Ma vie d’expat OKLM sur une île presque déserte de 67 km²

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Elena en avait marre de son boulot et de ses horaires de folie : il lui fallait un break. Elle a donc décidé de mettre entre parenthèses sa carrière pour essayer, le temps de quelques mois, une nouvelle vie faite de couchers de soleil et de plongée sur une île perdue dans la Méditerranée.

Ma vie d’expat OKLM sur une île presque déserte de 67 km²

J’ai toujours aimé voyager, sûrement parce que mes parents m’en ont donné le goût très tôt.

Le voyage dans la peau

Certains étés, mes parents nous emmenaient en caravane pliante, mes frères et moi, faire le tour d’un de nos pays voisins, l’Espagne ou le Portugal. J’ai tout de suite adoré ces grands voyages un peu roots, et quand nous revenions de vacances, je n’avais qu’une envie : repartir.

Mes frères et moi quand les parents disaient : « On part en Espagne ! »

Plus âgée, j’ai donc été une grande addict des programmes Erasmus. Mon premier long voyage fut mon départ un an en Espagne, pour étudier. Je suis ensuite partie en Nouvelle-Zélande grâce à un Visa Vacances Travail.

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Et autant vous dire que, lorsqu’on commence à voyager, on n’arrive plus à s’arrêter : j’ai à mon actif 54 pays visités et je ne compte pas m’arrêter là !

Je n’ai d’ailleurs encore jamais rencontré de voyageurs et voyageuses qui ne se soient pas transformé•es en véritables globetrotteurs et globetrotteuses, accumulant les voyages et expériences diverses en territoires inconnus.

Mais aujourd’hui, ma façon de voyager a changé. Je n’attends plus qu’un programme me permette de partir, je veux pouvoir choisir seule une destination qui me corresponde vraiment : je regarde et j’analyse mes objectifs, puis je planifie « un peu » mon séjour en fonction (surtout financièrement, parce que le reste c’est plutôt de la découverte et de l’improvisation).

Si je prends l’exemple de mon voyage à Malte, et plus précisément à Gozo, voici comment j’ai procédé.

Partir, mais pour combien de temps ?

À force de voyager, je commence à me connaître : je sais que je n’aime pas les séjours touristiques de courte durée, j’ai besoin de voir comment les gens vivent vraiment, découvrir la face cachée de l’iceberg, aller au plus prêt de la population.

Je voulais donc partir minimum un mois (grand minimum d’ailleurs !).

Mais en revanche, je ne pouvais plus me permettre de partir un an et mettre en pause mon boulot (je suis en auto-entreprise, mais j’ai aussi des mi-temps).

En plus, je ne voulais plus de trous inutiles sur mon CV (un voyage n’est jamais inutile mais autant ajouter des objectifs professionnels). J’ai donc décidé de partir trois mois, un temps idéal pour faire de vraies rencontres sans pour autant que cette pause n’ait d’effets négatifs sur mes projets dans mon propre pays.

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Partir, mais où ?

Comme je l’ai dit précédemment, même si je pars pour voyager, je dois aussi y trouver un objectif professionnel.

Or, dans mon poste actuel, j’ai besoin de bien parler anglais, ce qui n’était pas mon cas avant mon départ. Et je sais très bien que l’apprentissage d’une langue n’est pas chose facile pour moi.

Ce qui fonctionne, c’est d’être immergée dans un pays. C’est un peu pompette autour d’un verre, ou encore en suivant des cours à l’étranger, que j’ai appris à parler les langues que je maîtrise.

Bilingue je vous disais

Résultat, si je voulais me mettre à l’anglais, il fallait que je choisisse de partir dans un pays anglo-saxon.

J’ai d’abord pensé à Londres, mais tout le monde y va, ça n’est pas vraiment dépaysant, ça coûte cher une fois sur place, et en plus, depuis peu, ça n’est même plus vraiment l’Europe !

Je me suis ensuite demandé si l’Irlande ne pourrait pas me convenir. Effectivement, c’est un pays magnifique… mais trop froid !

Alors quoi d’autre ?

À un diner, on m’a parlé de Malte. Après m’être renseignée un peu, je me suis dit que c’était la destination idéale : environnement méditerranéen comme le sud de la France, calme, donc à l’opposé de ma vie trop speed, et anglo-saxon ! (Ils parlent aussi maltais bien-sûr.)

Mon choix de destination était arrêté !

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Comment j’ai déniché le job de mes rêves

Je m’étais donc décidée à partir trois mois vivre à Malte, mais il fallait encore que je trouve quoi y faire.

Comme vous avez pu le comprendre, mes finances ne me permettaient pas de simplement prendre trois mois de vacances pour visiter l’île tranquillement. Même si aujourd’hui avec le couchsurfing, le woofing et les vols low cost, l’argent n’est plus un frein aux voyages, je savais qu’il fallait que je me trouve un boulot sur place.

Mon anglais n’étant vraiment pas formidable (c’était d’ailleurs mon but de l’améliorer !), impossible pour moi de travailler dans ma branche. Tant mieux, car ce n’était pas ce que je recherchais : au contraire, avec ce voyage, je voulais fuir mes journées de boulot sans fin, mon rythme effréné et ma fatigue constante.

J’avais besoin de voir autre chose, de ralentir, de faire une pause.

Je me suis dit : pourquoi ne pas en profiter pour réaliser un rêve ? Et comme j’ai toujours voulu faire de la plongée, j’ai déniché une offre d’emploi d’un petit centre de plongée à Gozo. Elle était disponible sur Pôle Emploi international. J’ai postulé pour le poste d’ambassadrice commerciale de la boîte et j’ai été prise !

J’ai donc mis fin à mon contrat à mi-temps et, comme je n’avais pas trop de clients pour mon petit business en solo, c’était le moment de faire ma valise !

Moi quand j’imagine la tête de mes collègues rageux qui n’iront pas bosser sur une île, EUX

J’étais impatiente : un nouveau voyage, ça veut dire mettre tous ses codes de conduite de côté, oublier tout ce que l’on a appris, être curieux et tenter de comprendre au mieux le monde dans lequel on vient d’atterrir.

Un grand chamboulement, quoi ! Et c’est exactement cela que j’aime.

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L’arrivée à Gozo

Pour vous en dire plus sur Gozo : c’est une petite île très différente de sa grande sœur Malte. Elle est plutôt calme et encore très préservée, elle fait quatre kilomètres de long et sept de large (un tout petit caillou perdu dans la Méditerranée !).

On plus, où qu’on soit sur Gozo, on voit la mer à perte de vue !

C’était vraiment l’endroit idéal pour faire ce fameux break, quitter ma vie qui était un peu trop active à mon goût et prendre le temps de respirer.

Pour ne pas vous mentir, à mon arrivée, j’ai été assez déçue.

J’ai atterri à l’aéroport de Malte, puis j’ai pris un bus direction Cirkewwa. Le trajet a été très long et pas vraiment joli à regarder, ce qui m’a fait un peu peur. Mais finalement, ce qui m’attendait ensuite en valait la chandelle !

J’ai en effet pris le ferry pour aller jusqu’à Gozo. Dépaysement garanti ! Et puis c’était la fin du carnaval à Malte et c’était assez rigolo : ici, les gens ne se déguisent pas à moitié !

D’ailleurs, en parlant du ferry, sachez que le ticket ne se paie qu’au retour. À l’aller, vous pouvez embarquer dans le bateau sans que personne ne vous dise quoi que ce soit !

Enfin, je me suis rendue chez une Française prête à m’héberger jusqu’à ce que je trouve un logement.

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Se loger à Gozo, un vrai casse-tête !

Trouver un logement n’a pas été chose simple, car ici les appartements disponibles pour une location longue durée ne courent pas les rues. Les gens préfèrent louer pour de courtes durées aux touristes, cela leur rapporte beaucoup plus !

J’ai finalement utilisé des groupes Facebook pour rencontrer des Français sur place et trouver un logement.

En revanche, si vous ne souhaitez rester sur l’île que quelques jours, il y a des offres fantastiques. La spécialité du coin, c’est de louer une vieille ferme réaménagée. Ce sont de vieilles demeures typiques de la région (souvent en pierres blanches) qui ont été entièrement réaménagées et qui sont souvent dotées d’un luxe impressionnant (piscine, etc.).

Ces logements sont les plus prisés de l’île et ils sont vraiment charmants… Mais clairement, c’était totalement hors-budget pour moi ! On trouve aussi des petites auberges de jeunesse, bien sûr, mais c’était plus adapté aux vacanciers qu’à mon programme.

Pour visiter l’île, on peut compter sur les gozitains, qui sont vraiment très ouverts et très sympathiques. En plus, ils ont souvent une maison principale et une maisonnette (ou mini cabane) au beau milieu de la campagne où ils aiment se rendre entre amis pour faire des barbecues et observer le coucher du soleil.

Mon samedi aprem > Ton samedi aprem

Ici, les gens sont très accessibles, il est facile de discuter avec n’importe qui au bar. J’ai aussi décidé d’utiliser Tinder pour rencontrer du monde.

Par contre attention, comme l’île est petite, il faut avoir un champ de recherche compris entre un et dix kilomètres maximum, sinon vous vous retrouvez à parler avec des personnes vivant en Italie et non à Malte (et oui, l’île est VRAIMENT petite) !

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On trouve vraiment de quoi s’occuper dans une île de 67 km² ?

Figurez-vous que Gozo recèle de petits coins paradisiaques à visiter et de petits restos à découvrir, donc oui, on ne s’ennuie pas ! En tout cas, pas moi !

Si vous êtes plutôt visite historique, je vous conseille le site de Ġgantija, que j’ai adoré ! J’y ai découvert les ruines de temples datant du néolithique, qui sont actuellement inscrites au patrimoine de l’Unesco.

La visite est par contre un peu chère à mon goût mais c’est un des seuls lieux à ma connaissance qui propose ce genre de découverte, donc si cela fait partie de vos centres d’intérêt, il ne faut pas le manquer !

Pour avoir un point de vue imprenable sur Gozo et ses alentours, il suffit de vous rendre dans la capitale officielle de l’île : Ir-Rabat, aussi appelée Victoria (à ne pas confondre avec l’autre Rabat de Malte, nommé aussi Mdina. Et oui les communes ici ont deux noms, pas facile de s’y retrouver quand on vient tout juste d’arriver !). Vous pourrez alors parcourir les allées de la ville, qui sont entourées par la grande citadelle et ses fortifications.

C’est une vue plutôt impressionnante qui m’a immédiatement fait revoir ma première impression de l’île !

J’ai aussi beaucoup aimé une petite particularité de Gozo : une statue de Jésus — domine une montagne au beau milieu de l’île. J’ai eu l’impression de me retrouver à Rio sans avoir bougé de mon petit caillou perdu au milieu de la mer !

Le truc sympa à faire également, c’est la visite des églises.

Un des premiers jours de mon séjour, je me suis perdue et mon réflexe a été de dire « Je suis devant l’église, viens me chercher ». Or ici, il y a littéralement des églises PARTOUT.

En fait, il y en a plusieurs par village et elles sont toutes différentes et magnifiques, c’est assez impressionnant. Pas vraiment une bonne indication !

Et si vous êtes gourmet, comme moi, n’oubliez pas de tester les spécialités méditerranéennes du coin : je vous conseille particulièrement le Pastizzi (soufflé au petit pois ou à la ricotta), c’est super bon ! Autant vous le dire tout de suite, je me fais plutôt plaisir gastronomiquement parlant !

Découvrir la gastronomie maltaise. Sentir qu’on va passer un bon séjour.

Et d’ailleurs, cela coûte moins cher de manger à l’extérieur (les bars servent aussi des sandwichs), alors ce serait bête de vous ruer au Lidl pour payer plus cher qu’au resto !

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Et mon petit job, dans tout ça ?

Mais ce qui m’a vraiment plu, c’est la plongée à Gozo.

Comme je vous l’ai dit, j’avais choisi de travailler pour un centre de plongée, pour lequel je suis donc ambassadrice commerciale. J’ai choisi ce petit job parce que plonger, c’est comme s’immerger dans un espace hors du temps, tout oublier et opter pour la tranquillité : se relaxer, ce qui était mon objectif.

Cette petite boîte s’appelle Atlantis Gozo. Première bonne surprise : les gens ont tout de suite été vraiment sympas avec moi et expliquent tout avec humour (c’est un taf humain, avec des collègues vraiment cool, ce qui me change de mes contrats abominables français).

Je ne regrette vraiment pas mon choix, je m’y rends chaque matin avec plaisir ! En plus, certaines fois, l’équipe m’embarque gratuitement pour plonger avec elle. Le rêve.


Moi quand mon boss me dit : « On part plonger ? »

J’ai donc pu découvrir le fameux « Blue Hole », situé à proximité de l’ancienne icône de l’île, et l’« Azure Window », qui s’est malheureusement effondrée récemment (j’ai eu la chance se l’apercevoir deux jours avant).

J’ai aussi eu la possibilité de plonger avec des thons géants (ok, c’est moins classe que des dauphins mais c’est tout de même très impressionnant), et j’ai découvert des paysages aquatiques des plus étonnants au cours de ces excursions.

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Par exemple, les fonds marins de Gozo sont jonchés de navires échoués, c’est vraiment une atmosphère sous-marine très particulière (je ne suis d’ailleurs vraiment pas étonnée que Lonely Planet ait jugé Gozo comme un des meilleurs spots de plongée au monde !).

Et pour finir, jusqu’à présent, ma ville préférée est Xlendi, un petit port face à la mer où l’on peu facilement aller au restaurant, partir boire un verre de Sambuca (l’équivalent du Pastis mais version locale), ou encore gravir des roches afin d’atteindre un point de vue juste époustouflant !

Autre petit détail, tout le monde dit qu’il faut aller à Comino, la troisième île. Mais je ne peux pas vraiment vous en parler, je n’ai pas encore pu m’y rendre !

En tout cas, pour résumer, Gozo est vraiment une toute petite île où les gens sont très ruraux et très sympas et où faire un VRAI break n’est pas une option mais une obligation : pas de rythme effréné, pas de grosses villes !

En ce moment, je vis un rêve. En revanche, je pense que trois mois c’est la durée parfaite de ce séjour. Les événements et la vie culturelle française commencent à me manquer et je serais finalement contente de changer de rythme à nouveau, je pense !

Et toi, tu as déjà tout plaqué pour profiter de la vie et du monde ? Viens nous le raconter en commentaires !

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Anne-Fleur

Anne-Fleur est arrivée en mars 2017 pour s'occuper des témoignages. Elle aime Harry Potter, le thé bien noir et les plaids douillets.

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Voici le dernier commentaire
  • Catalena
    Catalena, Le 17 mai 2017 à 12h34

    Sujet intéressant, cette madmoizelle a beaucoup de chance de pouvoir faire un tel break. J'aurais aimé voir des photos de l'île (plutôt que des gifs marrants)

    Attention il y a plein de petites coquilles dans le texte ;)

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