Comment planer en toute légalité ?

Des fois, on peut avoir l'impression d'être droguée et en-dehors de soi-même sans avoir consommé le moindre produit illicite. Et c'est rigolo.

Comment planer en toute légalité ?

Parfois, il peut nous arriver d’avoir envie de ressentir des trucs qu’on n’a jamais ressenti, ou qu’on ne ressent pas souvent. Car, vois-tu, les sensations, c’est comme les pâtes : on aime bien celles auxquelles on est habituées mais quand on peut varier un peu, c’est pas mal. Bien sûr, on peut être déçues, mais après tout, YOLO, comme dit l’Internet.

Le problème, c’est que pour ressentir des trucs un peu rares, faut soit y mettre le budget (faire du sport extrême, par exemple), soit aller à l’encontre de la loi (mais la drogue c’est mal et je fais pas dedans). De ce fait, je me dis qu’il est plus simple de repérer le moindre changement au quotidien. C’est plus sain.

Avoir chaud

Tu l’as sans doute remarqué s’il fait chaud chez toi — et si tu ne l’as pas encore fait, lance un regard à 360° autour de toi : tout le monde est mou. Tout le monde. Sans exception. Il est d’ailleurs prouvé scientifiquement que la productivité est plus faible en été, alors t’imagines bien que je dis pas de conneries.

Alors ça, pour un changement dans les sensations, tu parles d’un changement dans les sensations (cette phrase est sponsorisée par la chaleur). Quand on a chaud, non seulement nos jambes semblent être sur le point d’exploser, un peu comme si elles avaient mangé trop de raclette, mais en plus, notre cerveau semble crouler sous le poids de notre sudation.

Sérieusement, j’en oublie même de fermer la bouche et je passe la moitié de ma journée à faire semblant de m’étirer, les bras levés, alors que je me fais en réalité sécher les aisselles au ventilateur.

Avoir chaud, c’est n’être capable de rien, ou alors de vraiment pas grand-chose. Un peu comme quand on réalise en fin de soirée qu’on a un peu abusé, qu’on a quelques vapeurs et qu’on fait des phrases incohérentes. J’y vois également une façon de nous préparer à ce qu’on vivra dans une autre vie, à savoir la ménopause.

Avoir faim

Alors attention hein, je suis pas en train de te conseiller de t’affamer, dis : d’un, je perdrais mon travail, de deux, je perdrais mon âme (si tant est que j’en ai une, rapport au fait que je suis rousse). Manger, c’est bien. C’est le meilleur truc au monde et je le fais un peu tout le temps.

Mais quand j’ai oublié de me prendre un goûter pour le matin, qu’il n’y a plus de saucisson dans le frigo du bureau, que midi sonne et que je veux terminer un truc vite fait avant de me bourrer le bide, j’ai faim.

Et cette sensation, que je ne connais pas beaucoup (parce que j’ai eu beaucoup de chance), me met toujours dans un état dingue. J’ai l’impression de ne pas avoir beaucoup de force, d’être un peu perchée, de ne pouvoir me concentrer sur rien. Je peux pas vraiment l’expliquer, parce qu’au final, ce n’est concrètement qu’un pincement à l’estomac, mais c’est comme si soudain, j’étais en-dehors de moi-même. La magie.

Et quand je me retrouve enfin devant mon assiette tout juste réchauffée, c’est l’extase. Je pourrais la regarder des heures et lui faire des bisous tellement je suis contente de la voir. Mais en réalité, je suis justement tellement contente de la voir que je lui fais sa fête direct, des étoiles plein les yeux.

Avoir un fou rire

Le fou rire c’est gênant, parce que ça arrive souvent quand ça devrait pas. Et plus c’est gênant, et plus c’est rigolo, alors plus on rit et plus c’est gênant. N’empêche que les fous rires sont les meilleurs trucs du monde.

On en ressort en sueur, des larmes qui coulent le long des joues et les yeux rouges, comme les gens après une séance de sexe intense dans les films, mais en moins glamour parce que nous sommes de vraies personnes.

Et c’est bien, parce que c’est accessible : même si notre entourage n’est pas forcément drôle, on peut s’en provoquer un toutes seules en regardant des sketchs ou des films qu’on connaît par coeur (ou en lançant un Twilight ou un téléfilm de NT1, si on a la moquerie facile). La preuve que le sexe n’a pas le monopole du plaisir solitaire.

Chaïne bwaïte laqueuh daïmonde.

Faire trop de sport

À la fin d’une grosse séance de sport, l’étourdissement est de mise. Il suffit de forcer un poil trop pour avoir le combo jambes qui tremblent + tête dans le pâté + pic d’endorphine ou trucs du genre + sueur de la pointe ongulaire à la racine des cheveux en passant par la couture de ta culotte et ton poitrail (j’appelle d’ailleurs personnellement l’élastique de ma brassière « la gouttière », tant l’eau de mon corps s’y dépose).

Une vraie dose de drogue naturelle et saine, qui plus est démocratique : tout le monde a un seuil, un moment où trop de sport a été fait, où si on pousse un peu on est défoncé. Toi, c’est peut-être après 2h de footing, je sais pas. Moi, c’est après 2 min 30 d’abdos. C’est drôlement bien – et à mon niveau, très peu chronophage.

Bon par contre faut pas trop en abuser, sinon on devient accro et on rend les gens qui le sont pas jaloux et c’est triste.

Faire une nuit blanche

Je ne t’incite pas à la consommation d’alcool et à prendre une carte de fidélité au Macumba, non. Je dis juste que, quand on ne dort pas de la nuit pour des raisons diverses et variées (trop de travail à faire parce qu’on s’y prend la veille à 23h, taktak inventifs, insomnies, soirées), on passe la journée qui suit dans un état complètement second.

N’en abusez pas, tout de même, après on se retrouve à pouvoir mettre un kangourou dans ses poches d’yeux comme Eddy et à taper « des gens ».

Évidemment, c’est moins drôle à vivre si on a rien à faire le lendemain. C’est beaucoup plus exotique quand on doit aller assurer une journée de travail ou de cours, avec les yeux qui piquent, les palpitations dues à l’abus de caféine, théine ou autres termes en -ine (sauf piscine, ça marche pas avec piscine. Ça veut rien dire).

Mais surtout, surtout, je sais pas si ça te fait ça à toi aussi, mais je vois le monde vraiment différemment quand je ne dors pas du tout. Tout me semble plus brumeux, plus cotonneux, presque plus doux.

Et comme il est compliqué de ne pas partir dans un micro-sommeil à chaque clignement d’yeux, difficile de discerner le rêve de la réalité. J’ai eu de la chance de ne pas confondre mes collègues avec Robert Downey Jr tout nu, ça aurait foutu une ambiance un peu gênante au bureau.

Avoir un coup de foudre

La dernière fois que je suis tombée amoureuse, je me suis surprise à écouter du Michael Bublé EN BOUCLE et Everyday’s a holiday with you d’Esthero EN 8-SIGNE-DE-L’INFINI. C’est dire le concentré de drogues naturelles que contient le corps au tout début d’une relation qui s’annonce bien.

Sourire niais, yeux qui brillent, sentiment que tout va bien, que tout le monde est beau. Sérieusement, tu croises tes parents le lendemain, c’est pas forcément aux choses de l’amour qu’ils vont penser en premier. M’est avis qu’ils ont déjà appelé le centre de désintoxication le plus proche pour connaître la démarche à suivre.

Et toi, quels sont les trucs qui te donnent l’impression d’avoir pris des drogues alors que non ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Blagjackette
    Blagjackette, Le 19 janvier 2014 à 18h00

    Hum... Non je ne vois vraiment aucune incitation à ne pas se nourrir pour essayer de planer, et non de toute façon on ne plane pas quand on a faim, on rampe et on s'énerve pour un rien (bon ça c'est surtout moi en fait).

    La sensation qui te déconnecte le plus de la réalité parmi celles citées c'est le coup de foudre. Euphorie permanente qui peut durer trèèèèès longtemps (pour moi un an, c'est pas mal hein ?).
    La sensation qui se rapproche le plus de celle d'une défonce illicite c'est pour moi le sport. Pas besoin qu'il soit extrême, mais un sport régulier (20mn par jour, 3 fois par semaine), ça me rend aussi heureuse, calme et vide de contraintes qu'une moitié pure de "cigarette qui fait rire" (au-delà de toute façon l'aspect agréable se transforme en infâme lourdeur).

    Donc faites du sport ! C'est vraiment ce qu'il y a de mieux pour la santé psychique et physique.

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