La crise grecque et le référendum — Je veux comprendre

La Grèce a dit « non » à la sortie de crise négociée avec les 27 pays de l’Union Européenne, non à l’aide du FMI. Retour sur la crise grecque, de son émergence à son paroxysme.

La crise grecque et le référendum — Je veux comprendre

C’est à la Une de toute la presse : les Grecs ont répondu « non » à la question posée en référendum par leur premier ministre, Alexis Tsipras.

Pour comprendre les enjeux de ce vote, et ceux de son issue, il faut remonter à l’origine de la crise.

  • Pourquoi la Grèce devait-elle répondre à cette question ?
  • Pourquoi la dette grecque est-elle à ce point problématique ?
  • Que veulent les Grecs, et que veut l’Union Européenne ?
  • Que signifie ce « non » au référendum, et quelles seront ses conséquences ?

Voilà en substance les questions auxquelles nous allons tenter de répondre.

À quoi la Grèce a-t-elle dit non ?

Alexis Tsipras est devenu premier ministre à l’issue des dernières élections, qui se sont tenues le 25 janvier 2015. Ses prédécesseurs avaient négocié avec les représentants des 27 autres pays de l’Union Européenne un plan d’action pour stabiliser l’économie du pays.

Dimanche 5 juillet, les Grecs ont été appelés à répondre à cette question par référendum :

« Faut-il accepter le plan d’accord soumis par la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) lors de l’Eurogroupe du 25 juin, qui est composé de deux parties : réformes pour l’achèvement du programme en cours et au-delà, et analyse préliminaire de la soutenabilité de la dette ? »

Et leur réponse a été :

NON : 61%
OUI : 39%
Taux de participation : 62 %

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Pourquoi les Grecs ont-ils dit « non » ?

Parce que cet accord impliquait la mise en place de mesures d’austérité, c’est-à-dire des restrictions drastiques des dépenses publiques, et que ça fait déjà plus de cinq ans que la Grèce enchaîne les plans de sauvetage négociés avec l’Union Européenne.

Le dernier en date était en février 2012 : un accord avait été trouvé entre les 27 pays membres et la Grèce. Le but ? Éviter que la Grèce ne se retrouve en défaut de paiement — c’est-à-dire lui permettre d’honorer se remboursements. Pour y arriver, le gouvernement devait réaliser des économies substantielles.

Et comme le résume très bien cet article de France TV infos, daté du 21 février 2012, qui reprend les principaux axes de l’accord trouvé, les efforts à fournir pour les Grecs sont très importants :

« Athènes avait rempli sur le papier sa part du contrat en se pliant aux exigences de ses créanciers publics. Le gouvernement grec a adopté un nouveau plan d’austérité il y a dix jours, au prix de violentes manifestations et de nouvelles turbulences politiques. Un plan d’économies douloureux de 3,3 milliards d’euros pour cette année a été adopté, prévoyant notamment une réduction du salaire minimum et une limitation des retraites. »

C’était déjà le sixième plan d’austérité, en six ans. Dimanche, les Grecs ont dit « non » à la perspective d’un plan supplémentaire.

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Comme ça, c’est clair

Quand vous lisez « plan d’austérité », vous devez comprendre « réduction des dépenses publiques », ce qui correspond, par exemple, aux salaires des fonctionnaires, aux retraites, aux aides sociales, à l’entretien des infrastructures, aux dépenses de santé, d’éducation, dans la culture, etc.

« Notre génération n’a plus d’avenir »

Pensez à tout ce que l’État finance, et comprenez que « réduire les dépenses publiques » revient à tailler sévèrement dans tous ces services. Bien sûr que baisser le nombre de fonctionnaires est un levier de réduction des dépenses, mais si c’est fait sans délai, il faut comprendre que cela revient à licencier des gens, beaucoup de gens, assez soudainement…

Ce dernier plan a donc été entériné en 2012. En 2015, le gouvernement qui l’avait négocié a été renversé lors des élections qui ont porté Alexis Tsipras et la gauche au pouvoir. Il a été élu sur la promesse de renégocier ces mesures d’austérité. Mais confronté à l’impossibilité de proposer une autre sortie de crise, d’arriver à un autre accord que celui comportant de sévères mesures d’austérité, Tsipras a convoqué le peuple grec aux urnes. Ce référendum, c’était son joker : soit on accepte les conditions de Bruxelles, soit on les rejette, mais le chef du gouvernement n’assume pas directement la responsabilité de l’issue.

Une amie grecque m’a parlé de la situation dans le pays, depuis 2012 :

« Les mesures d’austérité ont empiré la situation du pays. Le salaire moyen est aux alentours de 400 €, les retraites ont été diminuées de 50%… Le taux de chômage dépasse les 40%, et atteint 55% chez les jeunes.

Les jeunes diplômés n’ont aucune perspective, ils se rabattent sur des petits jobs à mi-temps. Notre génération n’a plus d’avenir. »

Alors forcément, le peuple grec n’est pas forcément très motivé pour accepter l’aide de l’Union Européenne, si elle est conditionnée par de nouvelles mesures d’austérité.

Même d’un point de vue économique, cette solution n’est pas nécessairement pertinente, ce qu’explique très bien Thomas Piketty dans cette longue interview au Monde. Ça dure 25 minutes, et c’est un peu technique, mais l’économiste analyse les différents problèmes, les options possibles, et leurs conséquences dans un langage très accessible.

Thomas Piketty, c’est qui ?

Un économiste devenu « superstar » depuis le succès de son analyse des inégalités à notre époque, un ouvrage de 900 pages qui fait un carton (un million d’exemplaires, traduit en 30 langues).

Autre économiste respecté, Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie en 2001, est également très critique vis-à-vis du dilemme dans lequel la population grecque a été placée :

« Il faut être clair : pratiquement aucune partie des aides attribuées à la Grèce est véritablement arrivée jusqu’en Grèce. La majeure partie des crédits a servi à rembourser les créanciers du secteur privé, dont des banques françaises et allemandes.

La Grèce n’en a eu que les miettes, tout en payant un prix très élevé pour pouvoir honorer ces remboursements. »

À lire (en anglais) dans The Guardian, la tribune de Joseph Stiglitz : How I would vote in the Greek referendum

Comment la Grèce est-elle arrivée dans cette situation ?

Plusieurs facteurs doivent être pris en compte pour comprendre la situation actuelle.

  • L’endettement du pays
  • L’influence des marchés financiers (et notamment la crise des subprimes)
  • Les conditions d’entrée dans la zone euro

La Grèce est entrée dans l’Union Européenne en 1981, et elle a adopté l’euro au moment de son lancement, le 1er janvier 2001. Pour faire partie de la zone euro, il faut respecter un certain nombre de critères, et on s’est aperçu que… ce n’était pas le cas de la Grèce.

Des comptes publiques manquant cruellement de sincérité…

Pour entrer dans la zone euro, la Grèce a montré patte blanche. Sauf qu’elle n’a pas été sincère sur la réalité de sa santé financière. Un peu comme si vous mettiez sur votre CV que vous parlez couramment l’anglais (alors que vous ne pouvez pas vous passer des sous-titres pour vos séries en V.O.) et que vous « maîtrisez Excel » (alors que vous ne savez pas ce qu’est un tableau dynamique croisé) : forcément, ça finit par se voir.

La Grèce, comme énormément d’États dans le monde, réalise des emprunts pour ses finances publiques. Chaque année, elle contracte ces emprunts auprès de banques, mais aussi d’autres États, pour boucler son budget. En 2004, elle s’est considérablement endettée pour financer l’organisation des Jeux Olympiques. Jusque là, rien de vraiment exceptionnel, puisque de nombreux pays font de même — notamment les États-Unis, par exemple, au point que leur taux d’endettement atteignait 103 % de leur Produit Intérieur Brut en 2012.

Le taux d’endettement de la Grèce, la même année (2012), s’élevait à 160% de son PIB. Sauf que pour faire partie de la zone euro, il faut maintenir son taux d’endettement sous les 60% du PIB…

De base, la Grèce n’était pas dans une dynamique d’équilibre budgétaire, puisqu’elle emprunte bien au-delà de ses recettes et de la richesse que son économie peut générer chaque année ; cette situation a éclaté au grand jour et s’est aggravée en partie à cause de la crise des subprimes, survenue en 2008. C’est aussi à cette occasion que l’on s’est aperçu que la Grèce avait quelques peu surestimé sa bonne santé fiancière et sa capacité à se conformer aux critères de la zone euro.

Cette petite vidéo didactique, réalisée par le Crédit Agricole, explique les conséquences de cette crise des subprimes pour les banques et l’économie des pays, et plus particulièrement comment la Grèce entre dans cette équation.

Le point « crise des subprimes »

En 2008, une crise financière a sérieusement malmenée l’économie mondiale. On en ressent encore les effets, puisque le taux de chômage en Europe est en partie dû à cette crise !

Pour résumer très grossièrement : les banques se sont rendues compte qu’elles détenaient des emprunts « toxiques », c’est-à-dire des crédits qui ne seraient certainement pas remboursés, et qu’on avait donc divisé et mélangé à d’autres crédits « sains ». Un peu comme si un tiers de la récolte de cerises était pourri, et que, plutôt que de jeter, on vendait des lots contenant une part de fruits pourris… Le consommateur achète un kilo de cerises sans se douter de rien.

Avec des cerises, l’arnaque serait vite découverte. Mais avec des produits financiers, ça peut marcher assez longtemps, parce qu’ils peuvent passer de main en main (ou plutôt de compte en compte) sans que personne ne mette véritablement le nez dedans.

Je sais, ça paraît incroyable, mais c’est pour ça que beaucoup critiquent la spéculation boursière : parce qu’elle est complètement déconnectée de la véritable création de richesses. L’idée d’un marché où s’échangent les actions et les obligations part d’un principe vertueux, celui de permettre la circulation des capitaux. Mais lorsque des actifs toxiques (imaginez des cerises pourries) circulent, les investisseurs et les banques perdent confiance.

Lorsqu’il y a une perte de confiance, on n’échange plus sur les marchés, de peur de se retrouver avec des actifs toxiques ; vous feriez exactement pareil si vous appreniez qu’en achetant des cerises, vous risquez d’avoir des fruits pourris dans votre panier.

Le film Margin Call raconte les coulisses du déclenchement de cette fameuse « crise des subprimes ». Pas besoin d’avoir une maîtrise en finances pour pouvoir suivre, et surtout apprécier ce huis-clos haletant qui donne une bonne idée du fonctionnement d’un établissement financier réputé…

La crise de la dette grecque

Je vous invite à regarder cette autre petite vidéo didactique, toujours proposée par la chaîne YouTube du Crédit Agricole, qui explique très simplement le principe de la crise des dettes souveraines.

Le problème de la dette grecque, c’est qu’elle est majoritairement détenue par les autres États de l’Union Européenne, et notamment par l’Allemagne. Les établissements financiers privés (banques, fonds d’investissements) ont déjà revendu tout ce qu’ils détenaient — pour minimiser le risque de non-remboursement, justement !

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Cet extrait d’un article sur l’état du monde, publié sur agoravox, souligne le même problème dénoncé par Joseph Stiglitz dans son éditorial : les banques se sont bien remises de la crise financière, mais n’ont pas profité de cette nouvelle santé pour effectivement irriguer l’économie réelle (c’est-à-dire prêter aux entreprises, financer l’investissement).

C’est pourquoi les négociations sont aussi difficiles, en particulier avec l’Allemagne, qui est l’un des principaux créanciers de la Grèce.

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Pourquoi est-ce qu’aucune solution n’est satisfaisante ?

À ce stade de la crise, il n’y a plus que des « mauvaises » solutions, puisque la situation a empiré depuis la découverte des comptes publics maquillés en 2009, et les premières négociations d’aide à la Grèce, à la même époque.

Si on annulait purement et simplement la dette de la Grèce… cela créerait un précédent grave au sein de l’Union Européenne. D’autres pays sont aussi extrêmement endettés : quelles garanties auront encore tous les détenteurs des dettes souveraines si l’on efface celles des pays qui ont tellement emprunté qu’ils ne sont plus en mesure d’honorer leurs remboursements ?

Si la Grèce mettait en place un nouveau plan d’austérité… l’économie grècque est déjà asphyxiée, la population est déjà saignée. C’est ce ras-le-bol qui a été exprimé lors du référendum ! Quels efforts les Grecs peuvent-ils encore faire après cette succession d’économies drastiques ?

Si la Grèce se mettait en défaut de paiement… c’est l’équivalent de « la faillite » (sauf qu’un État ne peut pas faire faillite.) Elle arrête de rembourser ses dettes, mais elle ne pourra plus importer ni exporter de produits, elle ne pourra plus rien emprunter (plus personne ne lui fera confiance), son économie risque d’étouffer.

Si la Grèce sortait de la zone euro… en quoi est-ce que cela règlerait son problème ? Rien n’est prévu dans les traités pour gérer une telle éventualité, l’inconnu est total. Si les Grecs sortent de l’Union Européenne, peu importe ce qu’il leur arrive par la suite, les répercussions sur la zone euro seront minimisées… Et encore, rien n’est sûr ! On ne sait pas ce qu’il va se passer si la Grèce fait défaut, et/ou si la Grèce sort de l’euro : c’est cette incertitude qui fait paniquer les marchés financiers.

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Une image de la manifestation en faveur du « non » à Athènes, samedi 4 juillet

Pourquoi cette crise est-elle grave ?

Cette crise est grave parce qu’elle affecte toutes les populations de l’Union Européenne. Elle est grave parce qu’elle symbolise aussi, quelque part, la faillite du projet européen.

L’Union Européenne, économique et monétaire, partait d’un projet ambitieux : celui de rassembler plusieurs États au sein d’un groupe fort, permettant de favoriser la prospérité économique et sociale tout en protégeant les pays des possibles conséquences néfastes de la mondialisation au sein de leurs frontières.

Le défaut de paiement de la Grèce ou la poursuite des mesures d’austérité auront sensiblement les mêmes conséquences pour la population (pas auprès des créanciers du pays et des marchés financiers !), à savoir une fonte drastique des salaires, des retraites, mais aussi de l’épargne des particuliers.

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Cette photo a déjà fait le tour du monde : celle d’un retraité désespéré devant une banque, incapable d’obtenir le paiement de sa pension. Cette terrible image rappelle celles que l’on pouvait voir au moment de la crise en Argentine, dans les années 90/2000.

La faillite du projet européen ?

Le projet européen avait pour but de favoriser la prospérité économique et sociale au sein de l’Union. Les étapes successives de la construction européenne allaient dans le sens d’une amélioration des conditions de vie des citoyen•ne•s.

À lire aussi : Qu’est-ce que l’Union européenne a changé dans ma vie ?

L’Union Européenne nous a considérablement protégé•es des conséquences de la crise des subprimes, qui s’est pourtant fait ressentir très sérieusement dans plusieurs pays de la zone euro — y compris chez nous, où le taux de chômage n’a cessé d’augmenter. L’euro a tenu, là où le franc, les pesos, les lires auraient peut-être (sans doute) suivi les variations du dollar, et toutes les conséquences néfastes que l’instabilité monétaire entraîne pour l’économie d’un pays (difficile d’avoir une bonne visibilité et de faire des importations/exportations lorsque la valeur de la monnaie change sans arrêt)…

Mais voilà plusieurs années que l’Union ne nous protège plus. Les migrants s’échouent et meurent sur ses frontières, et le système est incapable d’apporter une réponse digne à ces drames.

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Le projet européen, à la base, c’était pas ça

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Des pays de l’Union connaissent de graves difficultés économiques, et se retrouvent pris à la gorge par Bruxelles. L’Union économique et monétaire devait représenter une chance de développement pour des pays en difficulté dans cette économique mondialisée, de concurrence permanente. Le but n’a jamais été de rançonner toute un peuple pour arriver à un équilibre budgétaire, qui n’est pas non plus respecté par de très nombreux pays… mais pas dans les mêmes proportions que la Grèce, certes.

La France non plus ne respecte pas ses engagements, mais elle a réussi à négocier avec ses partenaires. Si on nous demandait aujourd’hui de réduire encore plus nos dépenses publiques, afin de rentrer effectivement dans les clous des traités, nous serions aussi très certainement dans la rue. Notre économie en serait affectée, la production de richesses du pays serait affectée, ce qui ferait augmenter notre taux d’endettement… nous serions dans un cercle vicieux.

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« Honte » ? Non, il faut relativiser : la dette de la France est loin d’être aussi importante que celle de la Grèce, et notre capacité de remboursement est bien supérieure.

Et maintenant ?

À ce stade, l’issue de cette crise sera forcément douloureuse. La population grecque n’a pas fini de payer les conséquences des actions (ou de l’inaction) de ses gouvernements. Les pays détenteurs de la dette grecque risquent fortement d’assumer les pertes associées au (possible) défaut de paiement de la Grèce (on va payer par l’impôt, en gros).

Les ministres des finances de la zone euro se réuniront mardi matin. On parle pour l’heure d’un allègement de la dette grecque (pour lui permettre de la rembourser).

En résumé, si on reprend nos questions du début…

  • Pourquoi la Grèce devait-elle répondre à cette question ? Parce que les négociations allaient entraîner le gouvernement à accepter un accord qui était à l’opposé du mandat sur lequel le parti d’Alexis Tsipras avait été porté au pouvoir. Le premier ministre a donc décidé de solliciter directement le peuple, pour lui confier directement la décision d’accepter ou non cet accord.
  • Pourquoi la dette grecque est-elle à ce point problématique ? Parce qu’elle est très importante, trop importante par rapport à la capacité du pays à rembourser ses emprunts.
  • Que veulent les Grecs, et que veut l’Union Européenne ? Les Grecs veulent redresser l’économie de leur pays, ce qui leur semble impossible tant que le gouvernement est occupé à saigner les dépenses publiques pour rembourser les créanciers de la Grèce. Les autres pays de l’Union Européenne sont justement les créanciers de la Grèce.
  • Que signifie ce « non » au référendum, et quelles seront les conséquences ? L’avenir le dira. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il est extrêmement trouble, et pas seulement pour la Grèce.

Une autre idée de la démocratie…

Durant cette semaine de tension, un britannique de 29 ans a lancé une campagne de financement participatif sur IndieGogoPour renflouer la Grèce.

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En 24 heures, il avait déjà récolté près 200 000€, et à quelques heures de la fin de la campagne, qui s’étalait sur une semaine seulement, le compteur avoisinait les 2 millions d’euros.

Il faudrait un milliard et demi à la Grèce pour sortir de la crise, ce qui équivaut à 3€ par citoyen•ne européen•ne. À deux millions seulement, on sera un peu court pour cette fois, mais cette initiative pose finalement une question intéressante : puisque les prêts des banques et des États ont un coût trop élevé pour certains pays, qui peinent déjà à rembourser les intérêts de leurs emprunts passés, est-ce que nous, citoyen•ne•s, sommes prêt•e•s à financer directement le développement de nos voisins ?

En d’autres termes : sommes-nous prêt•es à financer les retraites de la population grecque (dans le présent), même en sachant que nos propres retraites sont loin d’être assurées (dans le futur) ?

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