Les premières heures post-rupture : guide de survie

Se faire larguer, c'est pas simple... Surtout les premières heures. De retour du front, SPP a décidé de te donner deux ou trois conseils.

Les premières heures post-rupture : guide de survie

Récemment, une personne qui avait une place importante dans ma vie m’a quittée. Ça m’a drôlement piqué le sphincter (ça me le pique drôlement encore) mais les choses sont ainsi. Ça arrive. Ça n’est pas la première fois, ça sera probablement pas la dernière.

Quelques heures après la rupture officielle, tandis que j’étais en train de me morfondre en terrasse, un magazine dans une main, une menthe à l’eau dans l’autre, me demandant pourquoi les gérants de bar servaient toujours cette dernière avec beaucoup trop d’eau pour un si petit verre, je me suis dit :

« Ma petite pépite de boeuf (c’est le petit surnom que je me donne), maintenant t’as deux possibilités qui s’offrent à toi : soit tu déprimes et tu fais n’importe quoi avec ta vie jusqu’au jour où tu auras oublié sa tête, soit tu te reprends DERECHEF en main, tu ne boiras pas comme un trou ce soir pour éviter la gueule de bois mêlée au choc émotionnel et tu te sors les doigts de là où y avait un plug hier (c’est faux car la veille je n’étais qu’un tas de morve mais j’aime bien le mot « plug »). »

Pour la première fois de ma vie, j’ai opté pour cette seconde option et j’ai commencé par écrire le plan de cet article, car ça revient à faire une mini-thérapie payée par un salaire et je ne dis pas non à cette double opportunité. J’ai hurlé dans ma tête « En avant Philibert ! » et je me suis mise au boulot.

Attention : ceci est un guide de survie, pas un guide de bonheur imminent. Malheureusement, dans tous les cas, se faire larguer, ça fait souvent pleurer et parfois crier, voire même trembler pendant des heures. Prendre ces décisions, faire ces quelques petits trucs, m’ont permis de passer les deux jours qui ont suivi la rupture (qui font partie des plus durs selon moi) de manière beaucoup plus sereine que ce à quoi je m’attendais.

Je suis encore loin de gambader dans les champs, un brin de paille dans chaque orifice, et je suis pas au bout de mes peines, mais… ça va. Et c’est déjà bien.

Ça c’est à peu près moi quand arrivera la date des vacances de rêve maintenant annulées.

Reprendre le contrôle de ses playlists

Scénario catastrophe : tu pars de chez la personne qui vient de te larguer et tu veux te changer les idées en écoutant de la musique. Tu zappes chaque chanson, une à une, parce qu’elle te rappelle votre première rencontre ou la fois où il/elle t’a fait un pâté en croûte ou la fois où vous étiez au restau et que t’as failli t’étouffer avec un grain de riz.

Tu décides, au bout d’un moment, de laisser la chance au hasard et de confier ta playlist à la lecture aléatoire. Et qu’est-ce que cet enfoiré de téléphone t’envoie dans le cérumen ? Ni plus ni moins que « votre » chanson, illustrant ton moment préféré de cette histoire d’amour, celui où t’avais tellement d’étoiles dans les yeux qu’une galaxie t’est sortie du nez. AH ! Vraiment une journée de merde.

Ceci ne pourra pas t’arriver si tu as le réflexe suivant : ranger DIRECT toutes ces chansons dans une playlist que tu t’empêcheras d’écouter jusqu’à ce que tu aies fait le deuil de tout ça. Sur le coup, revoir tous ces titres qui te rappellent tellement ta relation, ça fait un pincement au coeur, mais ça permet d’écouter de la musique en toute sérénité jusqu’à nouvel ordre.

Après, quand tu seras moins dans l’urgence de la remise sur pied, tu peux faire ce que j’ai fait par le passé : attendre de vivre un vrai bon moment avec des potes et balancer une des chansons que tu ne peux plus écouter depuis la rupture. Recrée-toi des souvenirs par-dessus parce que merde, ça serait quand même vachement dommage de devoir renoncer à des morceaux que tu aimais avant de l’aimer lui/elle !

Éventuellement couper les ponts sur les réseaux sociaux

Depuis l’avènement de l’Internet et des réseaux sociaux, les ruptures doivent être un peu plus difficiles à gérer qu’avant. En même temps je sais pas, j’avais pas encore commencé ma vie sentimentale avant, et si ça se trouve, c’était tout aussi dur de couper les ponts quand on était munis d’un Minitel.

Personnellement, mon conseil ultime, c’est de jarter ton ancienne moitié de Facebook, Twitter, Snapchat et Instagram. À la limite, si t’as envie de rester ami avec lui/elle, tu peux lui dire que tu le/la rajouteras quand tu seras prête, mais pas tout de suite. Garder contact par SMS ou appel, je trouve ça moins intrusif et dangereux niveau bonne humeur que d’avoir une idée des nouvelles rencontres et occupations de celui/celle qui nous colle encore des palpitations dans la cage thoracique.

Que ta conscience soit comme ce chat quand tu t’aventures sur le profil de l’autre.

Soit ta timeline te rappellera constamment comme l’autre est drôle et sexy, soit tu le/la verras avec un-e autre et personne n’a envie de voir ça avant d’avoir fini son deuil. Du coup, pour être sûre, tu peux aussi « muter » les amis que vous avez en commun. Ce serait comme mettre un protège-slip en même temps qu’un tampon à la fin des règles : pas indispensable, mais sécurisant.

Faire des listes pour bien se souvenir

Quand on vient de se faire larguer, on peut ne pas avoir le réflexe de poser à l’écrit ce qu’on ressent. Certain-e-s n’ont pas besoin de ça pour se souvenir de ce qu’ils ressentent au jour le jour. Pour d’autres, ça peut être bien pratique.

Bien sûr, on peut jouer la carte de la longue lettre qu’on s’écrit à soi-même. Perso, je préfère les listes : ça va vite à faire et on peut rajouter des entrées dès qu’on a une idée sans faire des ratures (j’aime pas les ratures, ça me rappelle Madame Pichon qui nous avait interdit le blanc correcteur en CE1).

La mienne, elle est divisée en deux catégories, pas plus :

Les raisons pour lesquelles je suis triste

Exemples :

  • Il avait toujours des Miel Pops dans son placard
  • Elle me bordait tous les soirs
  • Il connait les paroles de Viva Forever par coeur
  • Elle a les lobes d’oreille vachement doux

Les raisons pour lesquelles je ne devrais pas être triste

Exemples :

  • Elle mange du tartare de pigeon
  • Il met des miettes de madeleines dans son café et j’ai la phobie des miettes
  • Il appelle ma mère « maman »
  • Elle a envie de vivre à la montagne et moi, je rêve de New York

Ça permet de voir l’évolution de nos sentiments, de prendre conscience des progrès qu’on fait en terme de confiance en soi et d’allégresse, et de voir le détachement qu’on est en train d’opérer vis-à-vis de l’autre. Et donc, de se redonner un peu d’optimisme les jours où on pense qu’il ou elle ne nous a jamais autant manqué.

Ne pas culpabiliser de sa propre réaction

Être quittée, c’est pas facile (quitter non plus, d’ailleurs) : sur le coup, on peut avoir des réactions un peu disproportionnées à base d’insultes, de cris, de portes qui claquent, de pleurs beaucoup trop bruyants, de phrases incohérentes et de menaces sur toute la famille (chien et iguane de compagnie compris) si l’autre ne revient pas. Bon. On peut éventuellement ne pas être très digne, et s’en vouloir le lendemain.

Étant de nature sanguine comme mes cheveux couleur agrume, j’ai fait à peu près tout ce qui est cité ci-dessus (sauf le dernier point, parce que j’ai pas la menace facile). Le lendemain, à froid, au réveil, j’ai compris que j’étais vraiment allée loin, et j’ai commencé à m’en vouloir. Pour ça, et pour ne pas avoir posé toutes les questions qui m’étaient nécessaire pour tourner la page.

Je me détestais d’avoir agi de la sorte, et puis j’ai tilté : ça ne sert à rien de s’en vouloir. C’est juste une réaction épidermique, une preuve qu’on a aimé vachement fort la personne qui a décidé de sortir de notre vie. Et ça, l’autre peut le comprendre.

Quelle que soit ta réaction (sauf si y a vraiment de la violence dedans), t’as pas à t’en vouloir : une attitude plus royale n’aurait pas fait revenir l’autre, puisque sa décision était prise. Ta façon d’agir à ce moment-là ne va pas lui faire associer votre relation à cette ultime dispute (ou alors t’es vraiment tombée sur un zozo, et dans ce cas, tu as toute ma compassion).

Ou alors tu sortais avec Doris et alors dans ce cas, bien joué.

De toute façon, s’en vouloir pour sa réaction un peu à cran pendant la séparation, c’est comme rajouter un peu de sel sur une égratignure. C’est pas très agréable.

Se rappeler d’un truc cynique mais qui soulage

Avant toute chose, même si là, pendant quelques semaines, ça va être compliqué pour toi, souviens-toi d’un truc : une histoire d’amour chasse l’autre. On pense qu’on n’aimera plus jamais dans notre vie quelqu’un aussi fort et on oublie qu’on en était déjà persuadées à la rupture précédente.

Autre pensée qui m’a souvent traversé l’esprit après une rupture que je n’avais pas souhaitée : le fameux « plus jamais je me lâche à ce point et aussi vite dans une relation amoureuse, ça fait beaucoup trop mal quand ça se termine ». Je crois qu’en fait, la rupture, c’est un peu comme l’accouchement : ça fait super mal sur le coup… mais le cerveau est magique. Ça prend le temps que ça doit prendre, mais on oublie la douleur pour, dans un cas, faire des enfants et dans l’autre, aimer quelqu’un comme si on s’était jamais pris d’uppercut dans le coeur.

Le corps humain est bien fait, dites donc.

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 54 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Liloonator
    Liloonator, Le 23 août 2016 à 17h03

    je déterre un peu ce post..mais pfouuu..je ne vie pas une rupture mais un "break"....et c'est carrément assez raide....alors lire cet article me fait du bien. ça me fait penser qu'il faut pas que je me morfonde bordel, et que je pense à moi..juste MOI. ça fait des mois que je suis qu'une loque dans "l'attente", que je me mets toute seule entre parenthèse car mon esprit n'est occupé qu'à sauver mon couple. Et fuck non, je ne suis pas juste un couple! je suis d'abord moi...et si je vais mieux, mon couple ne pourra aller que mieux. Ou alors j'irais mieux seule, mais dans tous les cas cette pause me saura bénéfique et ne fera pas que me fourrer 6 pieds sous terre.
    Si vous aussi vous êtes passé(e)s par là..je prends vos conseils volontiers !

Lire l'intégralité des 54 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)