Iain [M] Banks, roi du space opera, et sa « Culture » à découvrir

Iain [M] Banks est un auteur pas comme les autres, qui a touché à la science-fiction comme à la philosophie, à la psychologie comme aux classiques anglais, et nous a livré une saga épique : le cycle de la Culture !

Iain [M] Banks, roi du space opera, et sa « Culture » à découvrir

Atteint d’un cancer, Iain [M] Banks s’est éteint en juin 2013. En France, la nouvelle de sa mort n’a pas fait beaucoup de bruit : malgré sa grande popularité dans les pays anglo-saxons, je ne connais pas une seule personne n’ayant pas répondu « connais pas » quand je lui parlais de cet illustre auteur. Cette fin tragique ne m’empêche pas d’essayer de réhabiliter les choses.

Iain [M] Banks est un écrivain écossais qui a étudié la philosophie, la littérature anglaise et la psychologie avant d’être auteur à plein temps. Si son nom est écrit avec la majuscule médiane entre crochets, c’est parce qu’il signe ses romans « mainstream » Iain Banks et ses oeuvres de science-fiction en tant que Iain M. Banks. Ne connaissant que les seconds, je parlerai ici de son apport à la littérature de genre.

Iain M. Banks, roi du space opera

En 1987, Iain M. Banks publie Une forme de guerre (en anglais Consider Pheblas), premier roman du cycle de la Culture qui en compte maintenant neuf. Il révolutionnera alors ce genre-à-papa, réservé à l’époque aux lecteurs SF hardcore pouvant lire 20 tomes traitant de vaisseaux spatiaux, voyages temporels et pléthore de personnages plus ou moins robotisés pondus par un auteur fanatique de son propre univers : le space opera.

La Culture est une vaste civilisation d’êtres humains et d’intelligences artificielles (I.A.) faisant son petit chemin à travers les galaxies. Ses habitants ayant trouvé comment produire à foison grâce à la robotisation, plus besoin d’argent ! Par conséquent, plus besoin vraiment de travail : tout ce que les Culturiens font est de l’ordre du loisir, car les quelques tâches non automatisées sont effectuées par des Mentaux, des intelligences artificielles tellement perfectionnées que les humains sont bien inutiles en comparaison.

Dans cet hédonisme généralisé, quelques humains et I.A. sont investis d’une mission : ils appartiennent à Contact, la section diplomatique de la Culture qui se charge des échanges avec les autres civilisations de cet Univers. Et qui dit diplomatie dit renseignements, voire espionnage : ce sont les membres de Circonstances Spéciales qui s’en occupent, et appartiennent souvent aux personnages principaux des romans.

La Culture, futur rêvé de nos sociétés hédonistes ?

Pour nous faire plonger dans cet univers, les forces de Banks sont multiples : les scènes sont détaillées de manière extrêmement cinématographique, les personnages sont hauts en couleur et l’humour y est distillé comme un bon scotch (les noms des vaisseaux font à eux seuls l’objet d’une page Wikipédia !).

Mais surtout, ce qui fait la différence, c’est que la Culture ressemble furieusement à une extrapolation des idéaux occidentaux dans un futur lointain où le progrès l’aurait débarrassée de tous ses asservissements. L’inutilité de l’argent, les modifications corporelles (dont le changement de sexe) et la sauvegarde mentale permettant une immortalité relative sont monnaie courante.

La section Contact n’est pas belliqueuse : elle se contente de cartographier les autres civilisations et d’« accompagner » leur évolution si nécessaire. Une sorte d’ONU amélioré aux missions étendues (et avec des moyens), mais qui dû du affronter la guerre une fois pour défendre son mode de vie face à une espèce agressive et colonisatrice.

Alors ce serait ça, le bonheur ?

Par conséquent, sans que Banks ne s’autorise un franc parti pris, le tout se teinte sinon d’une critique, du moins d’une réflexion : sur l’absurdité et la nécessité de la guerre dans Une forme de guerre, sur l’auto-flatterie humaine dans L’homme des jeux, ou encore sur le sentiment de vengeance dans Le sens du vent.

Et surtout, durant la lecture, on se demande si on a vraiment envie d’appartenir à cette belle civilisation pacifiste, hédoniste et riche qui exauce tous nos voeux. Entre les fêtards aux multiples possibilités dans des villes hébergées par des méga-vaisseaux voyageant à la vitesse de la lumière et ceux qui se décident à assouvir leur besoin d’objectifs en appartenant à Contact, cette humanité libérée semble parfois ultime, parfois égarée, mais n’inspire pas tant que ça le rêve. En filigrane se pose la question : « le bonheur se réduit-il à la disparition de nos maux et la satisfaction de nos désirs ? ».

S’il est bien difficile d’y répondre, nul doute que la lecture de Banks vous procurera une bonne tranche de plaisir !

Je commence par où ?

Si vous voulez savoir ce que vous pensez également de la Culture, il ne reste qu’à s’y mettre ! Pour cela, sachez que les personnages, temps et lieux varient d’un livre à un autre et qu’il n’y a aucun ordre pour les lire. L’Homme des Jeux a été écrit après Une forme de guerre mais est plus abordable pour plonger dans la Culture.

Mon trio de tête est Le Sens du vent, Excession et L’Usage des armes, ce dernier étant de loin le meilleur de tous (et le préféré de l’auteur). Les derniers (Trames, Les enfers virtuels) sont à mon goût légèrement en-dessous narrativement parlant, je vous conseille de ne les aborder que si vous avez déjà lu les autres avec délectation. Enfin, La plage de verre, L’Algébriste et Efroyabl Ange1 sont du domaine de la science-fiction mais n’appartiennent pas au cycle de la Culture !

Iain [M] Banks, vous connaissez ? Venez parler de son oeuvre (avec ou sans le M.) dans les commentaires !

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