Pourquoi aime-t-on autant les histoires effrayantes, les films d’horreur, tout ce qui fait peur ?

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Les films d'horreur font salle comble, les légendes urbaines s'enchaînent au coin du feu et cumulent les RT sur Twitter... Mais pourquoi aime-t-on tellement se faire peur, au fait ?

Pourquoi aime-t-on autant les histoires effrayantes, les films d’horreur, tout ce qui fait peur ?

Un fil Twitter agite, depuis le mois d’août 2017, les Internets : Adam Ellis a entrepris de raconter son quotidien… qui pourrait bien être hanté par le fantôme d’un petit garçon.

Même sur madmoiZelle, évidemment, on en a parlé dans l’article L’histoire de l’appartement hanté par le fantôme d’un enfant devient de plus en plus terrifiante : à chaque mise à jour, la rédac se rue sur Twitter et couine de peur avec joie.

Le récit d’Adam Ellis suscite bien des questions. Raconte-t-il son quotidien, ou partage-t-il une fiction ? Quel sera le dénouement de l’affaire ? Y a-t-il vraiment un fantôme, ou peut-on expliquer les évènements de manière scientifique ?

Certain•es internautes s’étonnent de la popularité du thread : des gens rationnels peuvent-ils vraiment avoir peur d’une histoire farfelue ? Comment se passionner pour ce récit très probablement inventé ?

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En fait, les histoires effrayantes attirent beaucoup d’entre nous – même les plus cartésien•nes, pragmatiques, rationnel•les — pour des raisons sociales, psychologiques… voire « physiques ».

On aime se faire peur car ça crée du lien

Cette raison peut vous sembler tirée par les cheveux, mais depuis des années, les sociologues et spécialistes des sciences humaines étudient notre attrait pour les légendes urbaines, films d’horreur et autres histoires terrifiantes.

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Pour certain•es de ces scientifiques, partager nos peurs et nos angoisses de manière collective serait une manière de créer du lien social !

Le fil d’Adam Ellis pourrait tenir sa popularité de l’aspect social de Twitter : l’histoire crée des discussions, des échanges, des interactions… en bref, elle se raconte « en groupe » et devient une expérience partagée.

Dans une vidéo filmée par Adam Ellis, un verre bouge tout seul… et il ne semble pas l’avoir remarqué !

La peur, c’est kiffant, physiquement

Lorsque nous ressentons de la peur, nos cerveaux répondent : ils nous alertent, nous indiquent que quelque chose cloche et nous préparent physiquement à la fuite ou au combat.

Nos corps produisent des réponses chimiques. Le cerveau sécrète des endorphines, nos niveaux d’adrénaline et de dopamine grimpent…

Pour certains spécialistes du cerveau, ces réactions chimiques pourraient avoir des similitudes avec celles qui se produisent lorsque nous sommes excité•es. La montée d’adrénaline procurée par la peur pourrait être vécue de manière positive !

Si l’on voit les choses de cette manière, l’histoire narrée par Adam Ellis pourrait littéralement nous faire frissonner de plaisir…

Les gens qui se sont abonnés au compte d’Adam Ellis pour ne rien rater semblent ravis.

De l’utilité psychologique de la peur

Les fictions effrayantes ont également un aspect cathartique : on vit par procuration une expérience inédite.

Bien sûr, au fond, nous savons que ce n’est pas vraiment réel, que si la peur devient trop insupportable, nous pouvons fermer l’appli, arrêter le film, ranger le livre, retrouver notre réalité !

Selon Serge Tisseron, psychanalyste et auteur de l’intéressant Comment Hitchcock m’a guéri, les fictions nous permettent d’éprouver de vraies émotions.

Ce serait agréable de ressentir de la peur, tout en sachant que nous pouvons y mettre un terme lorsque nous le souhaitons…

Lire le fil Twitter d’Adam Ellis pourrait nous rappeler que nous avons la chance de ne pas être à sa place, ce qui pourrait faire office de mécanisme pour conjurer nos angoisses. Pour l’heure, nous sommes à l’abri de Dear David, et c’est rassurant !

En lisant cette histoire, nous cherchons une émotion (la peur), en ayant conscience que nous ne risquons rien (ou presque). Peut-être même que ce que nous ressentons, ce n’est pas de la peur mais une forme d’excitation…

Avoir peur de la fiction pour oublier les peurs du réel

Dans un article de Maxiscences, le professeur de psychiatrie David H. Zald ajoute une idée : et si cette peur temporaire nous permettait de lutter contre notre anxiété ?

Lorsque je lis les dernières nouvelles d’Adam Ellis, je suis effrayée… et concentrée sur ce que je lis, sur l’instant. Je ne pense ni à mes tracas passés, ni à mes problèmes futurs… la peur « fictionnelle » me fait oublier mes peurs « réelles » !

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Pour finir, ce qui peut plaire dans ces threads Twitter un peu inquiétants, c’est le doute, la petite nuance qui change tout.

Bien sûr, je ne crois pas vraiment à l’existence du fantôme… et, en même temps, le 0,00001% de petit doute qui m’habite suffit à me procurer une émotion divertissante et avoir envie de la partager en groupe !

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