Les premiers Grammy post #MeToo en 3 moments forts

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Aux Grammy, les roses blanches étaient de mise sur les boutonnières pour dénoncer le harcèlement sexuel, mais la soirée est restée assez lisse à l'exception de trois prises de paroles.

Les premiers Grammy post #MeToo en 3 moments forts

Durant la nuit du 28 au 29 janvier avait lieu les 60ème Grammy Awards, équivalent états-uniens de nos Victoires de la Musique.

Chaque année, la cérémonie récompense les artistes et techniciens de l’industrie musicale américaine — du moins, celles et ceux qui font la musique populaire.

Si je suis rarement dans l’expectative de ce genre de cérémonies, après les Golden Globes 2018, l’impressionnante mobilisation des personnalités hollywoodiennes suite au mouvement #MeToo et la création de #TimesUp, je dois dire que j’ai trouvé ces Grammy Awards très peu engagés.

À l’instar des pin’s Time’s Up et des vêtements noirs, aux Grammys ce sont les roses blanches qui symbolisaient l’engagement des personnalités contre le harcèlement sexuel et pour l’égalité.

Un peu en dernière minute, ce sont Meg Harkins et Karen Rait, qui travaillent respectivement pour les labels Roc A Nation et Interscope Records, qui ont initié le mouvement.

Hormis le discours de Janelle Monae, peu de personnalités ont pris la parole concernant #MeToo.

Alors que la chanteuse Joy Villa est arrivée sur le tapis rouge vêtue d’une robe anti-avortement — après avoir porté une robe pro-Trump l’année passée…

Cependant, le rappeur Logic et la chanteuse Camila Cabello ont aussi fait des discours inspirants et politiques, nécessaires dans l’Amérique de Trump.

Le discours marquant de Janelle Monae et la performance impressionnante de Kesha

Janelle Monae exprime haut et fort que le harcèlement sexuel n’est pas une histoire de milieu :

« Ce n’est pas seulement à Hollywood, pas seulement à Washington. C’est juste là, dans notre industrie aussi. Et alors que nous avons le pouvoir de modeler la culture, nous avons aussi le pouvoir de défaire la culture qui nous dessert. »

Avec ce discours, elle laisse la place à Kesha, une artiste qui a parlé bien avant #MeToo et qui est revenue en 2017 avec un album puissant qui la libérait ses démons.

Accompagnée de Cindy Lauper, Camila Cabello, Julia Michaels, Bebe Rexha, Andra Day ainsi que les chanteuses du Resistance Revival Chorus, elle chantait Praying.

C’est certainement l’une des prestations les plus mémorables de la cérémonie — avec celle de Kendrick Lamar, dont je te parle un peu plus bas. Elles m’ont mis les frissons et les larmes aux yeux.

Lorde refuse de chanter et porte un message fort sur sa robe

Lorde, nommée dans la catégorie Album de l’Année pour son disque Melodrama a refusé de se produire sur la scène des Grammy’s.

Contrairement à ses quatre comparses masculins nommés dans la même catégorie, les organisateurs ne lui ont pas proposé une performance solo pour défendre son disque, mais juste une participation à un hommage groupé à Tom Petty, figure du rock américain décédé en octobre dernier.

Papermag explique que les producteurs de la soirée refusant de la laisser performer solo, Lorde a simplement décliné leur proposition.

Elle a tout de même décidé d’assister à la cérémonie, sans rose blanche, mais avec un poème de l’artiste et performeuse Jenny Holzer cousu à sa robe.

« Ma version de la rose blanche — L’APOCALYPSE FLEURIRA — un extrait de la meilleure de toutes, Jenny Holzer »

Le Huffington Post a traduit le puissant texte de Jenny Holzer comme suit :

« Réjouis-toi ! Nos temps sont intolérables. Prenez courage, car le pire est un signe avant-coureur du meilleur. Seule une situation désastreuse peut précipiter le renversement des oppresseurs.

L’ancien et le corrompu doivent être mis aux ordures avant que le juste puisse triompher. La contradiction sera élevée. Le jugement sera accéléré par la mise en scène des perturbations des graines. L’apocalypse fleurira. »

Mic drop.

Kendrick Lamar, la prestation politique

Dans une industrie aussi métissée que celle de la musique, les Grammy ont tendance à nommer/récompenser bien peu d’artistes de couleur, ou alors seulement dans des genres musicaux bien spécifiques : le hip-hop et le R’n’B.

En 2014, Kendrick Lamar était nommé dans la catégorie Meilleur Album Rap pour l’admirable Good Kid, m.A.A.d City mais c’était Macklemore & Ryan Lewis qui reportait la récompense.

Voilà qu’en 2018, son album Damn. remporte le prix du Meilleur Album Rap — à défaut de l’Album de l’Année, remporté par 24K Magic de Bruno Mars (je suis triste, je voulais que Kendrick gagne tout).

Serait-ce un message un peu trop politique pour la National Academy of Recordings Arts que de faire gagner Kendrick sur un album aussi engagé que DAMN. ? Ce n’est que mon avis.

Cependant, Kendrick a ouvert les Grammy avec une prestation sensationnelle, comme il sait si bien le faire. Il y a deux ans, menottes aux poignets dans un décor de prison, il interprétait de The Blacker The Berry.

Cette fois, il interprétait une partie du titre XXX. et enchaînait avec plusieurs couplets extraits de différents morceaux.

Personnellement, j’ai été lire l’intégralité des paroles sur le site Genius pour mieux comprendre tout ce qu’il dit pendant cette performance.

Malgré ces trois prises de positions fortes, les Grammys sont restés assez lisses dans l’ensemble.

As-tu regardé la cérémonie ? Qu’en as-tu retenu ?

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Louise Pétrouchka

Louise était presque chauve jusqu'à ses deux ans. C'est peut-être pour ça que Fab a accepté de l'embaucher. Elle s'occupe des podcasts et de la rubrique musique !

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Commentaires
  • Zélumine
    Zélumine, Le 30 janvier 2018 à 16h13

    Waouh déjà la chanson de Kesha sans la performance est assez émouvante, mais là... :tears:

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