proche de tes voisins qui font un gratin au Vieux-Lille et de t’inviter chez eux, tu ne peux point profiter du caractère gustatif de la chose.
  3. S’endormir en sentant passer dans l’embrasure de ta porte des relents d’oignons et de lardons grillés n’est pas chose aisée.

Monter les escaliers

Sauf si tu vis au rez-de-chaussée, que ton immeuble a un ascenseur, que cet ascenseur n’est pas en panne toutes les deux semaines et que tu n’es pas claustrophobe, tu dois connaître le supplice de Stéroué qui consiste à monter les escaliers pour rentrer chez toi. 

Alors quand tu as les mains vides et que tu es en pleine forme, ça va. Mais quand t’as bien craqué ton slip chez Carrefour et que tu rentres dans ton cagibi avec 3kg de cuisses de poulet, 4kg de viande hachée, 4 pots en format économique de Nutella, des parpaings et une baguette de pain, l’ascension vers ta demeure s’avère un peu compliquée.

La chasse d’eau

Si tu as des voisins dans l’appartement du dessus, tu as forcément déjà dû entendre un petit torrent d’eau qui coule le long d’un tuyau caché dans ton mur. Si tu fermes les yeux très fort et que tu penses à la campagne, tu peux éventuellement avoir l’impression d’être au bord d’un petit ruisseau. Par contre, si tu n’es pas d’humeur à faire colchique dans les prés, tu réaliseras sans nul doute que ce charmant bruit d’eau qui coule n’est en réalité que le contenu d’une cuvette de toilettes avec tous les immondices qu’elle contient. 

Proximité avec les ébats d’autrui

Ah, les joies de la mauvaise isolation et des murs épais comme une feuille OCB… La paroi qui te sépare de ton voisin est si fine que tu pourrais passer maître dans l’art de deviner quelle position il pratique selon les bruits que tu entends. Tu peux même éventuellement différencier une levrette (fapfapfap) d’une levrette claquée (des fap-clac-fap irréguliers, la coordination des bras et du bassin n’étant pas donnée à tout le monde). Ça occupe, mais ça aide moyennement à s’endormir ou à supporter son célibat.

Le vizavi

Vivre en immeuble, c’est bien souvent avoir la fenêtre d’un sombre inconnu qui donne sur la sienne. Et ne plus pouvoir se balader toute nue, danser en culotte sur du Dalida ou faire l’hélicoptère avec ses attributs.

"Tiens, la voisine est encore cul-nu"

En fait, c’est comme si à chaque fois qu’il fermait son volet, ton voisin ouvrait en grand ta porte d’entrée pour regarder ce qu’il s’y passe. Plutôt désagréable.

Et toi, quels sont les petits inconvénients dans la vie en appartement qui te donnent envie de changer de logement ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Miss_jrose
    Miss_jrose, Le 16 mai 2014 à 19h18

    Je vis ma première année de fac en appart (môman habite un peu trop loin) en coloc avec ma soeur (ça, c'est la pire idée que j'ai eu, je commence à peine à m'y faire après un an). Et c'est carrément le pied: je partage un balcon avec mon voisin (immeuble en coin) et tous les voisins s'entendent bien :cheer:. Enfait, mon seul soucis ce sont les voisins de l'immeuble mitoyen, car nos chambres sont au même endroit. Le bonheur ! (non.) et en plus elle étudie jusqu'à pas d'heure en chantant faux (j'avais jamais crû ça possible de chanter aussi mal).

    Et les proprios vous les vivez comment, vous ? Je sais pas si c'est moi, mais mon proprio est un idiot qui me prends pour une idiote (pour rester polie)...

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