« Mon nom est Zeke Thomas, et je suis un survivant » : un homme parle de son viol pour aider d’autres victimes

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Les hommes aussi sont victimes de viol, et il est trop rare qu'on en parle. Zeke Thomas a été violé par un homme, et prend la parole pour aider le plus grand nombre.

« Mon nom est Zeke Thomas, et je suis un survivant » : un homme parle de son viol pour aider d’autres victimes

Zeke Thomas a 28 ans et il est musicien. C’est le fils d’Isiah Thomas, une légende du basket aux États-Unis.

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Zeke Thomas est homosexuel, et s’est récemment confié au New York Magazine au sujet d’un élément de sa vie dont il n’avait jamais parlé auparavant : l’an dernier, Zeke a été violé.

Zeke Thomas, violé par une conquête d’un soir

Zeke a rencontré un homme sur Grindr, une application de drague. Il lui a donné rendez-vous une première fois dans un studio d’enregistrement, puisqu’ils partageaient un amour commun pour la musique.

Ils ont décidé de se revoir pour un verre dans le quartier gay de Chicago. Zeke était en confiance, puisqu’il connaissait bien le bar ainsi que les serveurs.

Ils sont montés dans un taxi. Et Zeke ne se souvient de rien jusqu’au lendemain matin.

Zeke a été drogué, puis ramené chez lui par l’autre homme, qui l’a violé. Au réveil, ce dernier lui a tendu un verre d’eau, et est parti. Comme si de rien n’était. Avec cette phrase :

« C’était cool, revoyons-nous un de ces quatre. »

Zeke saignait de l’anus, l’homme l’avait blessé en le violant. Il est resté enfermé chez lui pendant deux jours, incapable de contacter qui que ce soit, de sortir, de se mouvoir.

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Zeke a tenté de retrouver son agresseur sur Grindr mais il n’apparaissait plus : soit il l’a bloqué, soit il a désinstallé l’application.

Le contrecoup du viol de Zeke Thomas

Zeke Thomas a traversé une période très sombre suite à ce viol. Il s’est tourné vers la drogue ; ce n’est qu’une fois sous l’emprise de substances qu’il arrivait à parler de ce qui lui était arrivé.

Sauf que les autres gens, eux aussi drogués, ne réagissaient pas, éludaient la question. Ils ne voulaient pas en parler.

Ce n’est que lorsque Zeke s’est confié à ses parents qu’il a reçu de l’aide. Il a pu rentrer chez eux à New York et entamer une thérapie.

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Le viol des hommes homosexuels, une réalité tabou

Si Zeke Thomas a pris la parole, c’est aussi parce que le viol est tabou dans la communauté gay.

« Mes potes hétéro me disent :

— Non mais vous les mecs, vous êtes toujours opé, vous niquez tout le temps de toute façon, avec Grindr, c’est super facile.

Vraiment ? TOUS les mecs ? Et puis de toute façon, même les hommes qui sont très actifs sexuellement ont droit au consentement ! »

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En s’exprimant sur ce qui lui est arrivé, Zeke espère faire tomber le tabou et motiver d’autres personnes comme lui à chercher de l’aide. Il veut aussi éduquer les gens sur comment réagir quand quelqu’un leur confie avoir été victime de viol.

Zeke Thomas vient en aide aux victimes de viol

À ce titre, Zeke Thomas est devenu ambassadeur du National Sexual Violence Resource Center, le centre d’aide aux personnes victimes de violences sexuelles aux États-Unis.

Dans une vidéo, il donne des pistes pour réagir quand quelqu’un se confie sur son viol, mais s’adresse aussi aux victimes.

« Vous connaissez quelqu’un qui a survécu à une agression sexuelle.

Vous serez peut-être la première personne à qui il/elle se confie, immédiatement après avoir été agressé•e sexuellement.

Mais il faut parfois des semaines, des mois, des années même à un•e survivant•e avant de pouvoir s’exprimer sur le sujet.

Ces deux réactions sont courantes et tout à fait normales. »

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« Si quelqu’un vous parle de ce qui lui est arrivé, voici quelques exemple de réponses.

— Merci de me l’avoir dit.
— Ce n’était pas ta faute.
— Tu n’as rien fait de mal.
— Je suis là pour toi.
— Tu as beaucoup de courage.
— Tu n’es pas seul•e.
— Comment est-ce que je peux aider ?
— Tu es un•e survivant•e.

Tout le monde guérit à son rythme et à sa façon. […] Mon nom est Zeke Thomas, et je suis un survivant. »

Zeke Thomas, la preuve que le monde avance

C’est la toute première fois qu’un homme est ambassadeur du National Sexual Violence Resource Center, et c’est un signe que les choses avancent dans le bon sens.

Car le viol des hommes est trop souvent minimisé, moqué, considéré comme impossible. À la douleur de l’agression s’ajoute la honte, le déni sociétal. Cela frappe aussi les femmes, qui forment l’énorme majorité des victimes, mais les hommes victimes d’agressions sexuelles ont moins de ressources vers lesquelles se tourner.

Ils sont isolés, et gèrent souvent les conséquences de leur agression sans aide professionnelle.

Je ne peux que saluer le courage de Zeke Thomas et espérer qu’il inspirera des victimes à chercher de l’aide, mais aussi des personnes peu sensibilisées à mieux réagir lorsqu’elles sont confrontées à la réalité du viol.

Ce n’est pas en excluant des victimes de viol du débat sociétal que les choses avanceront. Tout le monde mérite que son consentement soit respecté, indépendamment de son genre, de son orientation sexuelle, de sa tenue ou de son attitude !

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Mymy

Mymy, entre deux bouquins qu’elle chronique parfois en vidéos, est la rédac-chef adjointe/correctrice/community manager de madmoiZelle. Elle aime rester chez elle, les chatons mignons, la raclette du dimanche et les séries télé avec des retournements de situation dedans.


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Commentaires
  • Freehug
    Freehug, Le 28 avril 2017 à 23h41

    J'ai énormément de respect pour les personnes qui acceptent de parler publiquement de leur viol pour aider les autres, surtout à visage découvert. Moi je pourrais jamais devenir "cette personne qui a été violée" aux yeux de mon entourage, du public... Surtout que même des années après, ça ressort. Regardez par exemple Clémentine Autain, ça fait très longtemps qu'elle a déclaré publiquement avoir été violée, et quand les gens la connaissent ils s'en souviennent toujours. J'ai beau savoir que la honte devrait se situer dans l'autre camp... Je pourrai jamais

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