L’hiver dans les films, ce mensonge infini

Hollywood nous ment et Sophie-Pierre Pernaut nous le prouve une fois de plus en comparant l'hiver dans les films et l'hiver dans la vie.

L’hiver dans les films, ce mensonge infini

Jusque là, je ne vous ai parlé du gouffre entre la vie dans les films et la réalité que pour trouver une bonne excuse pour parler sexe et amour éternel. Mais là, je compte m’atteler à un nouveau sujet : le froid.

J’ai en effet profité de la vague de froid et des bourrasques de neige qui sévissent sur la France depuis quelques jours pour regarder des films qui réchauffent le corps et le coeur. Des films qui se passent en plein hiver, avec de la neige qui tombe et du vent qui souffle. Et comme vous vous y attendez probablement, je n’y ai que moyennement reconnu mon quotidien actuel. Voici le jeu des 4 erreurs entre l’hiver dans les films et l’hiver dans la vie.

Des bonhommes de neige qui sont propres

Dans les films comprenant de la neige et des enfants, il n’est pas rare de voir certains des protagonistes s’atteler à la confection d’un bonhomme de neige. Même lorsqu’ils sont faits de manière approximative, on en distingue parfaitement le bas, le haut du corps et la tête. Parfois, les personnages poussent même le vice jusqu’à mettre deux cailloux bien noirs pour faire les yeux, une carotte en guise de nez et une écharpe, pour pas qu’ils aient froid. Le rendu est tout à fait acceptable.

Oh regardez comme ils sont mignons !

Moi, comme tous les ans, j’ai essayé de faire de même et pour une raison que j’ignore, il semblerait que je ne réussisse pas à faire les boules. Ajoutez à cela la difficulté que j’ai à imaginer mon écharpe si chaude se retrouver autour du cou glacé d’un bonhomme de neige et vous avez un rendu comme celui-ci :

Et tel le roi Midas, tout ce que je touche semble se transformer en étron. C’est pénible, à la fin.

On est trop mignons quand il fait froid

Dans les films, le seul truc qui diffère dans le physique des personnages quand ils sortent ou rentrent chez eux, c’est leur gros manteau et leur écharpe assortie à leur bonnet lui-même assorti à leurs gants. Je ne suis pas comme eux. Je suis différente.

Kate, c’est limite si elle enfile un slip.

Quand je rentre chez moi après une dizaine de minutes à marcher dans la neige, je suis peu avenante : la peau de mon visage est écarlate. Pire, quand je croise quelqu’un dans la rue, je baisse automatiquement la tête par peur d’avoir la furieuse goutte au nez. J’ai, pour achever le tableau, le cheveu qui frisotte comme un poil de fesses passé au fer à friser et la bouche sèche comme une réflexion de Maurane sur Twitter.

Heureusement, il y a les bons conseils beauté d’Annelise qui me permettent de ne pas trop faire peur aux enfants.

La démarche

Avez-vous déjà vu un film où les acteurs changent de démarche selon le temps qu’il fait ? Moi pas. J’ai beau être à l’affût de la moindre incartade, de la moindre glissade non maîtrisée pendant leur déplacement, rien ne se passe jamais dans la partie inférieure de leur corps et seul Bambi vient repêcher mon amour propre dans les méandres de mes bottes non-étanches.

Alors que moi, et toutes les personnes normalement constituées que je connais, on ne discute pas tranquillement les mains dans les poches en marchant, non : on lutte. Les bras tendus de part et d’autre de notre corps pour trouver un semblant d’équilibre, les jambes écartées, la démarche hésitante, quelques pas chassés involontaires nous faisant pousser des cris de faisan, on met deux fois plus de temps à faire un trajet d’un point A à un point B. Plus fort encore, j’ai symboliquement l’impression que chaque pas sans glissade est une petite victoire sur la mort.

Tombez, ou je perds foi en vous.

Où personne ne vous prévient que la vie s’arrête

Dans les films, c’est à double-tranchant : soit la vie s’arrête et tout le monde reste en culotte sous une bonne tonne de plaids, un chocolat chaud dans la main, à discuter, refaire le monde et tomber amoureux autour d’une cheminée, soit la vie continue totalement. J’insiste sur le TOTALEMENT, parce que dans notre cas, c’est un peu plus compliqué. Il fait suffisamment froid et le sol glisse assez pour que les bus ne passent que rarement, mais le blizzard n’est pas assez intense pour que nous n’ayons pas à aller travailler. Il faut dire aussi que l’attente n’est pas très télégénique : par exemple, ce matin, j’ai passé 40 minutes dans le froid, à bouger régulièrement les pieds pour que le sang continue à y circuler. J’avais si froid que j’ai viré au violet. Personne n’aurait voulu de moi dans un film. Personne.

La boue

La neige, c’est joli. C’est joli quand ça tombe et quand personne ne marche ni ne roule dessus. Une fois qu’il y a eu un minimum de passage, elle devient grise, puis marron. Pire, quand un chien a le malheur de passer et qu’il épanche sa vessie dans l’immensité blanchâtre, il la colore d’un jaune fluo donnant une idée sur la qualité de ses reins. Voilà qui donne moyennement envie de se rouler dedans et de faire le papillon avec ses membres.

Jean-Claude ferait moins le malin dans la vraie vie.

Et toi, quels sont les petits trucs qui te font le plus tilter dans l’hiver des films ?

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 9 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Kowany
    Kowany, Le 11 novembre 2014 à 18h10

    J’y passerais la nuit si je devais compter le nombre de fois où je suis tombée à cause d'une (p*****) plaque de verglas , sous une couche de neige assez fine pour la dissimulée mais pas assez pour m'empêcher de glisser, la scène se déroulant sous le regard désespéré et/ou moqueur des gents présents. Aaah monde cruel . :gonk:

    Le nez qui coule ou la crotte de nez furtive étant un classique me concernant . (désespérant) :facepalm:

    Et ne parlons pas bien sûr de mes lèvres qui ; dès j'ose esquisser ne serait-ce qu'un début de rictus ; se mettent à pisser le sang rivalisant à coup sûr , avec les chutes du Niagara .:stare:

    Quoi ? Comment ça ? J’exagère ?

Lire l'intégralité des 9 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)