« Les filles ne peuvent pas… », et toutes ces fausses limites qu’on nous a imposées

Dans Nos pires voisins 2, Shelby (Chloë Grace Moretz) en a marre qu'on lui dise comment vivre sa vie. Un bon coup de gueule dont beaucoup de jeunes femmes pourront s'inspirer !

« Les filles ne peuvent pas… », et toutes ces fausses limites qu’on nous a imposées

Cet article a été rédigé dans le cadre d’un partenariat avec Universal.
Conformément à notre Manifeste, on y a écrit ce qu’on voulait.

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« J’en ai marre que des mecs nous disent comment vivre ! »

C’est une phrase prononcée par Shelby, le personnage incarné par Chloë Grace Moretz, dans Nos pires voisins 2. La jeune fille vient d’arriver à l’université, elle commence à se faire des amies, mais très vite, elle se rend compte que la liberté promise par les années à la fac s’annonce sérieusement compromise.

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À lire aussi : Chloë Grace Moretz et sa carrière inspirante

Les trois amies découvrent que les sororités n’ont pas le droit d’organiser des soirées — contrairement aux fraternités — et que leurs fêtes sont humiliantes et réifiantes pour elles. Bonne ambiance. Dans le même temps, il est impossible de se lâcher un peu dans les dortoirs, où elles sont également sous surveillance.

Et là, Shelby craque :

« J’en ai marre que des vieux mecs nous disent constamment comment on doit vivre ! »

Si j’avais été dans la pièce, j’aurais crié « HELL YES ! ».

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Cette scène m’a rappelé une fois où j’aurais pu m’écrier la même chose. Et combien d’entre nous auront une anecdote à ce sujet ? Les rédactrices de madmoiZelle.com te livrent les leurs !

À lire aussi : REPLAY — Pourquoi (et comment) partir seule en voyage ?

Quand j’ai voulu voyager seule, by Clem

« Il paraît que les filles, ça ne voyage pas seules. C’est dan-ge-reux, vous comprenez. À en entendre certains, j’ai l’impression que les départementales de France, c’est pire que les campagnes de Westeros. On risque à tout moment de se faire trancher la gorge en allant se laver le nez à la rivière.

J’ai pas dit que je voulais voyager « en toute sécurité », j’ai dit que je voulais voyager seule, c’est-à-dire pas accompagnée à chaque seconde de mon périple, et — comble de l’insouciance — j’envisage même de ne pas tout réserver douze mois à l’avance et d’improviser un peu mon parcours à mesure que je progresse. Quelle insolence !

Et s’il m’arrive quelque chose ? Ah, c’est sûr que si je ne bouge pas, je reste chez moi, je sors le moins possible, il va m’arriver beaucoup moins de trucs dans la vie. Je suis pas certaine que ce soit une bonne chose, en y réfléchissant bien…

Alors on m’a beaucoup dit que voyager seule c’était dangereux, pour une meuf. J’ai répondu que voyager seul•e, c’était risqué tout court, et que je ne comptais pas m’interdire quoi que ce soit au nom du fait que je suis une meuf : la société m’a déjà interdit suffisamment de trucs, je vais pas rallonger la liste, bien au contraire ! »

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À lire aussi : Voyager seule, mais pourquoi (et comment) donc ?

Pour le coup, je n’ai pas eu ce problème car je n’ai jamais eu cette envie, tout simplement. Mais je suis d’accord sur le fait que tout et tout le monde dissuade une fille de partir seule en voyage. Le premier obstacle à dépasser étant de se convaincre soi-même.

Le rêve de devenir pompière, by Anouk

« Quand j’avais six ans, j’ai visité avec ma classe une caserne de pompiers et ça m’a grave vendu du rêve, je voulais moi aussi devenir pompière. Sauf qu’à la fin de la visite, ma maîtresse a demandé si une fille pouvait devenir pompière, et les pompiers qui nous faisaient la visite ont ri très grassement en disant que non, ce n’était pas possible.

J’ai alors été super triste, mais je n’ai pas cherché à comprendre et je me suis dit que je ne pourrais donc jamais devenir pompière vu que j’étais une fille.

Quelques années après, les femmes ont été autorisées à devenir pompières, mais maintenant je me dis que je suis trop flemmarde pour ce métier. »

Bon, vous n’aviez pas vu la chute de l’histoire venir, mais je suis bien d’accord avec Anouk : la société — la loi même, à l’époque — t’interdit d’accéder à un métier pour la simple et unique raison que tu es une fille, génial…

À lire aussi : La nouvelle pub Always #CommeUneFille, une campagne anti-stéréotypes

L’incompréhension des convictions et la suprématie du physique, by Lola

« Au quotidien, mon frère me prend la tête car j’ai des convictions qui ne sont pas les siennes (genre HELLO le féminisme), qu’il ne les comprend pas et surtout qu’il ne voit pas pourquoi je suis autant révoltée.

Au début, je m’énervais tout le temps parce qu’on remettait mes valeurs et mes choix personnels en question, et puis au fur et à mesure (et encore aujourd’hui), j’ai appris à m’en foutre. Mais le fait que ça soit mon frère qui me prenne autant la tête sur ce point me touchait beaucoup, parce qu’il a ce ton hyper paternaliste genre « Je sais tout mais toi, tu es une jeune fille donc tu ne sais pas »

J’ai également eu pas mal d’amis mecs qui ne me croyaient pas forcément quand j’expliquais que j’avais fait cinq ans d’études, en me disant comme simple explication que j’étais jolie et que ça aurait dû suffire… »

Ce que livre ici Lola, je pense que toute fille l’a vécu à un moment de sa vie, que ce soit avec un proche, comme un frère, ou un cousin éloigné qui ne voit pas d’un bon œil tes opinions trop avant-gardistes à son goût.

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La pseudo supériorité masculine, by Lafastod

« Parfois, des potes me disent que vraiment, c’est pas pour essayer de m’expliquer la vie ni rien hein, mais bon, quand même, sortir habillée comme ça, c’est un peu n’importe quoi. Tu sais les hommes sont bestiaux alors, maquillage + talons + robe, ça fait sans doute un peu beaucoup.

Pareil pour mon père : à certains moments, il me dit qu’il ne comprend pas le budget qu’on peut mettre dans les protections hygiéniques, il tente de m’expliquer que c’est vraiment pas sérieux de ma part de sortir seule après 23h et que je devrais adopter une attitude plus offensive dans la rue (alors que déjà, je suis une thug, merci), mais en même temps être bien plus féminine en soirée ou en repas de famille si je veux réussir à me trouver un keum (enfin, ça c’était avant). »

Ce paradoxe du besoin d’être protégée en tant que frêle petite biche et en même temps de ne pas devoir provoquer — car la faute incombe à la fille, bien entendu…

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La revue féminine qui confine, by Mymy

« Ma petite sœur était abonnée à un titre de presse féminine que je lisais tous les mois aussi, du coup, vu qu’on le recevait à la maison. J’y apprenais énormément de choses comme : ce que je devais porter (ou non) et comment, le maquillage qu’il me fallait absolument obtenir (ou jeter)… mais aussi des façons de me comporter.

Il fallait que je sois séductrice mais passive, ambitieuse mais discrète, forte mais douce, patiente mais sans me laisser faire. Il fallait que je sois bonne au lit mais que je ne l’assume pas, que je sois libérée tout en restant dans un long couple monogame.

Bref, c’était très contradictoire et j’ai mis du temps à piger que si j’étais déprimée après chaque lecture, c’est pas parce que j’étais une mauvaise jeune femme qui ratait toute sa féminité, mais que ce genre de lectures est toujours déprimant car il est IMPOSSIBLE d’être toutes ces choses à la fois.

Depuis, je lis madmoiZelle et mon patron aussi. Rapport qu’il a fondé madmoiZelle. Suivez un peu. Et ça va mieux ! »

C’est également la preuve de l’influence latente des magazines et de tout ce qui nous entoure quand on est jeune, et on ne s’en aperçoit pas forcément tout de suite, mais après…

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Et vous, quand est-ce que des mecs ont essayé de vous dire comment vivre ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Kaus Australis
    Kaus Australis, Le 5 septembre 2016 à 20h14

    Perso on m'a jamais dit directement "les filles ne peuvent pas", par contre, j'ai eu la variante inverse (et pas très positive non plus).
    Genre, c'est rare pour une fille de.
    C'est rare pour une fille de VRAIMENT aimer les jeux vidéos (genre, les autres font semblant).
    De faire autant de sport (parce que les garçons n'en faisaient pas beaucoup non plus, mais va savoir, ce qu'on retenait c'était que j'étais une fille).
    Rare pour une fille de ne pas aimer le maquillage, les coiffures, les tutos beautés, de ne pas aimer faire du shopping...

    Après il y a le fameux "c'est pas très féminin", ça c'est plutôt ma mère;
    pas féminin de dire des gros mots (c'est pas POLI, c'est pas une question d'être féminin ou masculin), de s'asseoir les jambes écartées (tant que je ne montre pas mon intimité, je suis en jean, je vois pas où est le souci), de cracher ou de roter (idem, c'est une question de politesse, pas de féminité), ou de FUMER (là faut qu'on m'explique).

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